« Cocorico ! » pour la nouvelle ferme avicole de Novo Berdo

« Cocorico ! » pour la nouvelle ferme avicole de Novo Berdo
Mercredi 28/11/2018 :: Communiqué

Solidarité Kosovo a élargi l’exploitation agricole de Novo Berdo par un nouveau bâtiment dédié à l'élevage fermier de volailles et d’oiseaux. Installé dans une ancienne grange fraîchement rénovée, les gallinacés et autres compères à plumes assureront la production de volaille de chair et de bons œufs dans le respect des animaux, de l'environnement et des bonnes pratiques d'hygiène. La ferme avicole représente le cinquième maillon de la chaîne de l’autosuffisance alimentaire qui s’ajoute aux fermes alpine, bovine, laitière et porcine construites depuis 2013 par Solidarité Kosovo en partenariat avec la soupe diocésaine.



Une inauguration en demi-teinte

L’heure était pourtant aux réjouissances en ce deuxième lundi du mois de septembre dans le village de Novo Berdo. Au beau milieu de ses champs, à quelques pas du complexe agricole, une centaine de personnes s’était réunie aux côtés des représentants de l’Église et de la soupe diocésaine pour assister à l’inauguration de la ferme avicole financée par Solidarité Kosovo à hauteur de 70.000 €.

Pour cause d’ombre au tableau, l’absence excusée du Président de Solidarité Kosovo, Arnaud Gouillon, arrêté à l’entrée du territoire du Kosovo par les douaniers albanais (voir nos communiqués à ce sujet en cliquant ici et ici). Après plusieurs heures d’attente vaines, l’évêque du Kosovo-Métochie, Monseigneur Théodose et la Directrice de la Soupe Populaire, Svetlana ont été informés de l’interdiction de séjour au Kosovo. Et c’est le cœur lourd que Svetlana a engagé la visite inaugurale pour faire découvrir aux nombreux invités la ferme avicole au carré de 52 ares.

« Aujourd’hui, les sentiments sont confus », confie-t-elle sans essayer de feindre sa peine. « Nous nous réjouissons de la mise en fonction de la ferme avicole qui apportera de nouvelles ressources alimentaires. Mais nos pensées sont noircies d’inquiétude pour notre ami, premier artisan de ce projet agricole, Arnaud Gouillon. Hélas, il ne pourra pas nous rejoindre pour inaugurer la ferme avicole ensemble, comme de convenu. Nous espérons le revoir parmi nous très rapidement ».

Un élevage fermier respectueux de l’environnement et du bien-être animal

 « Dans notre ferme, les 800 poules, 500 poussins, 38 dindes, 17 oies et 19 canards sont rois » annonce Svetlana en guise d’introduction. «Elles bénéficient d’un espace de vie en plein air « taille XXL », elles se nourrissent d’un mélange de blé, d’avoine, de pois, et de féverole en guise de pain quotidien, et surtout, elles sont entourées de toute l’affection de nos 2 travailleurs agricoles».

L’un d’entre eux, Igor, prend le relais de la visite et des explications avec une forte volonté de respecter la terre et les animaux qui le font vivre.  « Nos volailles ont la vie belle ici, elles gambadant sur un grand terrain à elles toutes seules et lorsqu’elles rentrent au bercail, elles s’installent sur la litière de paille que nous broyons soigneusement. » L’agriculteur, visiblement passionné, poursuit : « Nous sommes très attentifs au bien-être de notre cheptel. On les surveille, on les nourrit, on leur donne à boire. On vérifie la température de l’intérieur, et en fonction, on chauffe ou on aère... Bref, on joue les mères poule! »

La visite inaugurale s’est achevée par la bénédiction de la ferme par Monseigneur Théodose, qui, lors de son interlocution de clôture, a souhaité souligner la portée du chantier humanitaire achevé. « La ferme avicole constitue un outil supplémentaire pour favoriser notre autonomie alimentaire ».

Des poules aux œufs d’or

Les œufs et la viande produites serviront à la confection de repas en faveur des bénéficiaires de la soupe diocésaine. Une autre partie de la production sera réservée aux étudiants de théologie du séminaire de Prizren qui jusqu’à lors en étant privés. Le surplus de production sera écoulé dans les circuits de vente traditionnels à travers le réseau monastique.
La ferme avicole prévoit également de distribuer des bêtes aux familles des enclaves pour encourager l’élevage de basse-cour. De quoi remplumer les ressources alimentaires des foyers !