Solidarité Kosovo : une notoriété grandissante

Solidarité Kosovo : une notoriété grandissante
Mardi 29/11/2011 :: Communiqué

La communication d’influence effectuée par « Solidarité Kosovo » en direction des médias « grand public » continue à porter ses fruits. C’est au tour du magazine féminin Éclectique de consacrer la troisième de couverture de son numéro d'octobre-novembre à l'association "Solidarité Kosovo" et d'aborder à travers son travail de terrain, le sort des populations serbes chrétiennes du Kosovo. Retrouvez ci-dessous l’intégralité de l’article.

"La chaîne d’union franco-serbe

Marion Chevtzoff est présidente de Solidarité Kosovo qui soutient les Serbes de cet état. Autre regard sur le monde d’une étudiante en médecine.

par Mathilde Gibelin

Elle a le regard clair et le sourire franc de ceux qui ont décidé de s’engager pour une cause. Celle de Marion Chevtzoff, c’est le sort des Serbes du Kosovo. Peut-être à cause de ses origines russes, à moins que ce ne soient les Balkans qui l’attirent, en tout cas l’Est de L’Europe, c’est sûr…

Cette étudiante en médecine de 25 ans a pris conscience du sort tragique des Serbes du Kosovo. Longtemps berceau historique de la Serbie, le Kosovo s’est auto-proclamé indépendant en février
2008. Les Serbes qui y résidaient en furent chassés, seuls 2% y «survivent » dans des enclaves, parqués comme des Indiens dans leur réserve. Le système les exclut. Certes des accords historiques ont été signés en juillet dernier entre la Serbie et le Kosovo, mais « un Serbe ne peut toujours rien vendre sur un marché, il ne peut donc rien produire, faute de débouchés. La situation économique est encore plus catastrophique pour ces populations, insiste Marion. Les jeunes ne trouvent pas d’emplois, abandonnent les enclaves qui se délitent, et quand ils y restent, ils sombrent dans la drogue ou l’alcoolisme. » Marion s’est engagée à Solidarité Kosovo – association créée en 2004 à la suite de heurts violents entre les deux communautés, qui ont laissé nombre d’enfants orphelins. Une poignée de Français est alors partie en convoi, bien décidée à leur apporter un peu de soutien et quelques cadeaux pour Noël. « Nous avons fait du chemin depuis ce temps… », explique Marion qui, aujourd’hui, préside l’association. Les membres de Solidarité Kosovo sont désormais des interlocuteurs reconnus par le Patriarcat orthodoxe.

Toujours plus d’efficacité

Outre les traditionnelles missions de Noël, Marion et son équipe ont ouvert un bureau à Gracanica. « Pour que l’aide soit vraiment efficace, nous devions mieux connaître les Serbes des enclaves, et ce n’est pas en étant sur place trois jours par an pour distribuer le contenu de nos camions, que nous pouvions y arriver. » L’association emploie aujourd’hui une personne à l’année, chargée de recenser les populations et leurs besoins. « Cela nous permet de savoir à quel endroit il manque une gazinière, à quel autre, un tracteur, etc. » En dehors de cette logistique minimale, il y a le reste… « Nous avons ouvert une salle de judo qui permet aux jeunes de s’entraîner au lieu de se retrouver au bar. Cet apprentissage de la discipline grâce au sport est indispensable s’ils veulent s’en sortir. Reste qu’ils vivent dans la misère, ne font qu’un repas par jour, souvent composé de café et de pain. » Puis la jeune femme se tait, son regard fixe les boutiques parisiennes, le ticket de caisse indique 10 € pour nos deux cafés… « Cela m’aide à relativiser dans beaucoup de domaines, ça m’apprend le sens des priorités et me donne de la force : eux ne se plaignent pas, ce sont des gens généreux et accueillants, ils vivent pourtant entassés à plusieurs familles dans la même pièce. » Alors apporter un ballon à un petit Serbe a-t-il du sens ?« Mais bien sûr ! Les Serbes vivent au jour le jour, ils ont peu d’avenir, leur offrir autre chose que le strict nécessaire est essentiel ! » Toutes ces actions ne sont-elles pas quelques gouttes dans l’océan ? Marion sourit : « Plus important que nos cargaisons de jouets, c’est la chaîne d’union qui nous relie à eux, cette amitié entre nos peuples que beaucoup ont oubliée. Savoir que des gens s’intéressent à eux, ne les délaissent pas, compte énormément pour eux. Alors pour cela seulement, oui nous sommes indispensables ! »"

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