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Rénovation inédite de l’église Sainte-Dimanche de Prizren

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Rénovation inédite de l’église Sainte-Dimanche de Prizren

27 avril 2024

Dimanche 31 mars, les cloches ont sonné à la volée en France pour célébrer la fête de Pâques. En raison de la divergence calendaire grégorien et julien, il faut encore attendre le 5 mai pour rompre le carême très suivi au Kosovo et échanger en lieu et place des salutations « Hristos Voskrese ! », Christ est ressuscité! Pour les Serbes du Kosovo opprimés, cette solennité revêt un sens d’autant plus symbolique qu’elle célèbre la victoire de la vie sur la mort. Dans ce contexte d’espoir, Solidarité Kosovo s'est engagée dans un projet inédit et dont la récente histoire met justement en scène cette revanche de la lumière sur les ténèbres. Le projet se situe à Prizren, cette ville au passé glorieux et tragique, située au sud du Kosovo. Il est intiment lié à son établissement supérieur dédié à la formation des prêtres. Le séminaire de Prizren a déjà connu cent cinquante-deux ans d’histoire et de tumultes. Sa destinée suit celle du peuple serbe du Kosovo. Prestigieux dès sa création en 1872, le séminaire est la première école d’enseignement secondaire dans la région des Balkans. Des personnalités éminentes de la vie ecclésiale en sont diplômées. Parmi elles se trouve le patriarche Pavle qui est la personnalité religieuse la plus aimée du peuple serbe aujourd’hui encore, quinze ans après sa mort. Prise pour cible lors des pogroms antichrétiens de mars 2004,l’institution éducative est entièrement ravagée par les flammes. Réduite en cendres, elle interrompt son histoire jusqu’en 2016. Cette année-là, la première génération de séminaristes d’après-guerre réinvestit les lieux sacrés. Au fil des années, le séminaire reprend toute sa place dans une ville qui ne compte plus qu’une famille serbe sur les cinq mille chassées durant la guerre. Comment ne pas voir dans cette histoire non seulement l’incroyable résilience des chrétiens du Kosovo mais également, en ce temps pascal, le symbole du Christ, mis à mort mais ressuscité? Vingt ans après le pogrom, l’héritage chrétien renait de ses cendres Actuellement, vingt-sept jeunes gens du diocèse se préparent à devenir prêtres et se trouvent à différents stades de leur formation sacerdotale, de la première à la cinquième année. Il y a lieu de se réjouir que ce diocèse compte un nombre assez élevé de vocations, en provenance des enclaves du Kosovo et qui, d’une année sur l’autre, ne cesse d’augmenter. Cette tendance révèle que la violence subie par les Serbes du Kosovo n’impacte pas leur foi mais bien au contraire la renforce. Notre projet inédit au service des séminaristes de Prizren Le séminaire a été détruit en 2004. Au cours de cet incendie terroriste, l’église de l’institution a également péri. Située à quelques pas du séminaire, la paroisse Sainte-Dimanche (Sveta Nedelja) a été piégée par les flammes. Autrefois connue pour son magnifique parement de pierre et de brique typiquement byzantin, le sinistre a laissé place à un spectacle de désolation. Pour le séminaire, c’est un traumatisme qui dure toujours. Contrairement à l’école qui a été reconstruite à partir de 2011, l’église du séminaire n’a pu être que sécurisée à ce jour, faute de moyens. Il est grand temps de rendre à cet édifice du XIVe siècle sa splendeur d’antan! Solidarité Kosovo va financé la restauration de l’église Sainte-Dimanche pour la rendre au culte après une interruption de vingt ans. La rénovation du patrimoine chrétien fait partie de l’ADN de Solidarité Kosovo. En préservant et consolidant les joyaux de la culture chrétienne au Kosovo, notre action sert à la fois à la défense de la foi et de l’identité de la minorité serbe. Ce magnifique chantier commencera juste après la fête de Pâques, début mai, et sera confié aux mains expertes d’artisans serbes. Il nous tarde de montrer les photographies des travaux sur l’iconostase, la structure en bois, les sculptures, les peintures et dorures des murs ! Mais pour ce faire, Solidarité Kosovo a besoin de votre soutien pour réunir la somme de 30000 € et nous vous invitons à faire un don dès aujourd’hui pour permettre aux séminaristes de retrouver leur église. Vingt ans après le passage des flammes, ensemble nous pouvons faire passer l’église Sainte-Dimanche de la nuit du néant à la lumière de la vie. Nous vous donnerons rapidement des nouvelles de ce projet de rénovation si stratégique pour les Serbes du Kosovo et vous remercions pour votre soutien. JE FAIS UN DON Par votre don, vous avez le pouvoir de poursuivre un effort sur le long terme de rénovation du séminaire de Prizren. L’église Sainte-Dimanche n’attend que votre don pour retrouver son éclat passé.Imaginez demain les séminaristes de Prizren servir pour la première fois après vingt ans d’interruption la messe dans ce lieu saint grâce à votre mobilisation! N’attendez pas, les travaux de rénovation commenceront dans quelques jours et nous vous invitons à nous donner sans plus attendre les moyens de les réaliser.

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Convoi de Noël 2023: chaleur et amitié franco-serbe

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Convoi de Noël 2023: chaleur et amitié franco-serbe

16 janvier 2024

Chaque convoi apporte son lot de joie, d’émotion et aussi d’indignation pour les volontaires qui découvrent la situation des Serbes du Kosovo en partageant un peu de leur quotidien. J’accroche sur mon réfrigérateur un dessin offert par une enfant de Donja Brudika. Derrière une maison à la cheminée fumante, un sapin de Noël tout illuminé égaye ce qui semble être un rude hiver compte tenu de l’épaisse couche de neige sur le toit. Cela fait près de cinq ans que je participe chaque hiver au convoi de Noël de Solidarité Kosovo et le retour est toujours aussi difficile. Je sais que durant plusieurs jours je vais assommer mes proches de phrases qui commencent invariablement par « vous savez, au Kosovo… » et qui donnent un détail historique, gastronomique, une anecdote amusante ou émouvante. Bien souvent, je relativise les petits inconforts du quotidien quand je compare mes soucis avec les conditions de vie des Serbes des enclaves. La vague de froid a fait chuter le mercure et refroidi mon appartement ? Ce n’est rien à côté de ces maisons mal ou pas isolées où la seule source de chaleur est un poêle à bois dans la pièce à vivre.Si ma famille écoute avec indulgence les récits de ce convoi, il est grand temps de partager ce récit avec les donateurs et les soutiens de Solidarité Kosovo dont la mobilisation a permis une année de plus de répandre la joie dans les enclaves serbes. Nous sommes le 26 décembre, la volontaire la plus matinale s’est levée à trois heures du matin pour prendre l’avion jusqu’à Belgrade où toute l’équipe a rejoint Mladen qui nous attend avec le minibus pour entreprendre la longue route vers le Kosovo. L’immense plaine qui entoure Belgrade se transforme peu à peu au fil des kilomètres pour devenir une chaîne de montagnes qu’il faut traverser en suivant le cours de la rivière Ibar. Il fait nuit depuis longtemps quand nous arrivons au poste administratif, comme une plaie béante qui rappelle qu’une partie de la communauté internationale veut arracher le Kosovo à la Serbie. Le passage se fait sans encombres mais quelques nouveautés sur la route laissent entrevoir les stigmates des tensions autour du monastère de Banjska. Les forces spéciales kosovares en ont bloqué les accès avec des postes de garde suréquipés. Le trajet nocturne permet aux nouvelles recrues de faire la différence entre les villages serbes où les maisons s’étalent des deux côtés de la route et les villes albanaises construites le long des voies de communication dans une débauche d’enseignes lumineuses, de magasins luxueux et de stations essence. Après ce long périple, nous sommes heureux d’arriver à l’auberge à Gracanica où nous profitons d’une bonne nuit de sommeil avant d’entamer les distributions. Retrouvailles avec nos amis serbes Les retrouvailles – chaleureuses – entre les volontaires français et les volontaires serbes se font aux aurores devant l’entrepôt du bureau humanitaire au monastère de Gracanica. Les nouveaux connaîtront bien vite l’humour de Milovan, la joie de vivre du père Serdjan, la gentillesse de Slavko et le rire de Marko.Cette année, les enfants recevront un grand paquet plein de surprises, de jouets et de fournitures scolaires. Comme ils ont déjà été préparés par les équipes de Solidarité Kosovo, nous n’aurons pas besoin cette année de reconstituer des paires de chaussures, d’atteindre avec difficulté des cartons aussi grands que moi pour récupérer les derniers vêtements… cela libèrera du temps que nous pourrons passer dans les écoles et auprès des familles que nous visiterons. Une fois les camions chargés, nous prenons la route de Kamenica, l’ancienne paroisse du père Serdjan, où les élèves de l’école de Korminjane nous attendent de pied ferme. Alors que nous descendons les quelques marches qui mènent à la cours, les enfants sortent de l’école avec de grands sourires. Milovan leur donne les directives et ils se mettent en rang d’oignon pour recevoir leurs cadeaux, puis ils s’installent sur les marches de l’entrée pour les déballer avant de poser pour la photo.Plus tard, nous allons à la crèche du village où, par un grand soleil, de jeunes enfants ont revêtus leurs plus beaux habits de Noël. Pulls de saison et bois de rennes en peluche sur la tête, ils seront pris en photo avant de partir pour les vacances. Nous voyons la première moitié des enfants et nous revenons l’après-midi pour distribuer leurs cadeaux au deuxième groupe. Pour les cinq absents pour cause de varicelle, les responsables de la crèche choisissent quelques jouets qui leur seront offerts une fois qu’ils iront mieux.Entre-temps nous avons livré un poêle à bois à la famille Pesic. En arrivant au pied de la maison, nous avons vu flotter un drapeau noir en haut du porche et le portrait funéraire du père de famille nous a accueillis tandis que sa veuve et sa fille nous ont offert un verre de rakija, l’eau de vie locale que chaque famille distille. Elles ont tenu à remercier les donateurs de Solidarité Kosovo grâce auxquels elles peuvent remplacer leur vieil appareil défectueux. Le témoignage de François-Marie J’étais enchanté de participer à un nouveau convoi de Noël avec Solidarité Kosovo. Si ce n’est que la deuxième fois que je passe une fin d’année aux côtés des Serbes du Kosovo, j’ai l’habitude de l’aide aux populations chrétiennes avec des associations françaises, notamment au Liban et en Arménie. Une nouvelle fois, je suis impressionné par la qualité de l’organisation du convoi. Rien n’est laissé au hasard par les volontaires chevronnés, Serbes du Kosovo eux-mêmes pour la plupart. Dès le premier jour de donation, après avoir distribué des fournitures scolaires dans des écoles de Korminjane, l’équipe de Volontaires, guidée par le père Serdjan, prêtre orthodoxe de Gracanica habitué des convois, se rend dans une très modeste maison dans le village de Kamenica. Le temps est magnifique en ce début d’hiver, les paysages agréables, des collines arborées entoure de très sobres demeures. Nous sommes accueillis par une vieille dame devant une de ces dernières. Les murs de l’habitation sont en parpaings enduits d’une fine couche de mortier et peints. L’isolation est très sommaire comme dans toutes les maisons serbes que j’ai vues au Kosovo. Nous sommes venus afin d’offrir un poêle à bois neuf à cette dame seule. Grâce à celui-ci, la dame pourra se chauffer et cuisiner. Je pense encore à cette dame. Isolée, avec quelques voisins, elle fait partie des derniers Serbes de ces collines, des derniers Serbes du Kosovo aussi. Elle ne se plaint pas mais, à la détresse de son peuple, à sa pauvreté visible, la vétusté de sa demeure a ajouté un récent drame : son fils est mort en 2023, électrocuté ici par la mauvaise installation de courant de sa maison. Peut-être cherchait-il à améliorer le confort de sa mère en bricolant. Avant de rentrer à Gracanica, le père Serdjan nous fait les honneurs de son ancienne église à Kamenica, une des rares à avoir été construite sous domination ottomane. De ce fait, elle devait respecter certaines règles : ne pas être plus haute que la mosquée, pouvoir se confondre avec une maison ou encore avoir un espace pour les femmes, en hauteur, derrière un claustra. L’école comme vecteur de lien social Le lendemain, nous retournons dans la région de Kamenica. Cette fois, la brume s’est levée et le froid est mordant, mais cela n’entame ni notre enthousiasme, ni celui des cinquante-huit élèves de l’école de Donja Brudika ! Dans la cour de cet établissement entièrement rénové par Solidarité Kosovo en 2018 et en présence de la presse locale, nous avons installé nos cartons et remis un paquet à chaque enfant un colis avec un cadeau et des fournitures scolaires. Qu’elles n’ont pas été notre surprise et notre joie quand les plus jeunes nous ont offert des dessins réalisés avec soin ! À la fin de la distribution, les enfants ont entonné en chœur la chanson traditionnelle « Oj Kosovo, Kosovo » et des élèves de quatrième ont récité un poème de bienvenue que Mladen nous a traduit dans la soirée. La directrice a souligné l’importance de cette école pour les Serbes de Donja Brudika qui peuvent ainsi s’assurer que leurs enfants recevront une bonne éducation, ce qui les encourage à rester et à ne pas quitter la région. Cernica, un village martyr Le contraste avec l’école de Cernica est saisissant ! On entre dans la cour par un porche qui ressemble plutôt à celui d’une maison, et pour cause ! Cela fait vingt-quatre ans qu’une maison individuelle a été adaptée en établissement scolaire pour accueillir les élèves des alentours. Une fois les cartons déchargés, huit classes se succèdent devant nous avec de grands sourires pour recevoir leurs cadeaux, dont des fournitures scolaires. Il y a quatre ans, l’école ne comptait que trois classes. Le directeur de l’école nous reçoit ensuite dans son bureau, une petite pièce qui fait également office de salle des professeurs et où le psychologue scolaire reçoit les élèves qui le souhaitent. Le curé de la paroisse nous raconte l’histoire tragique de ce village. En 1999, sept Serbes dont Milos, un enfant de 7 ans, ont été tués par des tirs de kalachnikov perpétrés par des Albanais qui sont venus d’ailleurs troubler l’harmonie qui régnait jusqu’alors entre les deux communautés. Il nous explique qu’il n’y a pas une seule maison, pas une seule ruelle qui n’a pas vu le sang couler. Depuis, les Serbes subissent d’importantes pressions pour vendre leurs terres, mais ils tiennent bon. Comme à Donja Brudika, c’est l’école qui fait rester la communauté de chrétiens. Comme le dit le directeur : « chacun de vos passages nous donne la volonté et le courage de rester. Je vous remercie pour votre aide, n’oubliez pas les enfants du Kosovo et de Métochie. » Le poêle à bois, le cœur du foyer Nous quittons l’école pour rendre visite à deux familles du village, éleveurs de moutons, et leur apporter un poêle à bois. Le poêle à bois est un élément indispensable dans chaque maison serbe. Il sert aussi bien à se chauffer qu’à cuisiner sans craindre des coupures de courant ou d’acheminement du gaz.Quand nous avons demandé au premier couple de quoi il avait besoin, le père nous a simplement répondu qu’avec plus de moutons ils vivraient probablement mieux.Ensuite, il nous a fallu traverser un ruisseau et avancer sur un chemin pour rejoindre un couple déjà âgé dont la maison se cache derrière une lourde porte de bois sculpté qui date certainement d’un autre siècle. Le poêle est déposé au pied de l’escalier qui mène à l’entrée, ce sont leurs cinq enfants qui les aideront à l’installer.Nous repartons le lendemain à l’est du Kosovo. À l’école Buivojce, il fait aussi froid que la veille, mais le soleil et les cadeaux réchauffent bien vite l’atmosphère. Ici, l’établissement est entouré par des maisons albanaises, mais la cohabitation se passe bien. Il y a même des enfants de la communauté rom qui viennent étudier ici. Les élèves reçoivent leurs cadeaux et prennent la pose avec plaisir avant de retourner en classe. Nous sommes invités à prendre un café avec les enseignants qui nous racontent leur parcours, l’évolution de la situation entre la doyenne qui prend sa retraite cette année et la plus jeune qui vient d’arriver. Nos échanges sont interrompus par une petite délégation d’élèves de CM1 qui nous remets un papier avec écrit « merci » en plusieurs langues et toutes leurs signatures. La musique comme langage universel C’est émus que nous nous dirigeons vers Novo Brdo, non pas pour visiter le complexe agricole qui s’agrandit chaque année, mais pour distribuer des poêles à bois. Nous sommes reçus par le père Stevo qui nous fait visiter son église à l’histoire extraordinaire. Pour la protéger des exactions des Ottomans, il a fallu dix mille personnes pour la déplacer pierre par pierre en trois jours depuis la forteresse sur les hauteurs de la ville jusqu’à son emplacement actuel. Malheureusement, les fresques du XIVe siècle n’ont pas pu être conservées. Le jour de notre venue, une iconographe que nous avions rencontrée il y a deux ans continuait son superbe travail. Ne travaillant que l’hiver, il lui faudra encore deux ans pour terminer les nouvelles fresques.Le père Stevo nous accueille ensuite chez lui et son fils interprète quelques chansons traditionnelles en s’accompagnant à la guitare. Ceux qui connaissent les paroles l’accompagnent volontiers et c’est à un véritable concert qui nous est offert.Cela nous a donné des forces pour livrer un poêle dans les hauteurs du village. Trois générations vivant sous le même toit avaient bien besoin de remplacer le leur. J’ai été particulièrement touchée par la grand-mère, vacillant sur ses deux jambes mais tellement digne ! La Métochie, terre menacée Sur le chemin de Gracanica, nous nous arrêtons pour un moment de grâce au monastère de Draganac situé à flanc de montagne, au bout d’une route sinueuse dans la forêt. Le père Xhristof nous fait visiter l’église et nous reçoit à l’hôtellerie où nous goûtons avec délice à une tisane préparée par les moines ainsi que du poisson fumé, de l’ajvar et d’autres mets adaptés aux règles du carême : pas de produits laitiers ni de viande.Si depuis le début du convoi nous sommes restés dans l’est du Kosovo, le quatrième jour nous partons pour la Métochie. Dans cette région dont le nom signifie "terre des églises", le peu de Serbes qui sont restés après la guerre et les pogroms vivent dans des enclaves très isolées.Nous posons donc nos cartons dans trois enclaves où la vie est particulièrement rude : Banja, Suvo Grlo et Crkolez. Comme toujours, notre venue est attendue avec impatience ! Et ce n’est pas seulement parce que nous apportons des cadeaux, des jouets ou des fournitures scolaires. C’est aussi parce que ce convoi symbolise les relations fraternelles qui unissent les Serbes et les Français, ce convoi rappelle aux chrétiens des enclaves que nous ne les abandonnerons pas ! À Crkolez, je suis toujours heureuse de revoir Alexa, Navana et tous leurs amis. Ils grandissent tellement d’année en année ! Nous avons terminé notre bref séjour en Métochie à Visoki Decani où le père Petar nous raconte à chaque passage l’histoire du monastère, de nous décrire ses particularités ou d’expliquer des points de théologie orthodoxe qui nous échappent.Si l’arrivée est paisible malgré les check-points de la K-For à qui nous devons laisser nos passeports pour entrer, le retour est brutal. Il faut traverser la ville de Decani qui est désormais à 100% albanaise et musulmane. Un gigantesque monument est dédié aux miliciens de l’UÇK, la milice qui a enlevé et tué des milliers de Serbes, de Roms et d’opposants politiques. Une nouveauté depuis cette année : un sigle lumineux outrageux comme on en trouve dans les villes touristiques clame « I love UÇK ». C’est donc avec un sentiment un peu amer que nous rentrons à Gracanica. Pour commencer la dernière journée de distribution, nous restons à Gracanica après avoir assisté à la liturgie dominicale. Nous apportons à Nada et à son frère Sinisa deux lits et une cuisinière pour meubler la maison qui leur est construite avec une aide gouvernementale. En effet, leur habitation actuelle est complètement insalubre et aggrave leurs problèmes de santé. Nada a tenu à remercier les volontaires et tous les donateurs de l’association « je vois qu’il y a encore de bonnes personnes, merci de nous permettre de démarrer une nouvelle vie. » Dernière journée au cœur des montagnes Ensuite, nous profitons qu’il n’y a pas de neige pour prendre le long et tortueux chemin qui mène au village de Bostane, en général impraticable en cette période de l’année. C’est d’ailleurs la première fois qu’un convoi de Noël y passe, pour le plus grand bonheur de la quinzaine d’enfant de cette enclave. Ils se pressent devant le camion où nous avons déposé notre tout dernier carton et nous leur offrons les cadeaux qu’il nous reste. Avant de repartir, nous continuons à pied sur le chemin pour profiter de la vue grandiose sur les montagnes alentour. On n’y voit pas une seule trace d’activité humaine, Bostane est vraiment très isolé et coupé du monde dès qu’il neige.En continuant la route sinueuse depuis Bostane, nous arrivons au hameau de Boljece où nous livrons notre dernier poêle à bois à une famille. Une fois l’appareil posé devant la maison, le père explique que ses voisins et amis lui prêteront main forte pour l’installer. Comme le dit le dicton local, c’est la solidarité qui sauve les Serbes, solidarité dont font preuve tous les soutiens de notre association ! Avant de rentrer nous préparer pour le réveillon, nous visitons les ruines de la forteresse de Novo Brdo. Les fouilles archéologiques y sont interdites, elles risqueraient de prouver que la présence serbe sur ces terres est bien antérieure à celle des Albanais… De retour à Gracanica, nous décidons d’apprendre « Oj Kosovo, Kosovo » pour la chanter le soir-même à nos amis serbes. Si l’interprétation a quelques lacunes, elle vient du cœur et, si la larme qui semble briller dans l’œil de Milovan en est une bonne indication, a su toucher l’âme de nos camarades. Avec des chants, des danses et beaucoup de rires, nous passons à la nouvelle année entre pairs, entre amis, entre frères, unis par les liens d’affection et de solidarité que nous avons créés tout au long du convoi.Personne ne revient tout à fait le même du Kosovo, même après plusieurs années, marqué par ce que nous avons vécu et vu : les rudes conditions de vie et les histoires parfois tragiques mais surtout le courage, la résilience, l’hospitalité et l’amitié du peuple serbe. Je laisse le mot de la fin aux élèves de quatrième de l’école de Donja Brudika qui, dans le poème qu’ils ont récité le jour de la distribution des cadeaux, ont formulé trois vœux.Le premier serait que tous les foyers au Kosovo aient un toit, de quoi se nourrir et surtout la santé.Le deuxième serait pour eux la plus grande source de joie, que l’amour entre leurs parents soit toujours aussi intense.Enfin, ils souhaitent que le dernier vœu soit le nôtre, à chacun d’entre nous, que nous en fassions bon usage et que nos souhaits et rêves se réalisent…Les équipes de Solidarité Kosovo font le vœu que, ensemble, nous puissions continuer à agir en faveurdes Serbes du Kosovo !

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Création d’un atelier de fabrication artisanale de jus de fruits

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Création d’un atelier de fabrication artisanale de jus de fruits

06 juin 2022

Tout au long de l’année, les équipes de la soupe populaire cultivent délicatement les champs et les vergers du diocèse. Quand vient le temps de la récolte, les fruits et légumes sont utilisés pour la confection des repas et distribués aux familles démunies. Dans l’intention de pouvoir conserver ces aliments nutritifs de saison pour en profiter tout au long de l’année, particulièrement au cours de l’hiver où ils font cruellement défaut, Solidarité Kosovo développe depuis plusieurs années des projets de transformation des aliments. En 2016 nous inaugurions la conserverie de légumes à Mogila dans l’Est du Kosovo, plus tard nous créions une confiturerie à Novo Brdo. Cette année nous avons grâce à vous pu ouvrir une unité de fabrication de jus de fruits à Gračanica. Après la conserverie vient l’atelier de jus de fruits Chaque année, c'est la même chose : quand les vergers diocésains commencent à donner, les équipes de récolte croulent sous les fruits. Cela commence avec les fruits rouges ; viennent ensuite les prunes, abricots et pêches ; puis les raisins, poires, pommes viennent clore la saison. La majeur partie de la récolte est immédiatement consommée et utilisée pour la confection des repas. Une quantité importante de fruits est également transformée en confitures et pâtes de fruit mais malheureusement une partie des fruits de saisons que l’on ne parvenait pas à utiliser avant qu’ils ne s’abiment était perdue. A présent, grâce à la transformation en jus de fruit qui  est opérée dans le nouvel atelier agricole de Solidarité Kosovo, l’entièreté de la récolte de fruits issue des terres diocésaines est valorisée. Les breuvages pourront désormais être distribués aux familles nécessiteuses tout au long de l’année. Valoriser les fruits de saison par leur transformation Sortie de terre ce printemps sur le complexe agricole de Gračanica, l’unité de fabrication de jus de fruits constitue un nouveau maillon de la chaîne d’autosuffisance alimentaire des Serbes du Kosovo-Métochie.  D’un montant total de 70.000euros, l’atelier a été mis en fonction en avril après avoir été béni par l’évêque du Kosovo-Métochie, Monseigneur Théodose, lors de la cérémonie d’inauguration. Depuis, il assure une production capable d’approvisionner à la fois le séminaire de Prizren ainsi que tous les monastères du Kosovo. Une autre partie des délicieux jus de fruits sont destinés aux besoins de la soupe diocésaine. Enfin, le reste de la production est vendue dans l’échoppe de la soupe diocésaine. L’atelier de fabrication de jus de fruits génère ainsi de nouvelles opportunités économiques. A commencer par la création de deux emplois sur le site de production dont le financement sera en partie assurée grâce aux profits générés par la vente des jus de fruits. Des jus de fruits comme vous n’en avez jamais bu ! Dans les enclaves serbes, le Coca-Cola reste rare et la plupart des boissons sont issues de l’agriculture locale de la région. Ces breuvages locaux précieux et rares ont un goût particulier pour les Serbes car ils leur rappellent des moments des plus festifs. Anniversaires, Noël, Pâques, fin d’année scolaire, à l’occasion de ces célébrations, les jus de fruits artisanaux sont de la partie. Confectionnés avec soin, ils trônent sur toutes les tables aux côtés de gourmands mets faits-maison. Grâce à cette nouvelle unité de fabrication, les occasions de boire de savoureux breuvages locaux seront plus fréquentes. Alors souhaitons-leur que les fruits se pressent davantage !

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Monseigneur Théodose : figure spirituelle du Kosovo-Métochie

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Monseigneur Théodose : figure spirituelle du Kosovo-Métochie

30 mai 2022

L'évêque Théodose, de son nom de baptême Živko Šibalić, est né le 29 juin 1963 à Čačak, une petite ville de province située à deux heures de route au sud de Belgrade. Il est le deuxième fils de Milan et de Biljana, qui a rejoint l’abbaye de Gorioc au Kosovo-Métochie.Après des études secondaires à Užice, il étudie à la Faculté de théologie de Belgrade dont il sort diplômé.À dix-sept ans, le jeune Živko visite pour la première fois le monastère de Visoki Decani. C’est un séjour décisif qui lui confirme sa vocation. Avec une foi profonde, une espérance sans limites et un grand amour pour le Christ, il décide de se consacrer à la vie monastique et de s'abandonner au service de Dieu. Le 6 janvier 1987, il prend l'habit religieux pour commencer son noviciat au monastère de Crna Reka près de Novi Pazar. Le 21 novembre 1989, il est ordonné moine, recevant le nom religieux de Théodose. Il devient abbé à 29 ans en pleine guerre En mars 1992, il s'installe avec plusieurs moines de Crnoreka au monastère de Visoki Decani, où l'évêque de Raska et Prizren le nomme gardien du monastère et lui décerne le rang d'abbé le 22 octobre 1992. Jeune abbé de vingt-neuf, Père Théodose entreprend immédiatement le renouveau spirituel et matériel du monastère où trente jeunes moines se réunissent en quelques années. De nombreuses activités se développent dans le monastère: sculpture sur bois, peinture d'icônes, fabrication de bougies, édition, etc. Même le vignoble du monastère de Velika Hoča près d'Orahovac reprend du service. On y produit du vin et du brandy traditionnels qui perpétuent la tradition séculaire des moines de Decani. L’arrivée du Père Théodose à la tête du monastère Visoki Decani ressemble à chemin de croix tant les circonstances sont chaotiques. A cette époque, la guerre gronde en Croatie et Bosnie voisines et finit par se propager du Kosovo-Métochie. En 1998, le jeune abbé et ses frères accueillent les premiers réfugiés serbes. Après le déclenchement du conflit armé et le bombardement de la Serbie par l'OTAN au début de 1999, le monastère de Decani organise une aide humanitaire pour les habitants de la région de Decani. Ils distribuent des colis contenant de la nourriture et du matériel d'hygiène. Ils s’arrêtent à chaque maison qu’elle soit serbe, rom ou albanaise, ne faisant pas de différence entre ceux qui souffrent et qui ont besoin d’aide. « J'ai moi-même été exposé aux bombes de l'OTAN, puis à des attaques armées d'extrémistes albanais suite auxquelles, grâce à la protection du Saint Roi Stefan de Decani, le monastère est resté intacte. » confie-t-il. Guidé un peuple en souffrance En juillet 1999, les armes se taisent au Kosovo et les Serbes deviennent des citoyens de seconde zone sous le regard médusé de la communauté internationale. Au paroxysme de la violence contre les Serbes, les pogroms de mars 2004 meurtrissent le diocèse Raska-Prizren provoquant la destruction de 35 sanctuaires orthodoxes et chassant plus de 5 000 Serbes de leurs foyers. Cette période qu’il qualifie aujourd’hui « des plus sombres et tristes » sera déterminante dans l’itinéraire du Père Théodose. Il ne cessera dès lors de déployer des efforts pour préserver la vie des Serbes au Kosovo et favoriser le retour des refugiés dans leurs foyers d’origine. Afin de renforcer l'activité de l'Église dans ce domaine, le Saint-Synode des évêques de l'Église orthodoxe serbe, lors de sa session ordinaire du 10 au 19 mai 2004, a décidé d'élire l'abbé Théodose évêque de Lipljan, vicaire du diocèse de Raska et Prizren, basé au monastère Visoki Decani. Baptiseur du partenariat avec Solidarité Kosovo En 2011, l’évêque Théodose croise le chemin de l’ONG Solidarité Kosovo. Leurs objectifs humanitaires en faveur des Serbes du Kosovo se confondent et ils décident d’unir leurs efforts dans un partenariat humanitaire exclusif liant l’Église du Kosovo à l’association humanitaire. Onze ans plus tard, plus de vingt projets agricoles, éducatifs, culturels, de rénovation religieuses ont été mise en œuvre grâce à cette alliance. Chaque inauguration, la bénédiction pratiquée par Monsiegneur Théodose est l’occasion de rappeler le lien ténu tissé entre l’^évêque et l’association au profit du peuple serbe.

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À Novo Brdo, deux chantiers simultanés

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À Novo Brdo, deux chantiers simultanés

10 novembre 2021

Un neuvième bâtiment est en train de sortir de terre sur le complexe de Novo Brdo : il s’agit d’un hangar de stockage qui permettra de ranger chaque jour l’ensemble du matériel agricole du complexe. Il aura deux vertus : d’abord, de protéger ce matériel des intempéries, notamment l’hiver, et ainsi d’augmenter sa durée de vie ; ensuite, de le protéger des vols, hélas fréquents dans les enclaves. Non loin de ce premier chantier, un deuxième est également en cours : l’érection d’une clôture autour d’un vaste espace de prés et de pâturages. L’objectif est d’offrir plus de place au bétail de la ferme, là aussi à l’abri des vols, et ainsi d’améliorer encore la qualité de vie des animaux du complexe. Ces chantiers devraient être achevés avant le printemps.

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Des serres agricoles pour 33 familles

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Des serres agricoles pour 33 familles

10 novembre 2021

C’est devenu une opération récurrente depuis 2016 : chaque année, nous offrons une serre agricole à une trentaine de familles un peu partout au Kosovo-Métochie. Cette année, 33 familles ont bénéficié de cette opération, 33 familles qui cultivaient déjà des fruits et légumes. Sans serre, le climat du Kosovo empêche de cultiver quoi que ce soit environ de septembre à mai ; avec une serre, cette période est réduite de novembre à mars ou avril. Ces familles gagnent donc trois à quatre mois de récoltes, ce qui doit normalement leur permettre de suffire à leurs propres besoins, voire de commercer avec leurs voisins et de se dégager un petit revenu supplémentaire. Mesurant dix mètres sur cinq, ces serres sont calculées pour une famille de cinq personnes. Plusieurs serres de trente mètres sur huit ont également été offertes à la soupe populaire, qui pourra ainsi augmenter encore sa production pour faire face à une demande qui hélas ne faiblit pas…

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