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21 mai 2024
Qui a dit que le folklore était ringard ? Certainement pas les Serbes du Kosovo qui chérissent la pratiquent des danses traditionnelles au sein des KUD- Kulturno Umetničko Društvo [Association Culturelle et Artistique] à qui, comme par le passé, Solidarité Kosovo a accordé un nouveau don de 15.000€ pour le développement des activités de folklore dans les enclaves du Kosovo-Métochie. Zoom sur le groupe folklorique de Kosovo Polje qui fait partie de la nouvelle tranche de bénéficiaires. Danser ensemble renforce la cohésion des jeunes Serbes La ronde de danse est en « chabadaba »composée en alternance de garçons au port de tête altier et de filles aux longues tresses nouées en chignon. Sans jamais se départir d’un large sourire, ils exécutent, main dans la main, une chorégraphie parfaitement synchronisée laissant s’envoler quelques Opa !d’allégresse.La musique traditionnelle qui les accompagne et les costumes locaux dont ils sont fièrement parés ajoutent au spectacle une dimension historique puissante.Après une heure et demie de répétition intensive, la troupe s’accorde une pause. Mila, 14 ans, en profite pour lier conversation : « Faire vivre les traditions, porter le costume et l’esprit de groupe. Voilà les raisons qui m’ont poussé à m’inscrire au folklore. »Son professeur de danse et directeur de l’association Dragan ajoute avec émotions :« Notre troupe folklorique, c'est bien plus qu'un club de danse. Trente jeunes se retrouvent ici trois fois par semaine. La plus jeune à 11 ans, le plus âgé 22 ans. Pour nos jeunes, le folklore c'est un vrai moyen de s’évader du quotidien et de briser leur isolement. Ça leur permet de passer du bon temps ensemble ». Le folklore multiple Rires, ambiance chaleureuse, la convivialité est effectivement palpable !Ce qui rend le folklore très populaire c’est le fait de lier amusement et culture.Les danses folkloriques sont issues d’une culture populaire qui rassemble un ensemble de savoirs venant du passé. Sous la période ottomane, les danses étaient calmes, sans bruit, en silence puis à la libération elles sont devenues gaies et vives. En fonction des périodes dont elles se réfèrent, les danses folkloriques peuvent exprimer la joie, la dignité, la retenue, la fierté, la nostalgie mais aussi l’accablement. Les danses folkloriques ont interprété l’histoire serbe tout comme la géographie du pays. A chaque région de Serbie, sa chorégraphie !Les racines profondes et diverses des danses traditionnelles serbes vivent et fédèrent grâce au folklore. Au rythme des concours La vie du club folklorique de Kosovo Polje est rythmée par les concours organisés tout au long de l’année.Ils sont l’occasion pour le club de se mettre à l’épreuve et d’améliorer ses performances. Au-delà de la compétition sportive qu’ils supposent, les concours permettent l’évasion, la rencontre et le rayonnement de son savoir-faire. A l’aube de ses 16 ans Mateja dit adorer les concours : « J’aime prendre le car avec mes copains et mes professeurs, sortir de mon enclave pour découvrir une ville. Ce qui me plait aussi, c’est l’esprit de compétition qu’on ressent sur place : quand chaque troupe folklorique monte sur les planches et donne le meilleur d’elle-même. On travaille toute l’année pour montrer que nous aussi au Kosovo nous avons du talent, de la technique et de l’ambition !» Afin de permettre aux trente jeunes étoiles traditionnels de briller de tous leurs feux en compétition nationale, Solidarité Kosovo a accordé un don de 15000€ au développement des activités qui en sont liées. Le kolo fait partie du patrimoine mondial de l’UnescoC’est une décision historique pour la Serbie ! Le Kolo estinscrit depuis le 7 décembre 2017 sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’Unesco.Dans son communiqué, l’institution présente sa décision : « Le kolo est une danse populaire collective traditionnelle, exécutée par des danseurs évoluant autour d’un cercle, main dans la main. » Cette distinction apporte un soutien aux acteurs publics et associatifs serbe qui œuvrent à préserver et transmettre cette danse traditionnelle aux nouvelles générations.Alors on danse… le Kolo ?Lors de son inscription sur la liste du patrimoine immatériel mondial, l’Unesco a présenté le Kolo comme étant « exécuté au rythme de la musique à l’occasion de rassemblements privés et publics, auxquels participent l’ensemble des membres de la communauté locale.[…] »La popularité du Kolo est telle qu’il ne se passe pas de mariage, baptême, naissance, anniversaire ou autre fête sans que les notes du Kolo ne retentissent. Il faut voir la farandole se défaire en spirale au rythme de l’accordéon. Personne ne résiste à l’appel du Kolo, le joyeux ballet entraine tous les publics sur son passage, des 0 à 99 ans ! De plus, si des notes de pipeau ont le bonheur de se joindre à la célébration alors celle-ci peut durer jusqu’aux aurores ! Kosovo Polje, haut-lieu de l’Histoire médiévale et contemporaine C’est un lieu chargé de symbole qui a vu se dérouler la plus importante bataille de l’histoire de la Serbie ainsi que de l’Europe médiévale. C’est à Kosovo Polje que se trouve le fameux « champ des Merles » où en 1389 eut lieu l’affrontement entre l’armée belligérante de l’Empire ottoman et l’armée serbe conduite par le prince Lazar. Ce fut une défaite pour les Serbes. Le prince Lazar y perdit la vie ainsi que la quasi-totalité de la noblesse serbe. A Paris, les cloches de Notre-Dame ont sonné le glas à la demande du roi Charles VI. S’en suivirent cinq siècles pour les Serbes à supporter la férule turque. En raison de cette charge historique, ce lieu est devenu mystique dans l’imaginaire collectif serbe. Témoin des vicissitudes de l’histoire, le village de Kosovo Polje a été décimé par une pluie d’attaques, de pillages et d’incendies lors des pogroms antichrétiens de mars 2004. Quelques années plus tard, alors que des Albanais se sont appropriés les terres des réfugiés, une poignée de famille s’est résous à réinvestir les lieux et à reprendre possession des terres de leurs ancêtres. Grâce à cette dizaine de familles, les Serbes étaient de retour à Kosovo Polje après une absence inédite d’une décennie.
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07 mai 2024
Les équipes de Solidarité Kosovo se sont rendues au complexe agricole de Novo Brdo avec l’arrivée des beaux jours. L’occasion de faire le tour des infrastructures agricoles sorties de terre en 2023 grâce au financement de l'association et de discuter avec les employés et les familles bénéficiaires des programmes d'aide alimentaire. La famille de Mila et Marija est l'une des soixante bénéficiaires du programme de serres agricoles distribuées par Solidarité Kosovo en 2023. C’est un rituel qu’elles n’échangeraient pour rien au monde. A peine sorties du lit, Mila et sa petite sœur Marija avalent en quatrième vitesse un petit-déjeuner avant de foncer sabot en plastique au pied dans la serre familiale. Le départ pour l’école est prévu dans 15 minutes. En attendant, elles s’adonnent à leur activité préférée : l’arrosage des plants de légumes et de fruits. Tout se passe dans un silence presque religieux. Pendant que les mains de l’aîné bichonnent les plantes, les yeux de la benjamine les admirent. Il y a de quoi être fasciné par cette nature qui de jour en jour germe, évolue, fleurit et se transforme ! Mais voilà papa qui appelle, c’est l’heure de l’école. Les adieux seront de courtes durées, les sœurs promettent de revenir juste après les devoirs. En attendant, maman poursuivra l’arrosage manuelle de la serre dont la production de légumes et de fruits permettra de subvenir aux besoins du foyer. En un an de programme, 30 000€ de serres agricoles ont été montées et installées par les hommes de Novo Brdo et du village voisin de Mogila L'éveil au cycle de la vie: la nature est le meilleur terrain de jeu pour apprendre. A quelques mètres de là, des ouvriers s’affairent, qui à fixer l’une des serres agricoles, qui à ériger la structure en acier d’une autre... Les bruits de disqueuse, perceuse et marteau perturbent à peine la quiétude de la campagne novo brdienne. Ce jour-là, il fait beau et flotte dans l’air comme un parfum d’été.Sous la direction de Svetlana, Directrice de la Soupe diocésaine, les hommes du village sont à la tâche pour construire quarante-huit serres dont bénéficieront autant de familles démunies des enclaves grâce au programme d’aide agricole initié par Solidarité Kosovo depuis 2017. Sanja, employée diocésaine arrose les plants de tomates et autres légumes qui seront utilisés dans la fabrication des 2 300 repas servis chaque jour par la soupe populaire Les serres permettent d’accroître le temps de culture et protègent les récoltes des oiseaux voraces. Les employés du complexe agricole aménagent les entrées des nouvelles serres Depuis 2015, Milan s’occupe des élevages laitier et bovin financés par Solidarité Kosovo. Son sourire doux et lumineux irradie un visage marqué par le temps et le travail ardu. Il s’appelle Milan. Il travaille à la ferme laitière depuis les débuts de l’activité en 2015. Il a enfilé ses bottes d’éleveur parce que c’était une évidence en tant que fils et petit-fils d’agriculteur. Il appartient à la 3e génération d’éleveurs bovins et espère que l’un de ses quatre enfants poursuivra la saga agricole. Autant dire que c’est un passionné entre les mains de qui, les 52 vaches de la ferme sont dorlotées. Et elles le rendent bien avec une production journalière de 300 litres de lait par jour dont une partie est transformée en 150 kg de fromage quotidiennement durant la période de traite de six mois. En ce mois d’avril, les vêlages ne sont pas complètement finis mais les premières naissances ont bel et bien sonné la fin de l’hiver. En tout cas, pour les vaches qui l’ont passé au chaud dans les stabus en attendant la délivrance. Dans un concert de meuglements, Milan distribue le foin à la fourche le foin et à la brouette. Il les rationne une par une pour « être sûre que chacune soit bien nourrie ». Une fois à sec de fourrage, il se réapprovisionne au hangar de stockage de foin qu’il utilise en partage avec ses collègues de la ferme caprine. Ici, on entrepose jusqu’à 17000 bottes pendant la saison des foins. Sur place, Miloš , berger de profession, embarque une botte carrée pour les 150 jolies chèvres alpines et quelques boucs qui composent le cheptel. Le veau qui vient de naître est l’objet de tous les soins et de toutes les attentions. Grâce à une aide de 25 000 € allouée par Solidarité Kosovo, ce parc à fumier a été construit en 2023. Il sert à stocker le lisier qui sera épandu sur les champs pour les fertiliser. Svetlana, directrice de la soupe diocésaine, rapporte que les engrais de ferme sont un élément essentiel de la fertilité des sols, à court terme par leurs effets fertilisants, à plus long terme par leurs effets matière organique. Les infrastructures du complexe agricole de Novo Brdo permettent de stocker du maïs et du foin pour nourrir les animaux. La ferme alpine est le premier bâtiment construit sous l’égide de Solidarité Kosovo, en 2013 Trente six employés travaille à la ferme de Novo Brdo. Ce sont des Serbes de la région qui peuvent ainsi vivre des fruits de leur labeur Agriculture artisanale et solution durable Construit pas à pas depuis onze ans, la ferme de Novo Brdo est un petit coin de paradis autonome. En faisant le choix d’un élevage diversifié – vaches laitières, bovins et chèvres- et en introduisant la polyculture –fourrage et céréales-, elle s’est progressivement inscrite dans un système de production auto-suffisant et résilient. 100% de l’alimentation des bêtes d’élevage est cultivé sur place. Idem pour la transformation de la production grâce aux ateliers de fromagerie, laiterie. Dernier bâtiment sorti de terre en 2023, l’atelier de fabrication d’ajvar, cette savoureuse purée de poivrons traditionnelle. Une partie de la production artisanale est distribuée aux familles, une autre est livrée à la soupe populaire et le reste est vendu en directe grâce au magasin du diocèse. Les recettes des ventes participent au financement des emplois de la ferme. La boucle de l’autonomie est ainsi bouclée. « Prendre soin des outils de travail » A Novo Brdo, vous l’aurez compris, tout se recycle, rien ne se perd. Pas même les engins et l’idée vient de lui. Igor est un as de la mécanique agricole. Les tracteurs, motoculteurs ou moissonneuses-batteuses n’ont pas de secret pour lui. Employé agricole, il a soumis une proposition à Svetlana, Directrice de la Soupe Diocésaine : créer un atelier de réparation pour engin agricole sur place. Économe, l’idée a plu et s’est concrétisée. Depuis, Igor est devenu réparateur sur site. Il ne sort de son hangar que pour tester les engins agricoles qu’il prend plaisir à repérer lui qui est mécanicien de profession mais pour qui « l’école de la débrouille » a été la plus formatrice. Financé à hauteur de 15 000 € par Solidarité Kosovo, l'atelier de réparation a pu être construit directement à la ferme de Novo Brdo permettant un gain de temps et d'argent considérable. Au centre du complexe agricole, une table protégée par un auvent comme on en trouve souvent au Kosovo offre un endroit paisible pour boire un café, recevoir les visiteurs ou profiter d’un moment de répit à la fin de la journée Grâce au nouveau hangar, les tracteurs ne seront plus garés à l’extérieur où ils subissaient les intempéries et étaient la cible de vols. L’atelier de réparation est bien équipé et sert autant pour la ferme de Novo Brdo que pour les Serbes du voisinage. C'est dans cette chambre froide que sont entreposés les bocaux de légumes pasteurisés dont ceux remplis d'ajvar issus de l'atelier artisanal construit en 2023 grâce au financement de l'association d'un montant de 19 000 €.
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27 avril 2024
Dimanche 31 mars, les cloches ont sonné à la volée en France pour célébrer la fête de Pâques. En raison de la divergence calendaire grégorien et julien, il faut encore attendre le 5 mai pour rompre le carême très suivi au Kosovo et échanger en lieu et place des salutations « Hristos Voskrese ! », Christ est ressuscité! Pour les Serbes du Kosovo opprimés, cette solennité revêt un sens d’autant plus symbolique qu’elle célèbre la victoire de la vie sur la mort. Dans ce contexte d’espoir, Solidarité Kosovo s'est engagée dans un projet inédit et dont la récente histoire met justement en scène cette revanche de la lumière sur les ténèbres. Le projet se situe à Prizren, cette ville au passé glorieux et tragique, située au sud du Kosovo. Il est intiment lié à son établissement supérieur dédié à la formation des prêtres. Le séminaire de Prizren a déjà connu cent cinquante-deux ans d’histoire et de tumultes. Sa destinée suit celle du peuple serbe du Kosovo. Prestigieux dès sa création en 1872, le séminaire est la première école d’enseignement secondaire dans la région des Balkans. Des personnalités éminentes de la vie ecclésiale en sont diplômées. Parmi elles se trouve le patriarche Pavle qui est la personnalité religieuse la plus aimée du peuple serbe aujourd’hui encore, quinze ans après sa mort. Prise pour cible lors des pogroms antichrétiens de mars 2004,l’institution éducative est entièrement ravagée par les flammes. Réduite en cendres, elle interrompt son histoire jusqu’en 2016. Cette année-là, la première génération de séminaristes d’après-guerre réinvestit les lieux sacrés. Au fil des années, le séminaire reprend toute sa place dans une ville qui ne compte plus qu’une famille serbe sur les cinq mille chassées durant la guerre. Comment ne pas voir dans cette histoire non seulement l’incroyable résilience des chrétiens du Kosovo mais également, en ce temps pascal, le symbole du Christ, mis à mort mais ressuscité? Vingt ans après le pogrom, l’héritage chrétien renait de ses cendres Actuellement, vingt-sept jeunes gens du diocèse se préparent à devenir prêtres et se trouvent à différents stades de leur formation sacerdotale, de la première à la cinquième année. Il y a lieu de se réjouir que ce diocèse compte un nombre assez élevé de vocations, en provenance des enclaves du Kosovo et qui, d’une année sur l’autre, ne cesse d’augmenter. Cette tendance révèle que la violence subie par les Serbes du Kosovo n’impacte pas leur foi mais bien au contraire la renforce. Notre projet inédit au service des séminaristes de Prizren Le séminaire a été détruit en 2004. Au cours de cet incendie terroriste, l’église de l’institution a également péri. Située à quelques pas du séminaire, la paroisse Sainte-Dimanche (Sveta Nedelja) a été piégée par les flammes. Autrefois connue pour son magnifique parement de pierre et de brique typiquement byzantin, le sinistre a laissé place à un spectacle de désolation. Pour le séminaire, c’est un traumatisme qui dure toujours. Contrairement à l’école qui a été reconstruite à partir de 2011, l’église du séminaire n’a pu être que sécurisée à ce jour, faute de moyens. Il est grand temps de rendre à cet édifice du XIVe siècle sa splendeur d’antan! Solidarité Kosovo va financé la restauration de l’église Sainte-Dimanche pour la rendre au culte après une interruption de vingt ans. La rénovation du patrimoine chrétien fait partie de l’ADN de Solidarité Kosovo. En préservant et consolidant les joyaux de la culture chrétienne au Kosovo, notre action sert à la fois à la défense de la foi et de l’identité de la minorité serbe. Ce magnifique chantier commencera juste après la fête de Pâques, début mai, et sera confié aux mains expertes d’artisans serbes. Il nous tarde de montrer les photographies des travaux sur l’iconostase, la structure en bois, les sculptures, les peintures et dorures des murs ! Mais pour ce faire, Solidarité Kosovo a besoin de votre soutien pour réunir la somme de 30000 € et nous vous invitons à faire un don dès aujourd’hui pour permettre aux séminaristes de retrouver leur église. Vingt ans après le passage des flammes, ensemble nous pouvons faire passer l’église Sainte-Dimanche de la nuit du néant à la lumière de la vie. Nous vous donnerons rapidement des nouvelles de ce projet de rénovation si stratégique pour les Serbes du Kosovo et vous remercions pour votre soutien. JE FAIS UN DON Par votre don, vous avez le pouvoir de poursuivre un effort sur le long terme de rénovation du séminaire de Prizren. L’église Sainte-Dimanche n’attend que votre don pour retrouver son éclat passé.Imaginez demain les séminaristes de Prizren servir pour la première fois après vingt ans d’interruption la messe dans ce lieu saint grâce à votre mobilisation! N’attendez pas, les travaux de rénovation commenceront dans quelques jours et nous vous invitons à nous donner sans plus attendre les moyens de les réaliser.
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16 janvier 2024
Chaque convoi apporte son lot de joie, d’émotion et aussi d’indignation pour les volontaires qui découvrent la situation des Serbes du Kosovo en partageant un peu de leur quotidien. J’accroche sur mon réfrigérateur un dessin offert par une enfant de Donja Brudika. Derrière une maison à la cheminée fumante, un sapin de Noël tout illuminé égaye ce qui semble être un rude hiver compte tenu de l’épaisse couche de neige sur le toit. Cela fait près de cinq ans que je participe chaque hiver au convoi de Noël de Solidarité Kosovo et le retour est toujours aussi difficile. Je sais que durant plusieurs jours je vais assommer mes proches de phrases qui commencent invariablement par « vous savez, au Kosovo… » et qui donnent un détail historique, gastronomique, une anecdote amusante ou émouvante. Bien souvent, je relativise les petits inconforts du quotidien quand je compare mes soucis avec les conditions de vie des Serbes des enclaves. La vague de froid a fait chuter le mercure et refroidi mon appartement ? Ce n’est rien à côté de ces maisons mal ou pas isolées où la seule source de chaleur est un poêle à bois dans la pièce à vivre.Si ma famille écoute avec indulgence les récits de ce convoi, il est grand temps de partager ce récit avec les donateurs et les soutiens de Solidarité Kosovo dont la mobilisation a permis une année de plus de répandre la joie dans les enclaves serbes. Nous sommes le 26 décembre, la volontaire la plus matinale s’est levée à trois heures du matin pour prendre l’avion jusqu’à Belgrade où toute l’équipe a rejoint Mladen qui nous attend avec le minibus pour entreprendre la longue route vers le Kosovo. L’immense plaine qui entoure Belgrade se transforme peu à peu au fil des kilomètres pour devenir une chaîne de montagnes qu’il faut traverser en suivant le cours de la rivière Ibar. Il fait nuit depuis longtemps quand nous arrivons au poste administratif, comme une plaie béante qui rappelle qu’une partie de la communauté internationale veut arracher le Kosovo à la Serbie. Le passage se fait sans encombres mais quelques nouveautés sur la route laissent entrevoir les stigmates des tensions autour du monastère de Banjska. Les forces spéciales kosovares en ont bloqué les accès avec des postes de garde suréquipés. Le trajet nocturne permet aux nouvelles recrues de faire la différence entre les villages serbes où les maisons s’étalent des deux côtés de la route et les villes albanaises construites le long des voies de communication dans une débauche d’enseignes lumineuses, de magasins luxueux et de stations essence. Après ce long périple, nous sommes heureux d’arriver à l’auberge à Gracanica où nous profitons d’une bonne nuit de sommeil avant d’entamer les distributions. Retrouvailles avec nos amis serbes Les retrouvailles – chaleureuses – entre les volontaires français et les volontaires serbes se font aux aurores devant l’entrepôt du bureau humanitaire au monastère de Gracanica. Les nouveaux connaîtront bien vite l’humour de Milovan, la joie de vivre du père Serdjan, la gentillesse de Slavko et le rire de Marko.Cette année, les enfants recevront un grand paquet plein de surprises, de jouets et de fournitures scolaires. Comme ils ont déjà été préparés par les équipes de Solidarité Kosovo, nous n’aurons pas besoin cette année de reconstituer des paires de chaussures, d’atteindre avec difficulté des cartons aussi grands que moi pour récupérer les derniers vêtements… cela libèrera du temps que nous pourrons passer dans les écoles et auprès des familles que nous visiterons. Une fois les camions chargés, nous prenons la route de Kamenica, l’ancienne paroisse du père Serdjan, où les élèves de l’école de Korminjane nous attendent de pied ferme. Alors que nous descendons les quelques marches qui mènent à la cours, les enfants sortent de l’école avec de grands sourires. Milovan leur donne les directives et ils se mettent en rang d’oignon pour recevoir leurs cadeaux, puis ils s’installent sur les marches de l’entrée pour les déballer avant de poser pour la photo.Plus tard, nous allons à la crèche du village où, par un grand soleil, de jeunes enfants ont revêtus leurs plus beaux habits de Noël. Pulls de saison et bois de rennes en peluche sur la tête, ils seront pris en photo avant de partir pour les vacances. Nous voyons la première moitié des enfants et nous revenons l’après-midi pour distribuer leurs cadeaux au deuxième groupe. Pour les cinq absents pour cause de varicelle, les responsables de la crèche choisissent quelques jouets qui leur seront offerts une fois qu’ils iront mieux.Entre-temps nous avons livré un poêle à bois à la famille Pesic. En arrivant au pied de la maison, nous avons vu flotter un drapeau noir en haut du porche et le portrait funéraire du père de famille nous a accueillis tandis que sa veuve et sa fille nous ont offert un verre de rakija, l’eau de vie locale que chaque famille distille. Elles ont tenu à remercier les donateurs de Solidarité Kosovo grâce auxquels elles peuvent remplacer leur vieil appareil défectueux. Le témoignage de François-Marie J’étais enchanté de participer à un nouveau convoi de Noël avec Solidarité Kosovo. Si ce n’est que la deuxième fois que je passe une fin d’année aux côtés des Serbes du Kosovo, j’ai l’habitude de l’aide aux populations chrétiennes avec des associations françaises, notamment au Liban et en Arménie. Une nouvelle fois, je suis impressionné par la qualité de l’organisation du convoi. Rien n’est laissé au hasard par les volontaires chevronnés, Serbes du Kosovo eux-mêmes pour la plupart. Dès le premier jour de donation, après avoir distribué des fournitures scolaires dans des écoles de Korminjane, l’équipe de Volontaires, guidée par le père Serdjan, prêtre orthodoxe de Gracanica habitué des convois, se rend dans une très modeste maison dans le village de Kamenica. Le temps est magnifique en ce début d’hiver, les paysages agréables, des collines arborées entoure de très sobres demeures. Nous sommes accueillis par une vieille dame devant une de ces dernières. Les murs de l’habitation sont en parpaings enduits d’une fine couche de mortier et peints. L’isolation est très sommaire comme dans toutes les maisons serbes que j’ai vues au Kosovo. Nous sommes venus afin d’offrir un poêle à bois neuf à cette dame seule. Grâce à celui-ci, la dame pourra se chauffer et cuisiner. Je pense encore à cette dame. Isolée, avec quelques voisins, elle fait partie des derniers Serbes de ces collines, des derniers Serbes du Kosovo aussi. Elle ne se plaint pas mais, à la détresse de son peuple, à sa pauvreté visible, la vétusté de sa demeure a ajouté un récent drame : son fils est mort en 2023, électrocuté ici par la mauvaise installation de courant de sa maison. Peut-être cherchait-il à améliorer le confort de sa mère en bricolant. Avant de rentrer à Gracanica, le père Serdjan nous fait les honneurs de son ancienne église à Kamenica, une des rares à avoir été construite sous domination ottomane. De ce fait, elle devait respecter certaines règles : ne pas être plus haute que la mosquée, pouvoir se confondre avec une maison ou encore avoir un espace pour les femmes, en hauteur, derrière un claustra. L’école comme vecteur de lien social Le lendemain, nous retournons dans la région de Kamenica. Cette fois, la brume s’est levée et le froid est mordant, mais cela n’entame ni notre enthousiasme, ni celui des cinquante-huit élèves de l’école de Donja Brudika ! Dans la cour de cet établissement entièrement rénové par Solidarité Kosovo en 2018 et en présence de la presse locale, nous avons installé nos cartons et remis un paquet à chaque enfant un colis avec un cadeau et des fournitures scolaires. Qu’elles n’ont pas été notre surprise et notre joie quand les plus jeunes nous ont offert des dessins réalisés avec soin ! À la fin de la distribution, les enfants ont entonné en chœur la chanson traditionnelle « Oj Kosovo, Kosovo » et des élèves de quatrième ont récité un poème de bienvenue que Mladen nous a traduit dans la soirée. La directrice a souligné l’importance de cette école pour les Serbes de Donja Brudika qui peuvent ainsi s’assurer que leurs enfants recevront une bonne éducation, ce qui les encourage à rester et à ne pas quitter la région. Cernica, un village martyr Le contraste avec l’école de Cernica est saisissant ! On entre dans la cour par un porche qui ressemble plutôt à celui d’une maison, et pour cause ! Cela fait vingt-quatre ans qu’une maison individuelle a été adaptée en établissement scolaire pour accueillir les élèves des alentours. Une fois les cartons déchargés, huit classes se succèdent devant nous avec de grands sourires pour recevoir leurs cadeaux, dont des fournitures scolaires. Il y a quatre ans, l’école ne comptait que trois classes. Le directeur de l’école nous reçoit ensuite dans son bureau, une petite pièce qui fait également office de salle des professeurs et où le psychologue scolaire reçoit les élèves qui le souhaitent. Le curé de la paroisse nous raconte l’histoire tragique de ce village. En 1999, sept Serbes dont Milos, un enfant de 7 ans, ont été tués par des tirs de kalachnikov perpétrés par des Albanais qui sont venus d’ailleurs troubler l’harmonie qui régnait jusqu’alors entre les deux communautés. Il nous explique qu’il n’y a pas une seule maison, pas une seule ruelle qui n’a pas vu le sang couler. Depuis, les Serbes subissent d’importantes pressions pour vendre leurs terres, mais ils tiennent bon. Comme à Donja Brudika, c’est l’école qui fait rester la communauté de chrétiens. Comme le dit le directeur : « chacun de vos passages nous donne la volonté et le courage de rester. Je vous remercie pour votre aide, n’oubliez pas les enfants du Kosovo et de Métochie. » Le poêle à bois, le cœur du foyer Nous quittons l’école pour rendre visite à deux familles du village, éleveurs de moutons, et leur apporter un poêle à bois. Le poêle à bois est un élément indispensable dans chaque maison serbe. Il sert aussi bien à se chauffer qu’à cuisiner sans craindre des coupures de courant ou d’acheminement du gaz.Quand nous avons demandé au premier couple de quoi il avait besoin, le père nous a simplement répondu qu’avec plus de moutons ils vivraient probablement mieux.Ensuite, il nous a fallu traverser un ruisseau et avancer sur un chemin pour rejoindre un couple déjà âgé dont la maison se cache derrière une lourde porte de bois sculpté qui date certainement d’un autre siècle. Le poêle est déposé au pied de l’escalier qui mène à l’entrée, ce sont leurs cinq enfants qui les aideront à l’installer.Nous repartons le lendemain à l’est du Kosovo. À l’école Buivojce, il fait aussi froid que la veille, mais le soleil et les cadeaux réchauffent bien vite l’atmosphère. Ici, l’établissement est entouré par des maisons albanaises, mais la cohabitation se passe bien. Il y a même des enfants de la communauté rom qui viennent étudier ici. Les élèves reçoivent leurs cadeaux et prennent la pose avec plaisir avant de retourner en classe. Nous sommes invités à prendre un café avec les enseignants qui nous racontent leur parcours, l’évolution de la situation entre la doyenne qui prend sa retraite cette année et la plus jeune qui vient d’arriver. Nos échanges sont interrompus par une petite délégation d’élèves de CM1 qui nous remets un papier avec écrit « merci » en plusieurs langues et toutes leurs signatures. La musique comme langage universel C’est émus que nous nous dirigeons vers Novo Brdo, non pas pour visiter le complexe agricole qui s’agrandit chaque année, mais pour distribuer des poêles à bois. Nous sommes reçus par le père Stevo qui nous fait visiter son église à l’histoire extraordinaire. Pour la protéger des exactions des Ottomans, il a fallu dix mille personnes pour la déplacer pierre par pierre en trois jours depuis la forteresse sur les hauteurs de la ville jusqu’à son emplacement actuel. Malheureusement, les fresques du XIVe siècle n’ont pas pu être conservées. Le jour de notre venue, une iconographe que nous avions rencontrée il y a deux ans continuait son superbe travail. Ne travaillant que l’hiver, il lui faudra encore deux ans pour terminer les nouvelles fresques.Le père Stevo nous accueille ensuite chez lui et son fils interprète quelques chansons traditionnelles en s’accompagnant à la guitare. Ceux qui connaissent les paroles l’accompagnent volontiers et c’est à un véritable concert qui nous est offert.Cela nous a donné des forces pour livrer un poêle dans les hauteurs du village. Trois générations vivant sous le même toit avaient bien besoin de remplacer le leur. J’ai été particulièrement touchée par la grand-mère, vacillant sur ses deux jambes mais tellement digne ! La Métochie, terre menacée Sur le chemin de Gracanica, nous nous arrêtons pour un moment de grâce au monastère de Draganac situé à flanc de montagne, au bout d’une route sinueuse dans la forêt. Le père Xhristof nous fait visiter l’église et nous reçoit à l’hôtellerie où nous goûtons avec délice à une tisane préparée par les moines ainsi que du poisson fumé, de l’ajvar et d’autres mets adaptés aux règles du carême : pas de produits laitiers ni de viande.Si depuis le début du convoi nous sommes restés dans l’est du Kosovo, le quatrième jour nous partons pour la Métochie. Dans cette région dont le nom signifie "terre des églises", le peu de Serbes qui sont restés après la guerre et les pogroms vivent dans des enclaves très isolées.Nous posons donc nos cartons dans trois enclaves où la vie est particulièrement rude : Banja, Suvo Grlo et Crkolez. Comme toujours, notre venue est attendue avec impatience ! Et ce n’est pas seulement parce que nous apportons des cadeaux, des jouets ou des fournitures scolaires. C’est aussi parce que ce convoi symbolise les relations fraternelles qui unissent les Serbes et les Français, ce convoi rappelle aux chrétiens des enclaves que nous ne les abandonnerons pas ! À Crkolez, je suis toujours heureuse de revoir Alexa, Navana et tous leurs amis. Ils grandissent tellement d’année en année ! Nous avons terminé notre bref séjour en Métochie à Visoki Decani où le père Petar nous raconte à chaque passage l’histoire du monastère, de nous décrire ses particularités ou d’expliquer des points de théologie orthodoxe qui nous échappent.Si l’arrivée est paisible malgré les check-points de la K-For à qui nous devons laisser nos passeports pour entrer, le retour est brutal. Il faut traverser la ville de Decani qui est désormais à 100% albanaise et musulmane. Un gigantesque monument est dédié aux miliciens de l’UÇK, la milice qui a enlevé et tué des milliers de Serbes, de Roms et d’opposants politiques. Une nouveauté depuis cette année : un sigle lumineux outrageux comme on en trouve dans les villes touristiques clame « I love UÇK ». C’est donc avec un sentiment un peu amer que nous rentrons à Gracanica. Pour commencer la dernière journée de distribution, nous restons à Gracanica après avoir assisté à la liturgie dominicale. Nous apportons à Nada et à son frère Sinisa deux lits et une cuisinière pour meubler la maison qui leur est construite avec une aide gouvernementale. En effet, leur habitation actuelle est complètement insalubre et aggrave leurs problèmes de santé. Nada a tenu à remercier les volontaires et tous les donateurs de l’association « je vois qu’il y a encore de bonnes personnes, merci de nous permettre de démarrer une nouvelle vie. » Dernière journée au cœur des montagnes Ensuite, nous profitons qu’il n’y a pas de neige pour prendre le long et tortueux chemin qui mène au village de Bostane, en général impraticable en cette période de l’année. C’est d’ailleurs la première fois qu’un convoi de Noël y passe, pour le plus grand bonheur de la quinzaine d’enfant de cette enclave. Ils se pressent devant le camion où nous avons déposé notre tout dernier carton et nous leur offrons les cadeaux qu’il nous reste. Avant de repartir, nous continuons à pied sur le chemin pour profiter de la vue grandiose sur les montagnes alentour. On n’y voit pas une seule trace d’activité humaine, Bostane est vraiment très isolé et coupé du monde dès qu’il neige.En continuant la route sinueuse depuis Bostane, nous arrivons au hameau de Boljece où nous livrons notre dernier poêle à bois à une famille. Une fois l’appareil posé devant la maison, le père explique que ses voisins et amis lui prêteront main forte pour l’installer. Comme le dit le dicton local, c’est la solidarité qui sauve les Serbes, solidarité dont font preuve tous les soutiens de notre association ! Avant de rentrer nous préparer pour le réveillon, nous visitons les ruines de la forteresse de Novo Brdo. Les fouilles archéologiques y sont interdites, elles risqueraient de prouver que la présence serbe sur ces terres est bien antérieure à celle des Albanais… De retour à Gracanica, nous décidons d’apprendre « Oj Kosovo, Kosovo » pour la chanter le soir-même à nos amis serbes. Si l’interprétation a quelques lacunes, elle vient du cœur et, si la larme qui semble briller dans l’œil de Milovan en est une bonne indication, a su toucher l’âme de nos camarades. Avec des chants, des danses et beaucoup de rires, nous passons à la nouvelle année entre pairs, entre amis, entre frères, unis par les liens d’affection et de solidarité que nous avons créés tout au long du convoi.Personne ne revient tout à fait le même du Kosovo, même après plusieurs années, marqué par ce que nous avons vécu et vu : les rudes conditions de vie et les histoires parfois tragiques mais surtout le courage, la résilience, l’hospitalité et l’amitié du peuple serbe. Je laisse le mot de la fin aux élèves de quatrième de l’école de Donja Brudika qui, dans le poème qu’ils ont récité le jour de la distribution des cadeaux, ont formulé trois vœux.Le premier serait que tous les foyers au Kosovo aient un toit, de quoi se nourrir et surtout la santé.Le deuxième serait pour eux la plus grande source de joie, que l’amour entre leurs parents soit toujours aussi intense.Enfin, ils souhaitent que le dernier vœu soit le nôtre, à chacun d’entre nous, que nous en fassions bon usage et que nos souhaits et rêves se réalisent…Les équipes de Solidarité Kosovo font le vœu que, ensemble, nous puissions continuer à agir en faveurdes Serbes du Kosovo !
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24 janvier 2023
Finalement, le 19e convoi de Noël a eu lieu, au grand soulagement des habitants des enclaves. Malgré les tensions à leur comble avec l’administration albanaise de Pristina et les barricades érigées au nord par les Serbes pour s’en protéger, Solidarité Kosovo a tenu à maintenir ce rendez-vous annuel très attendu. C’est dans ce contexte de crise qu’une équipe de 9 volontaires s’est lancée dans l’aventure du 26 décembre 2022 au 3 janvier 2023. Ils auront parcouru la province de long en large pour livrer 12 tonnes d'aide humanitaire d’une valeur dépassant les 90 000 euros. En plus de vêtements chauds et de chaussures neuves, des jouets pour les enfants, des fournitures scolaires et des poêles à bois, des troupeaux d’animaux ont été distribués pour favoriser l’élevage familial. Au total, 48 chèvres, 40 moutons et 5 vaches ont été remis aux familles les plus démunies du Kosovo-Métochie. Solidarité Kosovo vous invite à plonger dans le quotidien de ce convoi pas comme les autres grâce au témoignage touchant de Sterenn. Elle raconte l’expérience incroyablement humaine, hautement saisissante et enrichissante qu’elle a partagée avec huit autres volontaires, Diane, Solenn, Aleksandra, George, Henri, François-Marie, Andreï et Mladen. « Ça chauffe en ce moment au Kosovo, tu pars quand même ? » Voilà la question inquiète du père d’une volontaire, quelques jours avant le départ. Alors qu’en France nous préparions les festivités de Noël, les Serbes du nord du Kosovo dressaient des barricades pour empêcher les forces spéciales kosovares de sévir à Mitrovica. Mais pour les volontaires, pas question de manquer le rendez-vous ! Le 26 décembre, nous prenons donc l’avion depuis les quatre coins de la France pour rejoindre le chef de convoi qui nous attend pour traverser la Serbie jusqu’au sud. Pour les sept nouveaux, c’est l’aventure qui commence car la plupart ne sont jamais venus en Serbie. Durant les six heures de trajet, le chef de convoi rappelle les consignes de sécurité et nous met au courant du programme de la semaine. Il nous apprend également que la veille de notre arrivée, le Patriarche de l’Église orthodoxe serbe, sa Sainteté Prophyre, a été interdit d’entrer au Kosovo, comme Arnaud Gouillon en 2018. Nous avons conscience que tout peut arriver au poste administratif de Merdare, alors on se prépare pour le pire en espérant le meilleur. Rarement un convoi a passé les contrôles aussi vite ! Milovan, du bureau humanitaire, qui était venu à notre rencontre en cas de problème nous guide jusqu’à Gracanica, le point de base de toutes les opérations. Arrivés au konak, l’auberge, nous partageons un repas traditionnel fait de viandes grillées et de salade d’hiver, avec bien sûr de la rakija et une pogaca, ce pain que l’on coupe en suivant un rituel bien précis. Il faut prendre des forces car la journée du lendemain sera chargée ! Prendre le rythme À neuf heures, nous sommes devant l’entrepôt de Gracanica, là où sont stockés les cartons de vêtements, chaussures et de jouets récoltés auprès d’entreprises françaises et livrés quelques semaines plus tôt. Nous y retrouvons le père Serdjan, Slavko, Marko, les volontaires serbes. Pour les uns, ce sont de chaleureuses retrouvailles, pour les autres de nouvelles rencontres ; mais il n’y a pas de temps à perdre, Milovan donne les directives : il faut charger le nécessaire pour plus d’une centaine d’enfants ainsi que de robustes poêles à bois de fabrication serbe que nous offrirons à plusieurs familles. Très vite, notre groupe prend ses marques et organise efficacement le chargement. Le soleil se couche très tôt dans cette région et il faut profiter de tous les moments avant la nuit qui tombe dès 16 heures. Une fois les camions pleins, nous prenons la route de Strpce, dans le sud du Kosovo. En nous éloignant, nous pouvons voir que la grande plaine qui entoure Pristina est noyée dans un nuage gris de pollution qui se fond dans le ciel bleu. Sa centrale à charbon en fait la ville la plus polluée d’Europe. À l’horizon se dessinent les montagnes aux cimes enneigées, près de la Macédoine. Premier arrêt, nous déchargeons et disposons les cartons devant la première école. Le directeur nous prévient : il y a plus d’une centaine d’enfants. Il faut sortir les petites tailles d’abord, pour les classes les plus jeunes qui forment déjà une longue file. Les élèves plus âgés sont en cours, mais de temps en temps un visage curieux surveille ce qui se passe à l’extérieur. Les uns après les autres, les enfants munis d’un sac reçoivent des vêtements, des chaussures, des jouets et des fournitures scolaires. Nous nous débrouillons comme nous pouvons pour demander la taille ou l’âge avec deux ou trois mots de serbe ou d’anglais. Régulièrement les serbophones viennent à la rescousse pour traduire la bonne pointure ou des mots de remerciement. Une fois la distribution achevée et les cartons remballés, les nouveaux volontaires découvrent le plaisir de partager un café et une rakija, de l’eau-de-vie, avec nos hôtes. L’occasion pour ces derniers de nous faire part des difficultés du quotidien dans leur village. Puis nous repartons à quelques kilomètres de là, dans une autre école, moins grande, avec des élèves plus jeunes. Pour eux nous descendons un énorme carton de jouets et jeux en tout genre. Avant de repartir, une jeune fille nous dit quelques mots en anglais, brisant la barrière de la langue : « Merci de votre aide, vous êtes des gens bien. » Que lui répondre à part que leur courage et leur résilience sont pour nous une source de motivation autant qu’un exemple à suivre. Cette première journée s’achève par la livraison de deux poêles à bois à plusieurs familles de la région. En Serbie en général et à la campagne en particulier, le poêle à bois est le cœur du foyer. Il sert à la fois à chauffer la maison et à cuisiner. D’ailleurs, un proverbe serbe dit que lorsque l’on déménage, c’est la dernière chose que l’on retire. Course poursuite dans la montagne Pour la deuxième journée, nous nous rendons à l’est du Kosovo, près de Kamenica où officie le père Serdjan. Nous y offrirons nos habituels cadeaux aux enfants et nous remettrons également du bétail à quelques familles. Le premier arrêt se fait dans la cour d’une maison où nous avons rejoint des employés du complexe agricole de Novo Brdo, financé par Solidarité Kosovo. Sous le regard émerveillé du fils aîné, une vache de belle taille descend du camion. Elle est stressée, mais les bons soins qui lui sont prodigués la rassurent et elle se laisse conduire à l’étable. Pour sa nouvelle famille, son arrivée leur permettra de gagner en autonomie alimentaire car elle leur donnera du lait pour faire du fromage ou du kajmak, un mets délicieux entre le beurre et le fromage. Nous nous rendons ensuite dans une école primaire où nous sommes attendus de pied ferme. Située sur une hauteur, on aperçoit d’en bas deux petits garçons qui accourent à notre arrivée avant de prévenir la directrice. Notre équipe est désormais bien rodée et les cartons s’alignent au pied du camion. Le père Serdjan donne les consignes aux enfants qui, le sourire aux lèvres et les yeux qui pétillent, attendent sagement leur tour. Ils reviennent les bras chargés de manteaux, chaussures et jouets qu’ils sont impatients de déballer. Les professeurs en rappellent certains à l’ordre : d’abord la traditionnelle photo de groupe, ensuite ils pourront examiner leurs cadeaux de plus près. Après un café, nous déposons quelques cartons supplémentaires pour la crèche avant de repartir livrer un poêle à une famille un peu plus loin. Nous sommes reçus par le père qui élève seul ses trois garçons, de solides gaillards au regard franc. Nous ne pouvons pas refuser un verre de rakija avant de repartir, dans un collège/lycée. Nous déchargeons les camions sur le terrain de sport et plus d’une centaine d’élèves se presse, classe par classe, de venir recevoir à leur tour des vêtements, des chaussures ou des fournitures scolaires. Au bout de quelque temps, quelle n’est pas notre surprise de voir trois soldats américains de la KFor assister sur le côté à la distribution. Les enfants repartent avec un grand sourire aux lèvres, disant « hvala » ou « merci ». Nous terminons la journée dans un hameau dans les hauteurs où nous livrons une machine à laver à une famille où, une fois encore, le père élève seul ses cinq enfants dont le plus jeune est handicapé et a notamment besoin d’un lit spécial. Nous leur apportons également des moutons. Mais si la vache en début de journée n’avait pas fait d’histoire, les ovins nous ont donné du fil à retordre ! Juste après être descendus du camion, une partie d’entre eux a pris la poudre d’escampette, donnant lieu à une course poursuite mémorable dans les collines. Avant de rentrer à Gracanica, nous repassons par Kamenica où le père Serdjan nous fait les honneurs de son église. Construite sous domination ottomane, les bâtisseurs ont dû se conformer aux lois musulmanes. Ils ont notamment créé un espace séparé pour les femmes, situé en hauteur avec une claie pour les soustraire aux regards des hommes. Retour à Visoki Decani Pour la troisième journée, nous mettons le cap à l’ouest du Kosovo vers la Métochie, dont le nom signifie littéralement « terre des églises ». C’est là que se trouvent notamment le patriarcat de Pec et le monastère de Visoki Decani. Dans cette région, les Serbes sont encore plus minoritaires que dans le reste du Kosovo. On trouve encore plus qu’ailleurs des monuments à la gloire des terroristes de l’UÇK, d’immenses drapeaux albanais, américains ou kosovars qui flottent au vent. Nous nous rendons dans trois enclaves particulièrement isolées : Banja, Suvo Grlo et Crkolez. Nous sommes accueillis par Pajo, un des plus vieux amis de Solidarité Kosovo. Il a appris le français au contact des soldats de la KFor en poste dans son village, ce qui lui a permis de servir de guide et d’interprète à Arnaud Gouillon lors des tout premiers convois de Noël. Il nous reçoit à déjeuner dans sa maison et, avant toute chose, nous nous prêtons à une tradition de bienvenue ancienne : la maîtresse de maison nous présente un plateau avec des verres d’eau et un pot de confiture. Chaque convive prend un verre et une cuillère de confiture. Une fois le rituel accompli et le bénédicité récité, le repas peut commencer ! Nous allons ensuite sur la place de chacun des trois villages pour procéder à la distribution. Tous les enfants nous attendaient avec impatience parce que si notre venue annonce des cadeaux, elle est surtout une occasion rare de rencontrer des gens en dehors de leurs enclaves. Et quel plaisir pour les plus anciens volontaires de reconnaître les jeunes d’une année à l’autre et de les voir grandir. Cela nous rappelle que le soutien que nous offrons n’est pas seulement matériel, il est aussi moral et fraternel. Nous sommes fiers de faire vivre ainsi l’amitié franco-serbe ! Nous terminons cette journée par la visite du monastère de Visoki Decani, toujours protégé par les soldats de la KFor. À cause du covid, nous n’avions pas pu y retourner depuis trois ans et si l’hôtellerie est toujours fermée, le père Petar nous a raconté la riche histoire des lieux et a ouvert le sarcophage du roi Stefan Decanski, le fondateur du monastère. Nous quittons la paix et la tranquillité de Decani pour regagner le konak et nous devons traverser la ville désormais entièrement albanaise dans une débauche de lumières et de drapeaux étrangers, un cruel contraste avec la pauvreté et la simplicité des enclaves dans lesquelles nous nous sommes rendus ce jour-là. Un accueil traditionnel Retour à l’est du Kosovo pour ce quatrième jour, direction Novo Brdo, là où se trouve le complexe agricole financé par Solidarité Kosovo pour permettre aux Serbes d’atteindre l’autonomie alimentaire. Cette politique est complétée par des actions directement auprès des familles, par le don de serres ou de bétail, comme lors de notre premier arrêt, où nous avons livré un petit troupeau de chèvres. Elles auraient bien voulu s’échapper comme les moutons deux jours plus tôt, mais c’était sans compter sur les deux bergers yougoslaves, une race de chiens élevée pour protéger les bêtes des attaques de loups et d’ours, et aujourd’hui des vols et des attaques perpétrées par les Albanais radicaux. Ensuite, nous donnons à une autre famille une machine à laver. Sur le perron, trois générations de femmes nous accueillent avec dignité. En voyant les enfants s’avancer timidement, quelques volontaires retournent au camion chercher des vêtements et des jouets à leur offrir. Nous n’avons malheureusement pas le temps de nous attarder, nous sommes attendus à l’école de Novo Brdo. Alors que nous garons les camions le long du bâtiment, quelle n’est pas notre surprise de voir tous les élèves en tenue traditionnelle ! Ils nous réservent un accueil chaleureux et pluriséculaire en nous présentant du pain et du sel. Ils se mettent en place pour interpréter quelques airs populaires. Une petite fille en particulier a ravi le cœur de tout le monde par sa belle voix et les émotions qu’elle a su nous faire ressentir, sans même que nous comprenions les paroles.Quand les enfants se mettent en ronde pour danser le kolo, la danse traditionnelle serbe, nous avons bien envie de les rejoindre mais, faute de connaître les pas, nous nous contentons de les regarder. Les vêtements que nous leur distribuons ensuite ne sont pas aussi beaux que les jolies tenues qu’ils arborent, transmises de génération en génération, mais les enfants pourront ranger dans leurs armoires des manteaux chauds et de solides chaussures pour l’hiver. Les professeurs et le père Stevo nous invitent à prendre un café, et une rakija pour les plus audacieux, avant de repartir. Avant de pouvoir quitter le bâtiment, tous les enfants viennent faire un câlin au père Serdjan, puis aux volontaires. C’est très émus que nous rejoignons l’école de Bostan. Si l’accueil est plus classique, il n’en est pas moins chaleureux. Comme toujours, la distribution est efficace et bien vite, la quarantaine d’élève peut rentrer chez elle les bras chargés de cadeaux, non sans avoir auparavant reçu des courriers écrits par les lycéens d’un établissement d’Angers, participant à resserrer un peu plus les liens qui unissent les Français et les Serbes. Les professeurs nous invitent à une collation et le directeur nous raconte son parcours. Né dans la région, il est parti pour étudier en Serbie centrale avant de revenir s’installer au Kosovo. Nous lui demandons si la vie n’est pas plus difficile ici, il nous répond « oui, bien sûr, il y a beaucoup de tensions, mais ici c’est chez moi. » Il nous reste encore un poêle à livrer dans un des plus beaux endroits que nous avons vu lors de ce convoi, une ferme en bordure d’un bois, entourée par les montagnes. Nous savons qu’en France de nombreuses personnes seraient prêtes à payer cher pour acheter un terrain dans un lieu similaire, mais ici ce n’est que synonyme d’isolement. Nous avons eu de la chance car il n’a pas neigé, mais c’est un endroit que les intempéries peuvent vite couper du monde. Avant de rentrer, nous visitons la ferme de Novo Brdo. Depuis la route, nous voyons des troupeaux de moutons et de chèvres paître tandis que les agneaux restent bien au chaud dans l’étable. Les employés s’amusent de nous voir, nous citadins, nous émerveiller devant ces animaux. La perle de Métochie Le programme du cinquième et dernier jour est resté vague jusqu’au bout. Nous ne savions pas s’il serait possible de retourner en Métochie, dans l’enclave de Orahovac, cernée par les Albanais, ou dans le village de Velika Hoca où quelques semaines auparavant les forces spéciales kosovares ont confisqué plusieurs milliers de litres de vin sous des prétextes fallacieux. Quand bien même les recours des viticulteurs spoliés aboutiraient, les autorités ont fait exprès de mélanger les trois cépages dans une seule cuve, ruinant ainsi le fruit de plusieurs années de travail. Milovan nous donne le feu vert et nous chargeons ce qui reste de cartons avant de partir cap à l’ouest. Dès l’arrivée à Orahovac les tensions sont plus palpables. Ici, le quartier chrétien est ceint de barbelés pour protéger la minorité serbe. Au bout de la rue, on aperçoit de hauts minarets et partout autour, les drapeaux albanais donnent le ton. Ici, les enfants ne courent pas dans les rues malgré leur excitation. Il y a des voitures qui passent et la plupart ne sont pas amies. Alors sur la place étriquée, nous disposons nos cartons et nous offrons à ces jeunes ces quelques cadeaux. Nous quittons cette prison à ciel ouvert pour nous rendre « au petit mont Athos », le surnom donné à Velika Hoca en raison de ses nombreuses églises. C’est sous un soleil éclatant que nous distribuons aux enfants tout ce qu’il nous reste de jouets, de fournitures scolaires, de vêtements et de chaussures. Avant de quitter le village, au cœur de son église pluricentenaire, le prêtre de la paroisse nous a rappelé les mots de saint Matthieu : « on peut tuer les corps, mais on ne peut pas tuer les âmes », avant de remercier toutes les personnes qui rendent possibles les actions de Solidarité Kosovo. Ce sont tous nos efforts combinés qui permettent aux chrétiens de rester sur leurs terres millénaires. Nous rentrons à Gracanica où, Français et Serbes, nous célébrons ensemble le jour de l’An autour d’une belle tablée, par des chants, des danses et des promesses d’amitié indéfectibles. Le lendemain, nous retournonsà Belgrade pour rendre compte de notre mission à Arnaud Gouillon.Nous gardons le souvenir des sourires des enfants, de la dignité de leurs parents et de l’amitié sincère qui unit le peuple français au peuple serbe et que nous voulons continuer d’honorer. Sur le chemin du retour en France, une partie de l'équipe des volontaires s'est rendue au temple Saint Sava à Belgrade
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06 juin 2022
Tout au long de l’année, les équipes de la soupe populaire cultivent délicatement les champs et les vergers du diocèse. Quand vient le temps de la récolte, les fruits et légumes sont utilisés pour la confection des repas et distribués aux familles démunies. Dans l’intention de pouvoir conserver ces aliments nutritifs de saison pour en profiter tout au long de l’année, particulièrement au cours de l’hiver où ils font cruellement défaut, Solidarité Kosovo développe depuis plusieurs années des projets de transformation des aliments. En 2016 nous inaugurions la conserverie de légumes à Mogila dans l’Est du Kosovo, plus tard nous créions une confiturerie à Novo Brdo. Cette année nous avons grâce à vous pu ouvrir une unité de fabrication de jus de fruits à Gračanica. Après la conserverie vient l’atelier de jus de fruits Chaque année, c'est la même chose : quand les vergers diocésains commencent à donner, les équipes de récolte croulent sous les fruits. Cela commence avec les fruits rouges ; viennent ensuite les prunes, abricots et pêches ; puis les raisins, poires, pommes viennent clore la saison. La majeur partie de la récolte est immédiatement consommée et utilisée pour la confection des repas. Une quantité importante de fruits est également transformée en confitures et pâtes de fruit mais malheureusement une partie des fruits de saisons que l’on ne parvenait pas à utiliser avant qu’ils ne s’abiment était perdue. A présent, grâce à la transformation en jus de fruit qui est opérée dans le nouvel atelier agricole de Solidarité Kosovo, l’entièreté de la récolte de fruits issue des terres diocésaines est valorisée. Les breuvages pourront désormais être distribués aux familles nécessiteuses tout au long de l’année. Valoriser les fruits de saison par leur transformation Sortie de terre ce printemps sur le complexe agricole de Gračanica, l’unité de fabrication de jus de fruits constitue un nouveau maillon de la chaîne d’autosuffisance alimentaire des Serbes du Kosovo-Métochie. D’un montant total de 70.000euros, l’atelier a été mis en fonction en avril après avoir été béni par l’évêque du Kosovo-Métochie, Monseigneur Théodose, lors de la cérémonie d’inauguration. Depuis, il assure une production capable d’approvisionner à la fois le séminaire de Prizren ainsi que tous les monastères du Kosovo. Une autre partie des délicieux jus de fruits sont destinés aux besoins de la soupe diocésaine. Enfin, le reste de la production est vendue dans l’échoppe de la soupe diocésaine. L’atelier de fabrication de jus de fruits génère ainsi de nouvelles opportunités économiques. A commencer par la création de deux emplois sur le site de production dont le financement sera en partie assurée grâce aux profits générés par la vente des jus de fruits. Des jus de fruits comme vous n’en avez jamais bu ! Dans les enclaves serbes, le Coca-Cola reste rare et la plupart des boissons sont issues de l’agriculture locale de la région. Ces breuvages locaux précieux et rares ont un goût particulier pour les Serbes car ils leur rappellent des moments des plus festifs. Anniversaires, Noël, Pâques, fin d’année scolaire, à l’occasion de ces célébrations, les jus de fruits artisanaux sont de la partie. Confectionnés avec soin, ils trônent sur toutes les tables aux côtés de gourmands mets faits-maison. Grâce à cette nouvelle unité de fabrication, les occasions de boire de savoureux breuvages locaux seront plus fréquentes. Alors souhaitons-leur que les fruits se pressent davantage !
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30 mai 2022
L'évêque Théodose, de son nom de baptême Živko Šibalić, est né le 29 juin 1963 à Čačak, une petite ville de province située à deux heures de route au sud de Belgrade. Il est le deuxième fils de Milan et de Biljana, qui a rejoint l’abbaye de Gorioc au Kosovo-Métochie.Après des études secondaires à Užice, il étudie à la Faculté de théologie de Belgrade dont il sort diplômé.À dix-sept ans, le jeune Živko visite pour la première fois le monastère de Visoki Decani. C’est un séjour décisif qui lui confirme sa vocation. Avec une foi profonde, une espérance sans limites et un grand amour pour le Christ, il décide de se consacrer à la vie monastique et de s'abandonner au service de Dieu. Le 6 janvier 1987, il prend l'habit religieux pour commencer son noviciat au monastère de Crna Reka près de Novi Pazar. Le 21 novembre 1989, il est ordonné moine, recevant le nom religieux de Théodose. Il devient abbé à 29 ans en pleine guerre En mars 1992, il s'installe avec plusieurs moines de Crnoreka au monastère de Visoki Decani, où l'évêque de Raska et Prizren le nomme gardien du monastère et lui décerne le rang d'abbé le 22 octobre 1992. Jeune abbé de vingt-neuf, Père Théodose entreprend immédiatement le renouveau spirituel et matériel du monastère où trente jeunes moines se réunissent en quelques années. De nombreuses activités se développent dans le monastère: sculpture sur bois, peinture d'icônes, fabrication de bougies, édition, etc. Même le vignoble du monastère de Velika Hoča près d'Orahovac reprend du service. On y produit du vin et du brandy traditionnels qui perpétuent la tradition séculaire des moines de Decani. L’arrivée du Père Théodose à la tête du monastère Visoki Decani ressemble à chemin de croix tant les circonstances sont chaotiques. A cette époque, la guerre gronde en Croatie et Bosnie voisines et finit par se propager du Kosovo-Métochie. En 1998, le jeune abbé et ses frères accueillent les premiers réfugiés serbes. Après le déclenchement du conflit armé et le bombardement de la Serbie par l'OTAN au début de 1999, le monastère de Decani organise une aide humanitaire pour les habitants de la région de Decani. Ils distribuent des colis contenant de la nourriture et du matériel d'hygiène. Ils s’arrêtent à chaque maison qu’elle soit serbe, rom ou albanaise, ne faisant pas de différence entre ceux qui souffrent et qui ont besoin d’aide. « J'ai moi-même été exposé aux bombes de l'OTAN, puis à des attaques armées d'extrémistes albanais suite auxquelles, grâce à la protection du Saint Roi Stefan de Decani, le monastère est resté intacte. » confie-t-il. Guidé un peuple en souffrance En juillet 1999, les armes se taisent au Kosovo et les Serbes deviennent des citoyens de seconde zone sous le regard médusé de la communauté internationale. Au paroxysme de la violence contre les Serbes, les pogroms de mars 2004 meurtrissent le diocèse Raska-Prizren provoquant la destruction de 35 sanctuaires orthodoxes et chassant plus de 5 000 Serbes de leurs foyers. Cette période qu’il qualifie aujourd’hui « des plus sombres et tristes » sera déterminante dans l’itinéraire du Père Théodose. Il ne cessera dès lors de déployer des efforts pour préserver la vie des Serbes au Kosovo et favoriser le retour des refugiés dans leurs foyers d’origine. Afin de renforcer l'activité de l'Église dans ce domaine, le Saint-Synode des évêques de l'Église orthodoxe serbe, lors de sa session ordinaire du 10 au 19 mai 2004, a décidé d'élire l'abbé Théodose évêque de Lipljan, vicaire du diocèse de Raska et Prizren, basé au monastère Visoki Decani. Baptiseur du partenariat avec Solidarité Kosovo En 2011, l’évêque Théodose croise le chemin de l’ONG Solidarité Kosovo. Leurs objectifs humanitaires en faveur des Serbes du Kosovo se confondent et ils décident d’unir leurs efforts dans un partenariat humanitaire exclusif liant l’Église du Kosovo à l’association humanitaire. Onze ans plus tard, plus de vingt projets agricoles, éducatifs, culturels, de rénovation religieuses ont été mise en œuvre grâce à cette alliance. Chaque inauguration, la bénédiction pratiquée par Monsiegneur Théodose est l’occasion de rappeler le lien ténu tissé entre l’^évêque et l’association au profit du peuple serbe.
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10 novembre 2021
Un neuvième bâtiment est en train de sortir de terre sur le complexe de Novo Brdo : il s’agit d’un hangar de stockage qui permettra de ranger chaque jour l’ensemble du matériel agricole du complexe. Il aura deux vertus : d’abord, de protéger ce matériel des intempéries, notamment l’hiver, et ainsi d’augmenter sa durée de vie ; ensuite, de le protéger des vols, hélas fréquents dans les enclaves. Non loin de ce premier chantier, un deuxième est également en cours : l’érection d’une clôture autour d’un vaste espace de prés et de pâturages. L’objectif est d’offrir plus de place au bétail de la ferme, là aussi à l’abri des vols, et ainsi d’améliorer encore la qualité de vie des animaux du complexe. Ces chantiers devraient être achevés avant le printemps.
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10 novembre 2021
C’est devenu une opération récurrente depuis 2016 : chaque année, nous offrons une serre agricole à une trentaine de familles un peu partout au Kosovo-Métochie. Cette année, 33 familles ont bénéficié de cette opération, 33 familles qui cultivaient déjà des fruits et légumes. Sans serre, le climat du Kosovo empêche de cultiver quoi que ce soit environ de septembre à mai ; avec une serre, cette période est réduite de novembre à mars ou avril. Ces familles gagnent donc trois à quatre mois de récoltes, ce qui doit normalement leur permettre de suffire à leurs propres besoins, voire de commercer avec leurs voisins et de se dégager un petit revenu supplémentaire. Mesurant dix mètres sur cinq, ces serres sont calculées pour une famille de cinq personnes. Plusieurs serres de trente mètres sur huit ont également été offertes à la soupe populaire, qui pourra ainsi augmenter encore sa production pour faire face à une demande qui hélas ne faiblit pas…
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10 novembre 2021
Directrice de la soupe populaire, Svetlana Stevic est un de nos interlocuteurs quasi-quotidiens depuis plusieurs années. Elle revient avec nous sur le nouveau chantier qui anime depuis quelques semaines les hauteurs de Gracanica, à quelques centaines de mètres de notre bureau humanitaire. Solidarité Kosovo : Quel est ce nouveau chantier ? Svetlana Stevic : Nous sommes actuellement en train de faire construire un atelier de fabrication de jus de fruits. Il transformera en jus des fruits produits dans toute la région de Gracanica, ce qui permettra d’abord d’éviter du gaspillage, certains étant parfois obligés de jeter ce qu’ils ne pouvaient ni consommer eux-mêmes ni vendre. Mais ça permettra ensuite à des habitants de la région de diversifier leur production pour nous vendre des fruits, ce qui leur donnera une source de revenus complémentaires. Ainsi, cet atelier donnera du travail non seulement aux quatre personnes que nous embaucherons pour le faire tourner, mais aussi à d’autres habitants des environs… Où partira la production de cet atelier ? Une partie partira directement à la soupe populaire, que je gère. Nous pourrons ainsi diversifier les repas que nous offrons aux familles les plus pauvres… Une partie sera distribuée dans l’enclave de Gracanica pour améliorer l’ordinaire des familles de la région. Nous espérons que bientôt tous les enfants de l’enclave pourront boire du jus de fruits à leur anniversaire ! Une autre partie enfin ira dans les monastères de tout le Kosovo-Métochie, d’abord pour l’usage des moines et religieuses, mais aussi pour leurs boutiques. Enfin, nous fournirons quelques épiceries, notamment celle que nous avons ouverte à Mitrovica avec Solidarité Kosovo ! Où en est le chantier ? Il avance bien ! Il a été béni en septembre en présence de Monseigneur Téodose, qui est très impliqué dans le projet, et depuis tout se passe bien. Le bâtiment devrait être fini avant l’hiver, et l’installation intérieure sera prête pour traiter les premiers fruits de la saison à venir. Nous avons hâte de goûter nos premiers jus !
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Le folkore de Kosovo Polje à l’honneur21 mai 2024
Qui a dit que le folklore était ringard ? Certainement pas les Serbes du Kosovo qui chérissent la pratiquent des danses traditionnelles au sein des KUD- Kulturno Umetničko Društvo [Association Culturelle et Artistique] à qui, comme par le passé, Solidarité Kosovo a accordé un nouveau don de 15.000€ pour le développement des activités de folklore dans les enclaves du Kosovo-Métochie. Zoom sur le groupe folklorique de Kosovo Polje qui fait partie de la nouvelle tranche de bénéficiaires. Danser ensemble renforce la cohésion des jeunes Serbes La ronde de danse est en « chabadaba »composée en alternance de garçons au port de tête altier et de filles aux longues tresses nouées en chignon. Sans jamais se départir d’un large sourire, ils exécutent, main dans la main, une chorégraphie parfaitement synchronisée laissant s’envoler quelques Opa !d’allégresse.La musique traditionnelle qui les accompagne et les costumes locaux dont ils sont fièrement parés ajoutent au spectacle une dimension historique puissante.Après une heure et demie de répétition intensive, la troupe s’accorde une pause. Mila, 14 ans, en profite pour lier conversation : « Faire vivre les traditions, porter le costume et l’esprit de groupe. Voilà les raisons qui m’ont poussé à m’inscrire au folklore. »Son professeur de danse et directeur de l’association Dragan ajoute avec émotions :« Notre troupe folklorique, c'est bien plus qu'un club de danse. Trente jeunes se retrouvent ici trois fois par semaine. La plus jeune à 11 ans, le plus âgé 22 ans. Pour nos jeunes, le folklore c'est un vrai moyen de s’évader du quotidien et de briser leur isolement. Ça leur permet de passer du bon temps ensemble ». Le folklore multiple Rires, ambiance chaleureuse, la convivialité est effectivement palpable !Ce qui rend le folklore très populaire c’est le fait de lier amusement et culture.Les danses folkloriques sont issues d’une culture populaire qui rassemble un ensemble de savoirs venant du passé. Sous la période ottomane, les danses étaient calmes, sans bruit, en silence puis à la libération elles sont devenues gaies et vives. En fonction des périodes dont elles se réfèrent, les danses folkloriques peuvent exprimer la joie, la dignité, la retenue, la fierté, la nostalgie mais aussi l’accablement. Les danses folkloriques ont interprété l’histoire serbe tout comme la géographie du pays. A chaque région de Serbie, sa chorégraphie !Les racines profondes et diverses des danses traditionnelles serbes vivent et fédèrent grâce au folklore. Au rythme des concours La vie du club folklorique de Kosovo Polje est rythmée par les concours organisés tout au long de l’année.Ils sont l’occasion pour le club de se mettre à l’épreuve et d’améliorer ses performances. Au-delà de la compétition sportive qu’ils supposent, les concours permettent l’évasion, la rencontre et le rayonnement de son savoir-faire. A l’aube de ses 16 ans Mateja dit adorer les concours : « J’aime prendre le car avec mes copains et mes professeurs, sortir de mon enclave pour découvrir une ville. Ce qui me plait aussi, c’est l’esprit de compétition qu’on ressent sur place : quand chaque troupe folklorique monte sur les planches et donne le meilleur d’elle-même. On travaille toute l’année pour montrer que nous aussi au Kosovo nous avons du talent, de la technique et de l’ambition !» Afin de permettre aux trente jeunes étoiles traditionnels de briller de tous leurs feux en compétition nationale, Solidarité Kosovo a accordé un don de 15000€ au développement des activités qui en sont liées. Le kolo fait partie du patrimoine mondial de l’UnescoC’est une décision historique pour la Serbie ! Le Kolo estinscrit depuis le 7 décembre 2017 sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’Unesco.Dans son communiqué, l’institution présente sa décision : « Le kolo est une danse populaire collective traditionnelle, exécutée par des danseurs évoluant autour d’un cercle, main dans la main. » Cette distinction apporte un soutien aux acteurs publics et associatifs serbe qui œuvrent à préserver et transmettre cette danse traditionnelle aux nouvelles générations.Alors on danse… le Kolo ?Lors de son inscription sur la liste du patrimoine immatériel mondial, l’Unesco a présenté le Kolo comme étant « exécuté au rythme de la musique à l’occasion de rassemblements privés et publics, auxquels participent l’ensemble des membres de la communauté locale.[…] »La popularité du Kolo est telle qu’il ne se passe pas de mariage, baptême, naissance, anniversaire ou autre fête sans que les notes du Kolo ne retentissent. Il faut voir la farandole se défaire en spirale au rythme de l’accordéon. Personne ne résiste à l’appel du Kolo, le joyeux ballet entraine tous les publics sur son passage, des 0 à 99 ans ! De plus, si des notes de pipeau ont le bonheur de se joindre à la célébration alors celle-ci peut durer jusqu’aux aurores ! Kosovo Polje, haut-lieu de l’Histoire médiévale et contemporaine C’est un lieu chargé de symbole qui a vu se dérouler la plus importante bataille de l’histoire de la Serbie ainsi que de l’Europe médiévale. C’est à Kosovo Polje que se trouve le fameux « champ des Merles » où en 1389 eut lieu l’affrontement entre l’armée belligérante de l’Empire ottoman et l’armée serbe conduite par le prince Lazar. Ce fut une défaite pour les Serbes. Le prince Lazar y perdit la vie ainsi que la quasi-totalité de la noblesse serbe. A Paris, les cloches de Notre-Dame ont sonné le glas à la demande du roi Charles VI. S’en suivirent cinq siècles pour les Serbes à supporter la férule turque. En raison de cette charge historique, ce lieu est devenu mystique dans l’imaginaire collectif serbe. Témoin des vicissitudes de l’histoire, le village de Kosovo Polje a été décimé par une pluie d’attaques, de pillages et d’incendies lors des pogroms antichrétiens de mars 2004. Quelques années plus tard, alors que des Albanais se sont appropriés les terres des réfugiés, une poignée de famille s’est résous à réinvestir les lieux et à reprendre possession des terres de leurs ancêtres. Grâce à cette dizaine de familles, les Serbes étaient de retour à Kosovo Polje après une absence inédite d’une décennie.
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Reportage photo - À Novo Brdo le printemps revient toujours07 mai 2024
Les équipes de Solidarité Kosovo se sont rendues au complexe agricole de Novo Brdo avec l’arrivée des beaux jours. L’occasion de faire le tour des infrastructures agricoles sorties de terre en 2023 grâce au financement de l'association et de discuter avec les employés et les familles bénéficiaires des programmes d'aide alimentaire. La famille de Mila et Marija est l'une des soixante bénéficiaires du programme de serres agricoles distribuées par Solidarité Kosovo en 2023. C’est un rituel qu’elles n’échangeraient pour rien au monde. A peine sorties du lit, Mila et sa petite sœur Marija avalent en quatrième vitesse un petit-déjeuner avant de foncer sabot en plastique au pied dans la serre familiale. Le départ pour l’école est prévu dans 15 minutes. En attendant, elles s’adonnent à leur activité préférée : l’arrosage des plants de légumes et de fruits. Tout se passe dans un silence presque religieux. Pendant que les mains de l’aîné bichonnent les plantes, les yeux de la benjamine les admirent. Il y a de quoi être fasciné par cette nature qui de jour en jour germe, évolue, fleurit et se transforme ! Mais voilà papa qui appelle, c’est l’heure de l’école. Les adieux seront de courtes durées, les sœurs promettent de revenir juste après les devoirs. En attendant, maman poursuivra l’arrosage manuelle de la serre dont la production de légumes et de fruits permettra de subvenir aux besoins du foyer. En un an de programme, 30 000€ de serres agricoles ont été montées et installées par les hommes de Novo Brdo et du village voisin de Mogila L'éveil au cycle de la vie: la nature est le meilleur terrain de jeu pour apprendre. A quelques mètres de là, des ouvriers s’affairent, qui à fixer l’une des serres agricoles, qui à ériger la structure en acier d’une autre... Les bruits de disqueuse, perceuse et marteau perturbent à peine la quiétude de la campagne novo brdienne. Ce jour-là, il fait beau et flotte dans l’air comme un parfum d’été.Sous la direction de Svetlana, Directrice de la Soupe diocésaine, les hommes du village sont à la tâche pour construire quarante-huit serres dont bénéficieront autant de familles démunies des enclaves grâce au programme d’aide agricole initié par Solidarité Kosovo depuis 2017. Sanja, employée diocésaine arrose les plants de tomates et autres légumes qui seront utilisés dans la fabrication des 2 300 repas servis chaque jour par la soupe populaire Les serres permettent d’accroître le temps de culture et protègent les récoltes des oiseaux voraces. Les employés du complexe agricole aménagent les entrées des nouvelles serres Depuis 2015, Milan s’occupe des élevages laitier et bovin financés par Solidarité Kosovo. Son sourire doux et lumineux irradie un visage marqué par le temps et le travail ardu. Il s’appelle Milan. Il travaille à la ferme laitière depuis les débuts de l’activité en 2015. Il a enfilé ses bottes d’éleveur parce que c’était une évidence en tant que fils et petit-fils d’agriculteur. Il appartient à la 3e génération d’éleveurs bovins et espère que l’un de ses quatre enfants poursuivra la saga agricole. Autant dire que c’est un passionné entre les mains de qui, les 52 vaches de la ferme sont dorlotées. Et elles le rendent bien avec une production journalière de 300 litres de lait par jour dont une partie est transformée en 150 kg de fromage quotidiennement durant la période de traite de six mois. En ce mois d’avril, les vêlages ne sont pas complètement finis mais les premières naissances ont bel et bien sonné la fin de l’hiver. En tout cas, pour les vaches qui l’ont passé au chaud dans les stabus en attendant la délivrance. Dans un concert de meuglements, Milan distribue le foin à la fourche le foin et à la brouette. Il les rationne une par une pour « être sûre que chacune soit bien nourrie ». Une fois à sec de fourrage, il se réapprovisionne au hangar de stockage de foin qu’il utilise en partage avec ses collègues de la ferme caprine. Ici, on entrepose jusqu’à 17000 bottes pendant la saison des foins. Sur place, Miloš , berger de profession, embarque une botte carrée pour les 150 jolies chèvres alpines et quelques boucs qui composent le cheptel. Le veau qui vient de naître est l’objet de tous les soins et de toutes les attentions. Grâce à une aide de 25 000 € allouée par Solidarité Kosovo, ce parc à fumier a été construit en 2023. Il sert à stocker le lisier qui sera épandu sur les champs pour les fertiliser. Svetlana, directrice de la soupe diocésaine, rapporte que les engrais de ferme sont un élément essentiel de la fertilité des sols, à court terme par leurs effets fertilisants, à plus long terme par leurs effets matière organique. Les infrastructures du complexe agricole de Novo Brdo permettent de stocker du maïs et du foin pour nourrir les animaux. La ferme alpine est le premier bâtiment construit sous l’égide de Solidarité Kosovo, en 2013 Trente six employés travaille à la ferme de Novo Brdo. Ce sont des Serbes de la région qui peuvent ainsi vivre des fruits de leur labeur Agriculture artisanale et solution durable Construit pas à pas depuis onze ans, la ferme de Novo Brdo est un petit coin de paradis autonome. En faisant le choix d’un élevage diversifié – vaches laitières, bovins et chèvres- et en introduisant la polyculture –fourrage et céréales-, elle s’est progressivement inscrite dans un système de production auto-suffisant et résilient. 100% de l’alimentation des bêtes d’élevage est cultivé sur place. Idem pour la transformation de la production grâce aux ateliers de fromagerie, laiterie. Dernier bâtiment sorti de terre en 2023, l’atelier de fabrication d’ajvar, cette savoureuse purée de poivrons traditionnelle. Une partie de la production artisanale est distribuée aux familles, une autre est livrée à la soupe populaire et le reste est vendu en directe grâce au magasin du diocèse. Les recettes des ventes participent au financement des emplois de la ferme. La boucle de l’autonomie est ainsi bouclée. « Prendre soin des outils de travail » A Novo Brdo, vous l’aurez compris, tout se recycle, rien ne se perd. Pas même les engins et l’idée vient de lui. Igor est un as de la mécanique agricole. Les tracteurs, motoculteurs ou moissonneuses-batteuses n’ont pas de secret pour lui. Employé agricole, il a soumis une proposition à Svetlana, Directrice de la Soupe Diocésaine : créer un atelier de réparation pour engin agricole sur place. Économe, l’idée a plu et s’est concrétisée. Depuis, Igor est devenu réparateur sur site. Il ne sort de son hangar que pour tester les engins agricoles qu’il prend plaisir à repérer lui qui est mécanicien de profession mais pour qui « l’école de la débrouille » a été la plus formatrice. Financé à hauteur de 15 000 € par Solidarité Kosovo, l'atelier de réparation a pu être construit directement à la ferme de Novo Brdo permettant un gain de temps et d'argent considérable. Au centre du complexe agricole, une table protégée par un auvent comme on en trouve souvent au Kosovo offre un endroit paisible pour boire un café, recevoir les visiteurs ou profiter d’un moment de répit à la fin de la journée Grâce au nouveau hangar, les tracteurs ne seront plus garés à l’extérieur où ils subissaient les intempéries et étaient la cible de vols. L’atelier de réparation est bien équipé et sert autant pour la ferme de Novo Brdo que pour les Serbes du voisinage. C'est dans cette chambre froide que sont entreposés les bocaux de légumes pasteurisés dont ceux remplis d'ajvar issus de l'atelier artisanal construit en 2023 grâce au financement de l'association d'un montant de 19 000 €.
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Rénovation inédite de l’église Sainte-Dimanche de Prizren27 avril 2024
Dimanche 31 mars, les cloches ont sonné à la volée en France pour célébrer la fête de Pâques. En raison de la divergence calendaire grégorien et julien, il faut encore attendre le 5 mai pour rompre le carême très suivi au Kosovo et échanger en lieu et place des salutations « Hristos Voskrese ! », Christ est ressuscité! Pour les Serbes du Kosovo opprimés, cette solennité revêt un sens d’autant plus symbolique qu’elle célèbre la victoire de la vie sur la mort. Dans ce contexte d’espoir, Solidarité Kosovo s'est engagée dans un projet inédit et dont la récente histoire met justement en scène cette revanche de la lumière sur les ténèbres. Le projet se situe à Prizren, cette ville au passé glorieux et tragique, située au sud du Kosovo. Il est intiment lié à son établissement supérieur dédié à la formation des prêtres. Le séminaire de Prizren a déjà connu cent cinquante-deux ans d’histoire et de tumultes. Sa destinée suit celle du peuple serbe du Kosovo. Prestigieux dès sa création en 1872, le séminaire est la première école d’enseignement secondaire dans la région des Balkans. Des personnalités éminentes de la vie ecclésiale en sont diplômées. Parmi elles se trouve le patriarche Pavle qui est la personnalité religieuse la plus aimée du peuple serbe aujourd’hui encore, quinze ans après sa mort. Prise pour cible lors des pogroms antichrétiens de mars 2004,l’institution éducative est entièrement ravagée par les flammes. Réduite en cendres, elle interrompt son histoire jusqu’en 2016. Cette année-là, la première génération de séminaristes d’après-guerre réinvestit les lieux sacrés. Au fil des années, le séminaire reprend toute sa place dans une ville qui ne compte plus qu’une famille serbe sur les cinq mille chassées durant la guerre. Comment ne pas voir dans cette histoire non seulement l’incroyable résilience des chrétiens du Kosovo mais également, en ce temps pascal, le symbole du Christ, mis à mort mais ressuscité? Vingt ans après le pogrom, l’héritage chrétien renait de ses cendres Actuellement, vingt-sept jeunes gens du diocèse se préparent à devenir prêtres et se trouvent à différents stades de leur formation sacerdotale, de la première à la cinquième année. Il y a lieu de se réjouir que ce diocèse compte un nombre assez élevé de vocations, en provenance des enclaves du Kosovo et qui, d’une année sur l’autre, ne cesse d’augmenter. Cette tendance révèle que la violence subie par les Serbes du Kosovo n’impacte pas leur foi mais bien au contraire la renforce. Notre projet inédit au service des séminaristes de Prizren Le séminaire a été détruit en 2004. Au cours de cet incendie terroriste, l’église de l’institution a également péri. Située à quelques pas du séminaire, la paroisse Sainte-Dimanche (Sveta Nedelja) a été piégée par les flammes. Autrefois connue pour son magnifique parement de pierre et de brique typiquement byzantin, le sinistre a laissé place à un spectacle de désolation. Pour le séminaire, c’est un traumatisme qui dure toujours. Contrairement à l’école qui a été reconstruite à partir de 2011, l’église du séminaire n’a pu être que sécurisée à ce jour, faute de moyens. Il est grand temps de rendre à cet édifice du XIVe siècle sa splendeur d’antan! Solidarité Kosovo va financé la restauration de l’église Sainte-Dimanche pour la rendre au culte après une interruption de vingt ans. La rénovation du patrimoine chrétien fait partie de l’ADN de Solidarité Kosovo. En préservant et consolidant les joyaux de la culture chrétienne au Kosovo, notre action sert à la fois à la défense de la foi et de l’identité de la minorité serbe. Ce magnifique chantier commencera juste après la fête de Pâques, début mai, et sera confié aux mains expertes d’artisans serbes. Il nous tarde de montrer les photographies des travaux sur l’iconostase, la structure en bois, les sculptures, les peintures et dorures des murs ! Mais pour ce faire, Solidarité Kosovo a besoin de votre soutien pour réunir la somme de 30000 € et nous vous invitons à faire un don dès aujourd’hui pour permettre aux séminaristes de retrouver leur église. Vingt ans après le passage des flammes, ensemble nous pouvons faire passer l’église Sainte-Dimanche de la nuit du néant à la lumière de la vie. Nous vous donnerons rapidement des nouvelles de ce projet de rénovation si stratégique pour les Serbes du Kosovo et vous remercions pour votre soutien. JE FAIS UN DON Par votre don, vous avez le pouvoir de poursuivre un effort sur le long terme de rénovation du séminaire de Prizren. L’église Sainte-Dimanche n’attend que votre don pour retrouver son éclat passé.Imaginez demain les séminaristes de Prizren servir pour la première fois après vingt ans d’interruption la messe dans ce lieu saint grâce à votre mobilisation! N’attendez pas, les travaux de rénovation commenceront dans quelques jours et nous vous invitons à nous donner sans plus attendre les moyens de les réaliser.
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Convoi de Noël 2023: chaleur et amitié franco-serbe16 janvier 2024
Chaque convoi apporte son lot de joie, d’émotion et aussi d’indignation pour les volontaires qui découvrent la situation des Serbes du Kosovo en partageant un peu de leur quotidien. J’accroche sur mon réfrigérateur un dessin offert par une enfant de Donja Brudika. Derrière une maison à la cheminée fumante, un sapin de Noël tout illuminé égaye ce qui semble être un rude hiver compte tenu de l’épaisse couche de neige sur le toit. Cela fait près de cinq ans que je participe chaque hiver au convoi de Noël de Solidarité Kosovo et le retour est toujours aussi difficile. Je sais que durant plusieurs jours je vais assommer mes proches de phrases qui commencent invariablement par « vous savez, au Kosovo… » et qui donnent un détail historique, gastronomique, une anecdote amusante ou émouvante. Bien souvent, je relativise les petits inconforts du quotidien quand je compare mes soucis avec les conditions de vie des Serbes des enclaves. La vague de froid a fait chuter le mercure et refroidi mon appartement ? Ce n’est rien à côté de ces maisons mal ou pas isolées où la seule source de chaleur est un poêle à bois dans la pièce à vivre.Si ma famille écoute avec indulgence les récits de ce convoi, il est grand temps de partager ce récit avec les donateurs et les soutiens de Solidarité Kosovo dont la mobilisation a permis une année de plus de répandre la joie dans les enclaves serbes. Nous sommes le 26 décembre, la volontaire la plus matinale s’est levée à trois heures du matin pour prendre l’avion jusqu’à Belgrade où toute l’équipe a rejoint Mladen qui nous attend avec le minibus pour entreprendre la longue route vers le Kosovo. L’immense plaine qui entoure Belgrade se transforme peu à peu au fil des kilomètres pour devenir une chaîne de montagnes qu’il faut traverser en suivant le cours de la rivière Ibar. Il fait nuit depuis longtemps quand nous arrivons au poste administratif, comme une plaie béante qui rappelle qu’une partie de la communauté internationale veut arracher le Kosovo à la Serbie. Le passage se fait sans encombres mais quelques nouveautés sur la route laissent entrevoir les stigmates des tensions autour du monastère de Banjska. Les forces spéciales kosovares en ont bloqué les accès avec des postes de garde suréquipés. Le trajet nocturne permet aux nouvelles recrues de faire la différence entre les villages serbes où les maisons s’étalent des deux côtés de la route et les villes albanaises construites le long des voies de communication dans une débauche d’enseignes lumineuses, de magasins luxueux et de stations essence. Après ce long périple, nous sommes heureux d’arriver à l’auberge à Gracanica où nous profitons d’une bonne nuit de sommeil avant d’entamer les distributions. Retrouvailles avec nos amis serbes Les retrouvailles – chaleureuses – entre les volontaires français et les volontaires serbes se font aux aurores devant l’entrepôt du bureau humanitaire au monastère de Gracanica. Les nouveaux connaîtront bien vite l’humour de Milovan, la joie de vivre du père Serdjan, la gentillesse de Slavko et le rire de Marko.Cette année, les enfants recevront un grand paquet plein de surprises, de jouets et de fournitures scolaires. Comme ils ont déjà été préparés par les équipes de Solidarité Kosovo, nous n’aurons pas besoin cette année de reconstituer des paires de chaussures, d’atteindre avec difficulté des cartons aussi grands que moi pour récupérer les derniers vêtements… cela libèrera du temps que nous pourrons passer dans les écoles et auprès des familles que nous visiterons. Une fois les camions chargés, nous prenons la route de Kamenica, l’ancienne paroisse du père Serdjan, où les élèves de l’école de Korminjane nous attendent de pied ferme. Alors que nous descendons les quelques marches qui mènent à la cours, les enfants sortent de l’école avec de grands sourires. Milovan leur donne les directives et ils se mettent en rang d’oignon pour recevoir leurs cadeaux, puis ils s’installent sur les marches de l’entrée pour les déballer avant de poser pour la photo.Plus tard, nous allons à la crèche du village où, par un grand soleil, de jeunes enfants ont revêtus leurs plus beaux habits de Noël. Pulls de saison et bois de rennes en peluche sur la tête, ils seront pris en photo avant de partir pour les vacances. Nous voyons la première moitié des enfants et nous revenons l’après-midi pour distribuer leurs cadeaux au deuxième groupe. Pour les cinq absents pour cause de varicelle, les responsables de la crèche choisissent quelques jouets qui leur seront offerts une fois qu’ils iront mieux.Entre-temps nous avons livré un poêle à bois à la famille Pesic. En arrivant au pied de la maison, nous avons vu flotter un drapeau noir en haut du porche et le portrait funéraire du père de famille nous a accueillis tandis que sa veuve et sa fille nous ont offert un verre de rakija, l’eau de vie locale que chaque famille distille. Elles ont tenu à remercier les donateurs de Solidarité Kosovo grâce auxquels elles peuvent remplacer leur vieil appareil défectueux. Le témoignage de François-Marie J’étais enchanté de participer à un nouveau convoi de Noël avec Solidarité Kosovo. Si ce n’est que la deuxième fois que je passe une fin d’année aux côtés des Serbes du Kosovo, j’ai l’habitude de l’aide aux populations chrétiennes avec des associations françaises, notamment au Liban et en Arménie. Une nouvelle fois, je suis impressionné par la qualité de l’organisation du convoi. Rien n’est laissé au hasard par les volontaires chevronnés, Serbes du Kosovo eux-mêmes pour la plupart. Dès le premier jour de donation, après avoir distribué des fournitures scolaires dans des écoles de Korminjane, l’équipe de Volontaires, guidée par le père Serdjan, prêtre orthodoxe de Gracanica habitué des convois, se rend dans une très modeste maison dans le village de Kamenica. Le temps est magnifique en ce début d’hiver, les paysages agréables, des collines arborées entoure de très sobres demeures. Nous sommes accueillis par une vieille dame devant une de ces dernières. Les murs de l’habitation sont en parpaings enduits d’une fine couche de mortier et peints. L’isolation est très sommaire comme dans toutes les maisons serbes que j’ai vues au Kosovo. Nous sommes venus afin d’offrir un poêle à bois neuf à cette dame seule. Grâce à celui-ci, la dame pourra se chauffer et cuisiner. Je pense encore à cette dame. Isolée, avec quelques voisins, elle fait partie des derniers Serbes de ces collines, des derniers Serbes du Kosovo aussi. Elle ne se plaint pas mais, à la détresse de son peuple, à sa pauvreté visible, la vétusté de sa demeure a ajouté un récent drame : son fils est mort en 2023, électrocuté ici par la mauvaise installation de courant de sa maison. Peut-être cherchait-il à améliorer le confort de sa mère en bricolant. Avant de rentrer à Gracanica, le père Serdjan nous fait les honneurs de son ancienne église à Kamenica, une des rares à avoir été construite sous domination ottomane. De ce fait, elle devait respecter certaines règles : ne pas être plus haute que la mosquée, pouvoir se confondre avec une maison ou encore avoir un espace pour les femmes, en hauteur, derrière un claustra. L’école comme vecteur de lien social Le lendemain, nous retournons dans la région de Kamenica. Cette fois, la brume s’est levée et le froid est mordant, mais cela n’entame ni notre enthousiasme, ni celui des cinquante-huit élèves de l’école de Donja Brudika ! Dans la cour de cet établissement entièrement rénové par Solidarité Kosovo en 2018 et en présence de la presse locale, nous avons installé nos cartons et remis un paquet à chaque enfant un colis avec un cadeau et des fournitures scolaires. Qu’elles n’ont pas été notre surprise et notre joie quand les plus jeunes nous ont offert des dessins réalisés avec soin ! À la fin de la distribution, les enfants ont entonné en chœur la chanson traditionnelle « Oj Kosovo, Kosovo » et des élèves de quatrième ont récité un poème de bienvenue que Mladen nous a traduit dans la soirée. La directrice a souligné l’importance de cette école pour les Serbes de Donja Brudika qui peuvent ainsi s’assurer que leurs enfants recevront une bonne éducation, ce qui les encourage à rester et à ne pas quitter la région. Cernica, un village martyr Le contraste avec l’école de Cernica est saisissant ! On entre dans la cour par un porche qui ressemble plutôt à celui d’une maison, et pour cause ! Cela fait vingt-quatre ans qu’une maison individuelle a été adaptée en établissement scolaire pour accueillir les élèves des alentours. Une fois les cartons déchargés, huit classes se succèdent devant nous avec de grands sourires pour recevoir leurs cadeaux, dont des fournitures scolaires. Il y a quatre ans, l’école ne comptait que trois classes. Le directeur de l’école nous reçoit ensuite dans son bureau, une petite pièce qui fait également office de salle des professeurs et où le psychologue scolaire reçoit les élèves qui le souhaitent. Le curé de la paroisse nous raconte l’histoire tragique de ce village. En 1999, sept Serbes dont Milos, un enfant de 7 ans, ont été tués par des tirs de kalachnikov perpétrés par des Albanais qui sont venus d’ailleurs troubler l’harmonie qui régnait jusqu’alors entre les deux communautés. Il nous explique qu’il n’y a pas une seule maison, pas une seule ruelle qui n’a pas vu le sang couler. Depuis, les Serbes subissent d’importantes pressions pour vendre leurs terres, mais ils tiennent bon. Comme à Donja Brudika, c’est l’école qui fait rester la communauté de chrétiens. Comme le dit le directeur : « chacun de vos passages nous donne la volonté et le courage de rester. Je vous remercie pour votre aide, n’oubliez pas les enfants du Kosovo et de Métochie. » Le poêle à bois, le cœur du foyer Nous quittons l’école pour rendre visite à deux familles du village, éleveurs de moutons, et leur apporter un poêle à bois. Le poêle à bois est un élément indispensable dans chaque maison serbe. Il sert aussi bien à se chauffer qu’à cuisiner sans craindre des coupures de courant ou d’acheminement du gaz.Quand nous avons demandé au premier couple de quoi il avait besoin, le père nous a simplement répondu qu’avec plus de moutons ils vivraient probablement mieux.Ensuite, il nous a fallu traverser un ruisseau et avancer sur un chemin pour rejoindre un couple déjà âgé dont la maison se cache derrière une lourde porte de bois sculpté qui date certainement d’un autre siècle. Le poêle est déposé au pied de l’escalier qui mène à l’entrée, ce sont leurs cinq enfants qui les aideront à l’installer.Nous repartons le lendemain à l’est du Kosovo. À l’école Buivojce, il fait aussi froid que la veille, mais le soleil et les cadeaux réchauffent bien vite l’atmosphère. Ici, l’établissement est entouré par des maisons albanaises, mais la cohabitation se passe bien. Il y a même des enfants de la communauté rom qui viennent étudier ici. Les élèves reçoivent leurs cadeaux et prennent la pose avec plaisir avant de retourner en classe. Nous sommes invités à prendre un café avec les enseignants qui nous racontent leur parcours, l’évolution de la situation entre la doyenne qui prend sa retraite cette année et la plus jeune qui vient d’arriver. Nos échanges sont interrompus par une petite délégation d’élèves de CM1 qui nous remets un papier avec écrit « merci » en plusieurs langues et toutes leurs signatures. La musique comme langage universel C’est émus que nous nous dirigeons vers Novo Brdo, non pas pour visiter le complexe agricole qui s’agrandit chaque année, mais pour distribuer des poêles à bois. Nous sommes reçus par le père Stevo qui nous fait visiter son église à l’histoire extraordinaire. Pour la protéger des exactions des Ottomans, il a fallu dix mille personnes pour la déplacer pierre par pierre en trois jours depuis la forteresse sur les hauteurs de la ville jusqu’à son emplacement actuel. Malheureusement, les fresques du XIVe siècle n’ont pas pu être conservées. Le jour de notre venue, une iconographe que nous avions rencontrée il y a deux ans continuait son superbe travail. Ne travaillant que l’hiver, il lui faudra encore deux ans pour terminer les nouvelles fresques.Le père Stevo nous accueille ensuite chez lui et son fils interprète quelques chansons traditionnelles en s’accompagnant à la guitare. Ceux qui connaissent les paroles l’accompagnent volontiers et c’est à un véritable concert qui nous est offert.Cela nous a donné des forces pour livrer un poêle dans les hauteurs du village. Trois générations vivant sous le même toit avaient bien besoin de remplacer le leur. J’ai été particulièrement touchée par la grand-mère, vacillant sur ses deux jambes mais tellement digne ! La Métochie, terre menacée Sur le chemin de Gracanica, nous nous arrêtons pour un moment de grâce au monastère de Draganac situé à flanc de montagne, au bout d’une route sinueuse dans la forêt. Le père Xhristof nous fait visiter l’église et nous reçoit à l’hôtellerie où nous goûtons avec délice à une tisane préparée par les moines ainsi que du poisson fumé, de l’ajvar et d’autres mets adaptés aux règles du carême : pas de produits laitiers ni de viande.Si depuis le début du convoi nous sommes restés dans l’est du Kosovo, le quatrième jour nous partons pour la Métochie. Dans cette région dont le nom signifie "terre des églises", le peu de Serbes qui sont restés après la guerre et les pogroms vivent dans des enclaves très isolées.Nous posons donc nos cartons dans trois enclaves où la vie est particulièrement rude : Banja, Suvo Grlo et Crkolez. Comme toujours, notre venue est attendue avec impatience ! Et ce n’est pas seulement parce que nous apportons des cadeaux, des jouets ou des fournitures scolaires. C’est aussi parce que ce convoi symbolise les relations fraternelles qui unissent les Serbes et les Français, ce convoi rappelle aux chrétiens des enclaves que nous ne les abandonnerons pas ! À Crkolez, je suis toujours heureuse de revoir Alexa, Navana et tous leurs amis. Ils grandissent tellement d’année en année ! Nous avons terminé notre bref séjour en Métochie à Visoki Decani où le père Petar nous raconte à chaque passage l’histoire du monastère, de nous décrire ses particularités ou d’expliquer des points de théologie orthodoxe qui nous échappent.Si l’arrivée est paisible malgré les check-points de la K-For à qui nous devons laisser nos passeports pour entrer, le retour est brutal. Il faut traverser la ville de Decani qui est désormais à 100% albanaise et musulmane. Un gigantesque monument est dédié aux miliciens de l’UÇK, la milice qui a enlevé et tué des milliers de Serbes, de Roms et d’opposants politiques. Une nouveauté depuis cette année : un sigle lumineux outrageux comme on en trouve dans les villes touristiques clame « I love UÇK ». C’est donc avec un sentiment un peu amer que nous rentrons à Gracanica. Pour commencer la dernière journée de distribution, nous restons à Gracanica après avoir assisté à la liturgie dominicale. Nous apportons à Nada et à son frère Sinisa deux lits et une cuisinière pour meubler la maison qui leur est construite avec une aide gouvernementale. En effet, leur habitation actuelle est complètement insalubre et aggrave leurs problèmes de santé. Nada a tenu à remercier les volontaires et tous les donateurs de l’association « je vois qu’il y a encore de bonnes personnes, merci de nous permettre de démarrer une nouvelle vie. » Dernière journée au cœur des montagnes Ensuite, nous profitons qu’il n’y a pas de neige pour prendre le long et tortueux chemin qui mène au village de Bostane, en général impraticable en cette période de l’année. C’est d’ailleurs la première fois qu’un convoi de Noël y passe, pour le plus grand bonheur de la quinzaine d’enfant de cette enclave. Ils se pressent devant le camion où nous avons déposé notre tout dernier carton et nous leur offrons les cadeaux qu’il nous reste. Avant de repartir, nous continuons à pied sur le chemin pour profiter de la vue grandiose sur les montagnes alentour. On n’y voit pas une seule trace d’activité humaine, Bostane est vraiment très isolé et coupé du monde dès qu’il neige.En continuant la route sinueuse depuis Bostane, nous arrivons au hameau de Boljece où nous livrons notre dernier poêle à bois à une famille. Une fois l’appareil posé devant la maison, le père explique que ses voisins et amis lui prêteront main forte pour l’installer. Comme le dit le dicton local, c’est la solidarité qui sauve les Serbes, solidarité dont font preuve tous les soutiens de notre association ! Avant de rentrer nous préparer pour le réveillon, nous visitons les ruines de la forteresse de Novo Brdo. Les fouilles archéologiques y sont interdites, elles risqueraient de prouver que la présence serbe sur ces terres est bien antérieure à celle des Albanais… De retour à Gracanica, nous décidons d’apprendre « Oj Kosovo, Kosovo » pour la chanter le soir-même à nos amis serbes. Si l’interprétation a quelques lacunes, elle vient du cœur et, si la larme qui semble briller dans l’œil de Milovan en est une bonne indication, a su toucher l’âme de nos camarades. Avec des chants, des danses et beaucoup de rires, nous passons à la nouvelle année entre pairs, entre amis, entre frères, unis par les liens d’affection et de solidarité que nous avons créés tout au long du convoi.Personne ne revient tout à fait le même du Kosovo, même après plusieurs années, marqué par ce que nous avons vécu et vu : les rudes conditions de vie et les histoires parfois tragiques mais surtout le courage, la résilience, l’hospitalité et l’amitié du peuple serbe. Je laisse le mot de la fin aux élèves de quatrième de l’école de Donja Brudika qui, dans le poème qu’ils ont récité le jour de la distribution des cadeaux, ont formulé trois vœux.Le premier serait que tous les foyers au Kosovo aient un toit, de quoi se nourrir et surtout la santé.Le deuxième serait pour eux la plus grande source de joie, que l’amour entre leurs parents soit toujours aussi intense.Enfin, ils souhaitent que le dernier vœu soit le nôtre, à chacun d’entre nous, que nous en fassions bon usage et que nos souhaits et rêves se réalisent…Les équipes de Solidarité Kosovo font le vœu que, ensemble, nous puissions continuer à agir en faveurdes Serbes du Kosovo !
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Le convoi de Noël, contre vents et marées24 janvier 2023
Finalement, le 19e convoi de Noël a eu lieu, au grand soulagement des habitants des enclaves. Malgré les tensions à leur comble avec l’administration albanaise de Pristina et les barricades érigées au nord par les Serbes pour s’en protéger, Solidarité Kosovo a tenu à maintenir ce rendez-vous annuel très attendu. C’est dans ce contexte de crise qu’une équipe de 9 volontaires s’est lancée dans l’aventure du 26 décembre 2022 au 3 janvier 2023. Ils auront parcouru la province de long en large pour livrer 12 tonnes d'aide humanitaire d’une valeur dépassant les 90 000 euros. En plus de vêtements chauds et de chaussures neuves, des jouets pour les enfants, des fournitures scolaires et des poêles à bois, des troupeaux d’animaux ont été distribués pour favoriser l’élevage familial. Au total, 48 chèvres, 40 moutons et 5 vaches ont été remis aux familles les plus démunies du Kosovo-Métochie. Solidarité Kosovo vous invite à plonger dans le quotidien de ce convoi pas comme les autres grâce au témoignage touchant de Sterenn. Elle raconte l’expérience incroyablement humaine, hautement saisissante et enrichissante qu’elle a partagée avec huit autres volontaires, Diane, Solenn, Aleksandra, George, Henri, François-Marie, Andreï et Mladen. « Ça chauffe en ce moment au Kosovo, tu pars quand même ? » Voilà la question inquiète du père d’une volontaire, quelques jours avant le départ. Alors qu’en France nous préparions les festivités de Noël, les Serbes du nord du Kosovo dressaient des barricades pour empêcher les forces spéciales kosovares de sévir à Mitrovica. Mais pour les volontaires, pas question de manquer le rendez-vous ! Le 26 décembre, nous prenons donc l’avion depuis les quatre coins de la France pour rejoindre le chef de convoi qui nous attend pour traverser la Serbie jusqu’au sud. Pour les sept nouveaux, c’est l’aventure qui commence car la plupart ne sont jamais venus en Serbie. Durant les six heures de trajet, le chef de convoi rappelle les consignes de sécurité et nous met au courant du programme de la semaine. Il nous apprend également que la veille de notre arrivée, le Patriarche de l’Église orthodoxe serbe, sa Sainteté Prophyre, a été interdit d’entrer au Kosovo, comme Arnaud Gouillon en 2018. Nous avons conscience que tout peut arriver au poste administratif de Merdare, alors on se prépare pour le pire en espérant le meilleur. Rarement un convoi a passé les contrôles aussi vite ! Milovan, du bureau humanitaire, qui était venu à notre rencontre en cas de problème nous guide jusqu’à Gracanica, le point de base de toutes les opérations. Arrivés au konak, l’auberge, nous partageons un repas traditionnel fait de viandes grillées et de salade d’hiver, avec bien sûr de la rakija et une pogaca, ce pain que l’on coupe en suivant un rituel bien précis. Il faut prendre des forces car la journée du lendemain sera chargée ! Prendre le rythme À neuf heures, nous sommes devant l’entrepôt de Gracanica, là où sont stockés les cartons de vêtements, chaussures et de jouets récoltés auprès d’entreprises françaises et livrés quelques semaines plus tôt. Nous y retrouvons le père Serdjan, Slavko, Marko, les volontaires serbes. Pour les uns, ce sont de chaleureuses retrouvailles, pour les autres de nouvelles rencontres ; mais il n’y a pas de temps à perdre, Milovan donne les directives : il faut charger le nécessaire pour plus d’une centaine d’enfants ainsi que de robustes poêles à bois de fabrication serbe que nous offrirons à plusieurs familles. Très vite, notre groupe prend ses marques et organise efficacement le chargement. Le soleil se couche très tôt dans cette région et il faut profiter de tous les moments avant la nuit qui tombe dès 16 heures. Une fois les camions pleins, nous prenons la route de Strpce, dans le sud du Kosovo. En nous éloignant, nous pouvons voir que la grande plaine qui entoure Pristina est noyée dans un nuage gris de pollution qui se fond dans le ciel bleu. Sa centrale à charbon en fait la ville la plus polluée d’Europe. À l’horizon se dessinent les montagnes aux cimes enneigées, près de la Macédoine. Premier arrêt, nous déchargeons et disposons les cartons devant la première école. Le directeur nous prévient : il y a plus d’une centaine d’enfants. Il faut sortir les petites tailles d’abord, pour les classes les plus jeunes qui forment déjà une longue file. Les élèves plus âgés sont en cours, mais de temps en temps un visage curieux surveille ce qui se passe à l’extérieur. Les uns après les autres, les enfants munis d’un sac reçoivent des vêtements, des chaussures, des jouets et des fournitures scolaires. Nous nous débrouillons comme nous pouvons pour demander la taille ou l’âge avec deux ou trois mots de serbe ou d’anglais. Régulièrement les serbophones viennent à la rescousse pour traduire la bonne pointure ou des mots de remerciement. Une fois la distribution achevée et les cartons remballés, les nouveaux volontaires découvrent le plaisir de partager un café et une rakija, de l’eau-de-vie, avec nos hôtes. L’occasion pour ces derniers de nous faire part des difficultés du quotidien dans leur village. Puis nous repartons à quelques kilomètres de là, dans une autre école, moins grande, avec des élèves plus jeunes. Pour eux nous descendons un énorme carton de jouets et jeux en tout genre. Avant de repartir, une jeune fille nous dit quelques mots en anglais, brisant la barrière de la langue : « Merci de votre aide, vous êtes des gens bien. » Que lui répondre à part que leur courage et leur résilience sont pour nous une source de motivation autant qu’un exemple à suivre. Cette première journée s’achève par la livraison de deux poêles à bois à plusieurs familles de la région. En Serbie en général et à la campagne en particulier, le poêle à bois est le cœur du foyer. Il sert à la fois à chauffer la maison et à cuisiner. D’ailleurs, un proverbe serbe dit que lorsque l’on déménage, c’est la dernière chose que l’on retire. Course poursuite dans la montagne Pour la deuxième journée, nous nous rendons à l’est du Kosovo, près de Kamenica où officie le père Serdjan. Nous y offrirons nos habituels cadeaux aux enfants et nous remettrons également du bétail à quelques familles. Le premier arrêt se fait dans la cour d’une maison où nous avons rejoint des employés du complexe agricole de Novo Brdo, financé par Solidarité Kosovo. Sous le regard émerveillé du fils aîné, une vache de belle taille descend du camion. Elle est stressée, mais les bons soins qui lui sont prodigués la rassurent et elle se laisse conduire à l’étable. Pour sa nouvelle famille, son arrivée leur permettra de gagner en autonomie alimentaire car elle leur donnera du lait pour faire du fromage ou du kajmak, un mets délicieux entre le beurre et le fromage. Nous nous rendons ensuite dans une école primaire où nous sommes attendus de pied ferme. Située sur une hauteur, on aperçoit d’en bas deux petits garçons qui accourent à notre arrivée avant de prévenir la directrice. Notre équipe est désormais bien rodée et les cartons s’alignent au pied du camion. Le père Serdjan donne les consignes aux enfants qui, le sourire aux lèvres et les yeux qui pétillent, attendent sagement leur tour. Ils reviennent les bras chargés de manteaux, chaussures et jouets qu’ils sont impatients de déballer. Les professeurs en rappellent certains à l’ordre : d’abord la traditionnelle photo de groupe, ensuite ils pourront examiner leurs cadeaux de plus près. Après un café, nous déposons quelques cartons supplémentaires pour la crèche avant de repartir livrer un poêle à une famille un peu plus loin. Nous sommes reçus par le père qui élève seul ses trois garçons, de solides gaillards au regard franc. Nous ne pouvons pas refuser un verre de rakija avant de repartir, dans un collège/lycée. Nous déchargeons les camions sur le terrain de sport et plus d’une centaine d’élèves se presse, classe par classe, de venir recevoir à leur tour des vêtements, des chaussures ou des fournitures scolaires. Au bout de quelque temps, quelle n’est pas notre surprise de voir trois soldats américains de la KFor assister sur le côté à la distribution. Les enfants repartent avec un grand sourire aux lèvres, disant « hvala » ou « merci ». Nous terminons la journée dans un hameau dans les hauteurs où nous livrons une machine à laver à une famille où, une fois encore, le père élève seul ses cinq enfants dont le plus jeune est handicapé et a notamment besoin d’un lit spécial. Nous leur apportons également des moutons. Mais si la vache en début de journée n’avait pas fait d’histoire, les ovins nous ont donné du fil à retordre ! Juste après être descendus du camion, une partie d’entre eux a pris la poudre d’escampette, donnant lieu à une course poursuite mémorable dans les collines. Avant de rentrer à Gracanica, nous repassons par Kamenica où le père Serdjan nous fait les honneurs de son église. Construite sous domination ottomane, les bâtisseurs ont dû se conformer aux lois musulmanes. Ils ont notamment créé un espace séparé pour les femmes, situé en hauteur avec une claie pour les soustraire aux regards des hommes. Retour à Visoki Decani Pour la troisième journée, nous mettons le cap à l’ouest du Kosovo vers la Métochie, dont le nom signifie littéralement « terre des églises ». C’est là que se trouvent notamment le patriarcat de Pec et le monastère de Visoki Decani. Dans cette région, les Serbes sont encore plus minoritaires que dans le reste du Kosovo. On trouve encore plus qu’ailleurs des monuments à la gloire des terroristes de l’UÇK, d’immenses drapeaux albanais, américains ou kosovars qui flottent au vent. Nous nous rendons dans trois enclaves particulièrement isolées : Banja, Suvo Grlo et Crkolez. Nous sommes accueillis par Pajo, un des plus vieux amis de Solidarité Kosovo. Il a appris le français au contact des soldats de la KFor en poste dans son village, ce qui lui a permis de servir de guide et d’interprète à Arnaud Gouillon lors des tout premiers convois de Noël. Il nous reçoit à déjeuner dans sa maison et, avant toute chose, nous nous prêtons à une tradition de bienvenue ancienne : la maîtresse de maison nous présente un plateau avec des verres d’eau et un pot de confiture. Chaque convive prend un verre et une cuillère de confiture. Une fois le rituel accompli et le bénédicité récité, le repas peut commencer ! Nous allons ensuite sur la place de chacun des trois villages pour procéder à la distribution. Tous les enfants nous attendaient avec impatience parce que si notre venue annonce des cadeaux, elle est surtout une occasion rare de rencontrer des gens en dehors de leurs enclaves. Et quel plaisir pour les plus anciens volontaires de reconnaître les jeunes d’une année à l’autre et de les voir grandir. Cela nous rappelle que le soutien que nous offrons n’est pas seulement matériel, il est aussi moral et fraternel. Nous sommes fiers de faire vivre ainsi l’amitié franco-serbe ! Nous terminons cette journée par la visite du monastère de Visoki Decani, toujours protégé par les soldats de la KFor. À cause du covid, nous n’avions pas pu y retourner depuis trois ans et si l’hôtellerie est toujours fermée, le père Petar nous a raconté la riche histoire des lieux et a ouvert le sarcophage du roi Stefan Decanski, le fondateur du monastère. Nous quittons la paix et la tranquillité de Decani pour regagner le konak et nous devons traverser la ville désormais entièrement albanaise dans une débauche de lumières et de drapeaux étrangers, un cruel contraste avec la pauvreté et la simplicité des enclaves dans lesquelles nous nous sommes rendus ce jour-là. Un accueil traditionnel Retour à l’est du Kosovo pour ce quatrième jour, direction Novo Brdo, là où se trouve le complexe agricole financé par Solidarité Kosovo pour permettre aux Serbes d’atteindre l’autonomie alimentaire. Cette politique est complétée par des actions directement auprès des familles, par le don de serres ou de bétail, comme lors de notre premier arrêt, où nous avons livré un petit troupeau de chèvres. Elles auraient bien voulu s’échapper comme les moutons deux jours plus tôt, mais c’était sans compter sur les deux bergers yougoslaves, une race de chiens élevée pour protéger les bêtes des attaques de loups et d’ours, et aujourd’hui des vols et des attaques perpétrées par les Albanais radicaux. Ensuite, nous donnons à une autre famille une machine à laver. Sur le perron, trois générations de femmes nous accueillent avec dignité. En voyant les enfants s’avancer timidement, quelques volontaires retournent au camion chercher des vêtements et des jouets à leur offrir. Nous n’avons malheureusement pas le temps de nous attarder, nous sommes attendus à l’école de Novo Brdo. Alors que nous garons les camions le long du bâtiment, quelle n’est pas notre surprise de voir tous les élèves en tenue traditionnelle ! Ils nous réservent un accueil chaleureux et pluriséculaire en nous présentant du pain et du sel. Ils se mettent en place pour interpréter quelques airs populaires. Une petite fille en particulier a ravi le cœur de tout le monde par sa belle voix et les émotions qu’elle a su nous faire ressentir, sans même que nous comprenions les paroles.Quand les enfants se mettent en ronde pour danser le kolo, la danse traditionnelle serbe, nous avons bien envie de les rejoindre mais, faute de connaître les pas, nous nous contentons de les regarder. Les vêtements que nous leur distribuons ensuite ne sont pas aussi beaux que les jolies tenues qu’ils arborent, transmises de génération en génération, mais les enfants pourront ranger dans leurs armoires des manteaux chauds et de solides chaussures pour l’hiver. Les professeurs et le père Stevo nous invitent à prendre un café, et une rakija pour les plus audacieux, avant de repartir. Avant de pouvoir quitter le bâtiment, tous les enfants viennent faire un câlin au père Serdjan, puis aux volontaires. C’est très émus que nous rejoignons l’école de Bostan. Si l’accueil est plus classique, il n’en est pas moins chaleureux. Comme toujours, la distribution est efficace et bien vite, la quarantaine d’élève peut rentrer chez elle les bras chargés de cadeaux, non sans avoir auparavant reçu des courriers écrits par les lycéens d’un établissement d’Angers, participant à resserrer un peu plus les liens qui unissent les Français et les Serbes. Les professeurs nous invitent à une collation et le directeur nous raconte son parcours. Né dans la région, il est parti pour étudier en Serbie centrale avant de revenir s’installer au Kosovo. Nous lui demandons si la vie n’est pas plus difficile ici, il nous répond « oui, bien sûr, il y a beaucoup de tensions, mais ici c’est chez moi. » Il nous reste encore un poêle à livrer dans un des plus beaux endroits que nous avons vu lors de ce convoi, une ferme en bordure d’un bois, entourée par les montagnes. Nous savons qu’en France de nombreuses personnes seraient prêtes à payer cher pour acheter un terrain dans un lieu similaire, mais ici ce n’est que synonyme d’isolement. Nous avons eu de la chance car il n’a pas neigé, mais c’est un endroit que les intempéries peuvent vite couper du monde. Avant de rentrer, nous visitons la ferme de Novo Brdo. Depuis la route, nous voyons des troupeaux de moutons et de chèvres paître tandis que les agneaux restent bien au chaud dans l’étable. Les employés s’amusent de nous voir, nous citadins, nous émerveiller devant ces animaux. La perle de Métochie Le programme du cinquième et dernier jour est resté vague jusqu’au bout. Nous ne savions pas s’il serait possible de retourner en Métochie, dans l’enclave de Orahovac, cernée par les Albanais, ou dans le village de Velika Hoca où quelques semaines auparavant les forces spéciales kosovares ont confisqué plusieurs milliers de litres de vin sous des prétextes fallacieux. Quand bien même les recours des viticulteurs spoliés aboutiraient, les autorités ont fait exprès de mélanger les trois cépages dans une seule cuve, ruinant ainsi le fruit de plusieurs années de travail. Milovan nous donne le feu vert et nous chargeons ce qui reste de cartons avant de partir cap à l’ouest. Dès l’arrivée à Orahovac les tensions sont plus palpables. Ici, le quartier chrétien est ceint de barbelés pour protéger la minorité serbe. Au bout de la rue, on aperçoit de hauts minarets et partout autour, les drapeaux albanais donnent le ton. Ici, les enfants ne courent pas dans les rues malgré leur excitation. Il y a des voitures qui passent et la plupart ne sont pas amies. Alors sur la place étriquée, nous disposons nos cartons et nous offrons à ces jeunes ces quelques cadeaux. Nous quittons cette prison à ciel ouvert pour nous rendre « au petit mont Athos », le surnom donné à Velika Hoca en raison de ses nombreuses églises. C’est sous un soleil éclatant que nous distribuons aux enfants tout ce qu’il nous reste de jouets, de fournitures scolaires, de vêtements et de chaussures. Avant de quitter le village, au cœur de son église pluricentenaire, le prêtre de la paroisse nous a rappelé les mots de saint Matthieu : « on peut tuer les corps, mais on ne peut pas tuer les âmes », avant de remercier toutes les personnes qui rendent possibles les actions de Solidarité Kosovo. Ce sont tous nos efforts combinés qui permettent aux chrétiens de rester sur leurs terres millénaires. Nous rentrons à Gracanica où, Français et Serbes, nous célébrons ensemble le jour de l’An autour d’une belle tablée, par des chants, des danses et des promesses d’amitié indéfectibles. Le lendemain, nous retournonsà Belgrade pour rendre compte de notre mission à Arnaud Gouillon.Nous gardons le souvenir des sourires des enfants, de la dignité de leurs parents et de l’amitié sincère qui unit le peuple français au peuple serbe et que nous voulons continuer d’honorer. Sur le chemin du retour en France, une partie de l'équipe des volontaires s'est rendue au temple Saint Sava à Belgrade
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Création d’un atelier de fabrication artisanale de jus de fruits06 juin 2022
Tout au long de l’année, les équipes de la soupe populaire cultivent délicatement les champs et les vergers du diocèse. Quand vient le temps de la récolte, les fruits et légumes sont utilisés pour la confection des repas et distribués aux familles démunies. Dans l’intention de pouvoir conserver ces aliments nutritifs de saison pour en profiter tout au long de l’année, particulièrement au cours de l’hiver où ils font cruellement défaut, Solidarité Kosovo développe depuis plusieurs années des projets de transformation des aliments. En 2016 nous inaugurions la conserverie de légumes à Mogila dans l’Est du Kosovo, plus tard nous créions une confiturerie à Novo Brdo. Cette année nous avons grâce à vous pu ouvrir une unité de fabrication de jus de fruits à Gračanica. Après la conserverie vient l’atelier de jus de fruits Chaque année, c'est la même chose : quand les vergers diocésains commencent à donner, les équipes de récolte croulent sous les fruits. Cela commence avec les fruits rouges ; viennent ensuite les prunes, abricots et pêches ; puis les raisins, poires, pommes viennent clore la saison. La majeur partie de la récolte est immédiatement consommée et utilisée pour la confection des repas. Une quantité importante de fruits est également transformée en confitures et pâtes de fruit mais malheureusement une partie des fruits de saisons que l’on ne parvenait pas à utiliser avant qu’ils ne s’abiment était perdue. A présent, grâce à la transformation en jus de fruit qui est opérée dans le nouvel atelier agricole de Solidarité Kosovo, l’entièreté de la récolte de fruits issue des terres diocésaines est valorisée. Les breuvages pourront désormais être distribués aux familles nécessiteuses tout au long de l’année. Valoriser les fruits de saison par leur transformation Sortie de terre ce printemps sur le complexe agricole de Gračanica, l’unité de fabrication de jus de fruits constitue un nouveau maillon de la chaîne d’autosuffisance alimentaire des Serbes du Kosovo-Métochie. D’un montant total de 70.000euros, l’atelier a été mis en fonction en avril après avoir été béni par l’évêque du Kosovo-Métochie, Monseigneur Théodose, lors de la cérémonie d’inauguration. Depuis, il assure une production capable d’approvisionner à la fois le séminaire de Prizren ainsi que tous les monastères du Kosovo. Une autre partie des délicieux jus de fruits sont destinés aux besoins de la soupe diocésaine. Enfin, le reste de la production est vendue dans l’échoppe de la soupe diocésaine. L’atelier de fabrication de jus de fruits génère ainsi de nouvelles opportunités économiques. A commencer par la création de deux emplois sur le site de production dont le financement sera en partie assurée grâce aux profits générés par la vente des jus de fruits. Des jus de fruits comme vous n’en avez jamais bu ! Dans les enclaves serbes, le Coca-Cola reste rare et la plupart des boissons sont issues de l’agriculture locale de la région. Ces breuvages locaux précieux et rares ont un goût particulier pour les Serbes car ils leur rappellent des moments des plus festifs. Anniversaires, Noël, Pâques, fin d’année scolaire, à l’occasion de ces célébrations, les jus de fruits artisanaux sont de la partie. Confectionnés avec soin, ils trônent sur toutes les tables aux côtés de gourmands mets faits-maison. Grâce à cette nouvelle unité de fabrication, les occasions de boire de savoureux breuvages locaux seront plus fréquentes. Alors souhaitons-leur que les fruits se pressent davantage !
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Monseigneur Théodose : figure spirituelle du Kosovo-Métochie30 mai 2022
L'évêque Théodose, de son nom de baptême Živko Šibalić, est né le 29 juin 1963 à Čačak, une petite ville de province située à deux heures de route au sud de Belgrade. Il est le deuxième fils de Milan et de Biljana, qui a rejoint l’abbaye de Gorioc au Kosovo-Métochie.Après des études secondaires à Užice, il étudie à la Faculté de théologie de Belgrade dont il sort diplômé.À dix-sept ans, le jeune Živko visite pour la première fois le monastère de Visoki Decani. C’est un séjour décisif qui lui confirme sa vocation. Avec une foi profonde, une espérance sans limites et un grand amour pour le Christ, il décide de se consacrer à la vie monastique et de s'abandonner au service de Dieu. Le 6 janvier 1987, il prend l'habit religieux pour commencer son noviciat au monastère de Crna Reka près de Novi Pazar. Le 21 novembre 1989, il est ordonné moine, recevant le nom religieux de Théodose. Il devient abbé à 29 ans en pleine guerre En mars 1992, il s'installe avec plusieurs moines de Crnoreka au monastère de Visoki Decani, où l'évêque de Raska et Prizren le nomme gardien du monastère et lui décerne le rang d'abbé le 22 octobre 1992. Jeune abbé de vingt-neuf, Père Théodose entreprend immédiatement le renouveau spirituel et matériel du monastère où trente jeunes moines se réunissent en quelques années. De nombreuses activités se développent dans le monastère: sculpture sur bois, peinture d'icônes, fabrication de bougies, édition, etc. Même le vignoble du monastère de Velika Hoča près d'Orahovac reprend du service. On y produit du vin et du brandy traditionnels qui perpétuent la tradition séculaire des moines de Decani. L’arrivée du Père Théodose à la tête du monastère Visoki Decani ressemble à chemin de croix tant les circonstances sont chaotiques. A cette époque, la guerre gronde en Croatie et Bosnie voisines et finit par se propager du Kosovo-Métochie. En 1998, le jeune abbé et ses frères accueillent les premiers réfugiés serbes. Après le déclenchement du conflit armé et le bombardement de la Serbie par l'OTAN au début de 1999, le monastère de Decani organise une aide humanitaire pour les habitants de la région de Decani. Ils distribuent des colis contenant de la nourriture et du matériel d'hygiène. Ils s’arrêtent à chaque maison qu’elle soit serbe, rom ou albanaise, ne faisant pas de différence entre ceux qui souffrent et qui ont besoin d’aide. « J'ai moi-même été exposé aux bombes de l'OTAN, puis à des attaques armées d'extrémistes albanais suite auxquelles, grâce à la protection du Saint Roi Stefan de Decani, le monastère est resté intacte. » confie-t-il. Guidé un peuple en souffrance En juillet 1999, les armes se taisent au Kosovo et les Serbes deviennent des citoyens de seconde zone sous le regard médusé de la communauté internationale. Au paroxysme de la violence contre les Serbes, les pogroms de mars 2004 meurtrissent le diocèse Raska-Prizren provoquant la destruction de 35 sanctuaires orthodoxes et chassant plus de 5 000 Serbes de leurs foyers. Cette période qu’il qualifie aujourd’hui « des plus sombres et tristes » sera déterminante dans l’itinéraire du Père Théodose. Il ne cessera dès lors de déployer des efforts pour préserver la vie des Serbes au Kosovo et favoriser le retour des refugiés dans leurs foyers d’origine. Afin de renforcer l'activité de l'Église dans ce domaine, le Saint-Synode des évêques de l'Église orthodoxe serbe, lors de sa session ordinaire du 10 au 19 mai 2004, a décidé d'élire l'abbé Théodose évêque de Lipljan, vicaire du diocèse de Raska et Prizren, basé au monastère Visoki Decani. Baptiseur du partenariat avec Solidarité Kosovo En 2011, l’évêque Théodose croise le chemin de l’ONG Solidarité Kosovo. Leurs objectifs humanitaires en faveur des Serbes du Kosovo se confondent et ils décident d’unir leurs efforts dans un partenariat humanitaire exclusif liant l’Église du Kosovo à l’association humanitaire. Onze ans plus tard, plus de vingt projets agricoles, éducatifs, culturels, de rénovation religieuses ont été mise en œuvre grâce à cette alliance. Chaque inauguration, la bénédiction pratiquée par Monsiegneur Théodose est l’occasion de rappeler le lien ténu tissé entre l’^évêque et l’association au profit du peuple serbe.
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À Novo Brdo, deux chantiers simultanés10 novembre 2021
Un neuvième bâtiment est en train de sortir de terre sur le complexe de Novo Brdo : il s’agit d’un hangar de stockage qui permettra de ranger chaque jour l’ensemble du matériel agricole du complexe. Il aura deux vertus : d’abord, de protéger ce matériel des intempéries, notamment l’hiver, et ainsi d’augmenter sa durée de vie ; ensuite, de le protéger des vols, hélas fréquents dans les enclaves. Non loin de ce premier chantier, un deuxième est également en cours : l’érection d’une clôture autour d’un vaste espace de prés et de pâturages. L’objectif est d’offrir plus de place au bétail de la ferme, là aussi à l’abri des vols, et ainsi d’améliorer encore la qualité de vie des animaux du complexe. Ces chantiers devraient être achevés avant le printemps.
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Des serres agricoles pour 33 familles10 novembre 2021
C’est devenu une opération récurrente depuis 2016 : chaque année, nous offrons une serre agricole à une trentaine de familles un peu partout au Kosovo-Métochie. Cette année, 33 familles ont bénéficié de cette opération, 33 familles qui cultivaient déjà des fruits et légumes. Sans serre, le climat du Kosovo empêche de cultiver quoi que ce soit environ de septembre à mai ; avec une serre, cette période est réduite de novembre à mars ou avril. Ces familles gagnent donc trois à quatre mois de récoltes, ce qui doit normalement leur permettre de suffire à leurs propres besoins, voire de commercer avec leurs voisins et de se dégager un petit revenu supplémentaire. Mesurant dix mètres sur cinq, ces serres sont calculées pour une famille de cinq personnes. Plusieurs serres de trente mètres sur huit ont également été offertes à la soupe populaire, qui pourra ainsi augmenter encore sa production pour faire face à une demande qui hélas ne faiblit pas…
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À Gracanica, un atelier de jus de fruits10 novembre 2021
Directrice de la soupe populaire, Svetlana Stevic est un de nos interlocuteurs quasi-quotidiens depuis plusieurs années. Elle revient avec nous sur le nouveau chantier qui anime depuis quelques semaines les hauteurs de Gracanica, à quelques centaines de mètres de notre bureau humanitaire. Solidarité Kosovo : Quel est ce nouveau chantier ? Svetlana Stevic : Nous sommes actuellement en train de faire construire un atelier de fabrication de jus de fruits. Il transformera en jus des fruits produits dans toute la région de Gracanica, ce qui permettra d’abord d’éviter du gaspillage, certains étant parfois obligés de jeter ce qu’ils ne pouvaient ni consommer eux-mêmes ni vendre. Mais ça permettra ensuite à des habitants de la région de diversifier leur production pour nous vendre des fruits, ce qui leur donnera une source de revenus complémentaires. Ainsi, cet atelier donnera du travail non seulement aux quatre personnes que nous embaucherons pour le faire tourner, mais aussi à d’autres habitants des environs… Où partira la production de cet atelier ? Une partie partira directement à la soupe populaire, que je gère. Nous pourrons ainsi diversifier les repas que nous offrons aux familles les plus pauvres… Une partie sera distribuée dans l’enclave de Gracanica pour améliorer l’ordinaire des familles de la région. Nous espérons que bientôt tous les enfants de l’enclave pourront boire du jus de fruits à leur anniversaire ! Une autre partie enfin ira dans les monastères de tout le Kosovo-Métochie, d’abord pour l’usage des moines et religieuses, mais aussi pour leurs boutiques. Enfin, nous fournirons quelques épiceries, notamment celle que nous avons ouverte à Mitrovica avec Solidarité Kosovo ! Où en est le chantier ? Il avance bien ! Il a été béni en septembre en présence de Monseigneur Téodose, qui est très impliqué dans le projet, et depuis tout se passe bien. Le bâtiment devrait être fini avant l’hiver, et l’installation intérieure sera prête pour traiter les premiers fruits de la saison à venir. Nous avons hâte de goûter nos premiers jus !
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