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28 mars 2023
Solidarité Kosovo vous invite à découvrir le portrait de cet artiste serbe du Kosovo engagé au service de sa foi et de son patrimoine.
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28 février 2023
Les Serbes dont la tombe des parents et des proches se trouve au Kosovo s’y rendent sous escorte militaire lors des fêtes religieuses commémoratives, comme celle du « samedi des défunts », «Zadušnice», qui a lieu en février.
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07 janvier 2023
Vendredi 6 janvier, au moment où partout en Serbie les fidèles s’apprêtent à fêter Noël selon l’ancien calendrier julien, des coups de feu ont retentis à Gotovuša, une enclave serbe près de Prizren dans le sud du Kosovo. Deux enfants serbes ont été la cible de tirs d’arme automatique alors qu’ils marchaient sur le bord de la route. Ils tenaient dans leur main des rameaux de chêne séchés appelés « badnjak » que les Serbes coupent traditionnellement le jour du réveillon de Noël. Les victimes, Stefan Stojanović et son cousin, Miloš Stojanović, âgées de 11 ans et 21 ans, ont été blessés par balles à l’épaule et à la main. Transportés aux urgences de Gračanica, leur pronostic vital n’est pas engagé mais il est probable qu’ils souffrent d’une infirmité permanente. L’assaillant, après avoir ouvert le feu sur les enfants, a pris la fuite au volant d’une voiture. Arrêté hier, le présumé auteur de l’attentat est un Albanais de 33 ans, bien connu des forces de l’ordre… pour en faire partie. Selon le communiqué des autorités albanaises de Pristina, le suspect est « un membre des Forces de sécurité du Kosovo, chargées des situations d'urgence ». Son père était quant à lui membre de l’UCK, milice terroriste albanaise responsable du nettoyage ethnique de 250 000 Serbes du Kosovo et de la destruction de 150 églises et monastères en 1998-1999. La tentative d’assassinat des deux jeunes enfants le jour du réveillon de Noël témoigne que les persécutions religieuses se poursuivent au Kosovo à travers des actes antichrétiens toujours plus effroyables. Jour après jour, année après année, la menace terroriste plane et se fait plus oppressante. Hier à Gotovuša, elle a été mise à exécution. En tirant sur deux jeunes garçons célébrant les traditions de Noël, c’est toute la communauté chrétienne du Kosovo qui a été visée par le terrorisme. Au lendemain de cet attentat, Solidarité Kosovo tient à exprimer son indignation et sa consternation. Nous prions pour le rétablissement rapide et complet de Stefan et de Miloš et exprimons aux familles et aux proches des jeunes victimes un message de solidarité et de compassion au nom de tous nos donateurs. ja
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23 novembre 2022
Le dimanche 20 novembre fut un grand jour pour le diocèse de Raska Prizren qui a accueilli en son sein un nouvel évêque. Père Ilarion (Lupulović), abbé du monastère de Draganac a été ordonné évêque de Novo Berdo lors d’une cérémonie religieuse célébrée en la cathédrale Saint-Michel-Archange de Belgrade.
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Non classifié(e)
30 mai 2022
L'évêque Théodose, de son nom de baptême Živko Šibalić, est né le 29 juin 1963 à Čačak, une petite ville de province située à deux heures de route au sud de Belgrade. Il est le deuxième fils de Milan et de Biljana, qui a rejoint l’abbaye de Gorioc au Kosovo-Métochie.Après des études secondaires à Užice, il étudie à la Faculté de théologie de Belgrade dont il sort diplômé.À dix-sept ans, le jeune Živko visite pour la première fois le monastère de Visoki Decani. C’est un séjour décisif qui lui confirme sa vocation. Avec une foi profonde, une espérance sans limites et un grand amour pour le Christ, il décide de se consacrer à la vie monastique et de s'abandonner au service de Dieu. Le 6 janvier 1987, il prend l'habit religieux pour commencer son noviciat au monastère de Crna Reka près de Novi Pazar. Le 21 novembre 1989, il est ordonné moine, recevant le nom religieux de Théodose. Il devient abbé à 29 ans en pleine guerre En mars 1992, il s'installe avec plusieurs moines de Crnoreka au monastère de Visoki Decani, où l'évêque de Raska et Prizren le nomme gardien du monastère et lui décerne le rang d'abbé le 22 octobre 1992. Jeune abbé de vingt-neuf, Père Théodose entreprend immédiatement le renouveau spirituel et matériel du monastère où trente jeunes moines se réunissent en quelques années. De nombreuses activités se développent dans le monastère: sculpture sur bois, peinture d'icônes, fabrication de bougies, édition, etc. Même le vignoble du monastère de Velika Hoča près d'Orahovac reprend du service. On y produit du vin et du brandy traditionnels qui perpétuent la tradition séculaire des moines de Decani. L’arrivée du Père Théodose à la tête du monastère Visoki Decani ressemble à chemin de croix tant les circonstances sont chaotiques. A cette époque, la guerre gronde en Croatie et Bosnie voisines et finit par se propager du Kosovo-Métochie. En 1998, le jeune abbé et ses frères accueillent les premiers réfugiés serbes. Après le déclenchement du conflit armé et le bombardement de la Serbie par l'OTAN au début de 1999, le monastère de Decani organise une aide humanitaire pour les habitants de la région de Decani. Ils distribuent des colis contenant de la nourriture et du matériel d'hygiène. Ils s’arrêtent à chaque maison qu’elle soit serbe, rom ou albanaise, ne faisant pas de différence entre ceux qui souffrent et qui ont besoin d’aide. « J'ai moi-même été exposé aux bombes de l'OTAN, puis à des attaques armées d'extrémistes albanais suite auxquelles, grâce à la protection du Saint Roi Stefan de Decani, le monastère est resté intacte. » confie-t-il. Guidé un peuple en souffrance En juillet 1999, les armes se taisent au Kosovo et les Serbes deviennent des citoyens de seconde zone sous le regard médusé de la communauté internationale. Au paroxysme de la violence contre les Serbes, les pogroms de mars 2004 meurtrissent le diocèse Raska-Prizren provoquant la destruction de 35 sanctuaires orthodoxes et chassant plus de 5 000 Serbes de leurs foyers. Cette période qu’il qualifie aujourd’hui « des plus sombres et tristes » sera déterminante dans l’itinéraire du Père Théodose. Il ne cessera dès lors de déployer des efforts pour préserver la vie des Serbes au Kosovo et favoriser le retour des refugiés dans leurs foyers d’origine. Afin de renforcer l'activité de l'Église dans ce domaine, le Saint-Synode des évêques de l'Église orthodoxe serbe, lors de sa session ordinaire du 10 au 19 mai 2004, a décidé d'élire l'abbé Théodose évêque de Lipljan, vicaire du diocèse de Raska et Prizren, basé au monastère Visoki Decani. Baptiseur du partenariat avec Solidarité Kosovo En 2011, l’évêque Théodose croise le chemin de l’ONG Solidarité Kosovo. Leurs objectifs humanitaires en faveur des Serbes du Kosovo se confondent et ils décident d’unir leurs efforts dans un partenariat humanitaire exclusif liant l’Église du Kosovo à l’association humanitaire. Onze ans plus tard, plus de vingt projets agricoles, éducatifs, culturels, de rénovation religieuses ont été mise en œuvre grâce à cette alliance. Chaque inauguration, la bénédiction pratiquée par Monsiegneur Théodose est l’occasion de rappeler le lien ténu tissé entre l’^évêque et l’association au profit du peuple serbe.
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02 novembre 2021
La bande dessinée scénarisée par notre ami Nikola Mirkovic, membre du bureau de Solidarité Kosovo, et par ailleurs également auteur du livre le Martyre du Kosovo, a été éditée en serbe au début de l’automne, après l’avoir été en italien pendant l’été. Elle raconte l’histoire d’un jeune homme serbe vivant en France, Dimitri, qui, retourné au Kosovo pour enterrer son père, se retrouve plongé au milieu des pogroms antiserbes de mars 2004. L’objectif de cette bande dessinée est de permettre à un large public de découvrir ce qui s’est passé au Kosovo entre la fin des années 90 et 2004, loin de la propagande de ces années-là qui a présenté les Serbes comme des monstres coupables des pires atrocités. C’est pourquoi nous nous réjouissons de ces traductions, qui offrent cette possibilité à un public de plus en plus large. Vous pouvez acheter cette bande-dessinée en cliquant ici.
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16 octobre 2021
La tension est à son comble en ce moment au Kosovo, où le pouvoir de Pristina multiplie les provocations, notamment dans la partie nord, majoritairement serbe. Du côté de Belgrade, le ton commence à se durcir peu à peu. Les Serbes du Kosovo, eux, craignent de se retrouver à nouveau au cœur d’un conflit… Le 20 septembre au matin, plusieurs colonnes de blindés « Humvee », offerts à Pristina par les USA, se sont dirigées vers les postes administratifs du nord du Kosovo. À leurs bords, des membres de la police spéciale du Kosovo, la ROSU, équipés de fusils d’assauts, de gilets pare-balles et de casques lourds. Une véritable expédition militaire prenant pour prétexte une simple opération administrative de contrôle des plaques d’immatriculation des véhicules franchissant les passages administratifs, mais dont le véritable objectif était de tenter d’imposer l’autorité de Pristina dans cette zone nord qui échappe depuis toujours à son contrôle. Cette zone majoritairement serbe, où les communes sont dirigées par des élus serbes et où aucune église et aucun monastère n’a été détruit — une exception au Kosovo —, est une véritable épine dans le pied des autorités autoproclamées du Kosovo, qui cherchent depuis toujours à la réduire au silence. Une accalmie de courte durée La riposte ne s’est pas fait attendre : en quelques heures, des dizaines d’habitants du nord du Kosovo-Métochie étaient sur place aux postes administratifs et bloquaient le passage dans les deux sens pour protester contre cette décision injuste. Ils y resteront jusqu’à la mi-octobre, dormant sous la tente alors que les températures commençaient déjà à baisser, bientôt rejoints par des Serbes venus d’un peu partout ailleurs au Kosovo. On craindra pendant plusieurs jours un pourrissement de la situation, finalement des négociations tenues à Bruxelles viendront faire redescendre la pression, en forçant les unités de la police spéciale du Kosovo à quitter le nord. On a donc pu croire que les choses étaient, sinon rentrées dans l’ordre, au moins apaisées. Hélas, les troupes de la ROSU ne sont pas restées bien longtemps éloignées du nord du Kosovo : le 13 octobre, toujours harnachées et armées comme si elles partaient sur un front particulièrement chaud, elles pénétraient à nouveau la zone serbe, notamment à Mitrovica. Objectif officiel de l’opération cette fois-ci : « lutte contre la contrebande ». Un motif qui ne peut que faire rire jaune quiconque connaît un peu le Kosovo, paradis pour les trafiquants en tout genre. La cible principale de cette opération : les stocks, déjà mal approvisionnés, de plusieurs pharmacies serbes… Un soutien explicite de la Russie Là encore, la réaction des Serbes de Mitrovica a été rapide : en quelques dizaines de minutes, ils étaient des centaines dans les rues pour protéger leurs pharmacies. La ROSU a riposté d’abord en lançant des grenades lacrymogènes — qui ont provoqué la mort d’une femme âgée chez elle —, puis, à Zvecan, en tirant à balles réelles. Plusieurs Serbes ont été blessés, dont un gravement. À l’heure où nous écrivons ces lignes, il est encore à l’hôpital, même si ses jours ne sont plus en danger. En Serbie centrale aussi, la réaction à cette agression a été rapide et claire : Aleksandar Vucic, président de la République de Serbie, s’est rendu en urgence à Raska, au sud de la Serbie, pour rencontrer des représentants des Serbes du Kosovo… et passer des troupes de l’armée serbe en revue. Avec des paroles fortes : « Nous ne laisserons pas un nouveau pogrom comme celui de mars 2004 se produire ». Lors du premier épisode de violences, le même Vucic avait reçu un soutien explicite de l’ambassadeur de Russie, qui s’était personnellement déplacé à l’un des postes administratifs concernés. De quoi rassurer les Serbes du Kosovo ? Pour l’instant, ils craignent plus de se retrouver au cœur d’un conflit dont personne ne peut savoir ce qu’il sortirait… et dont ils auraient de toute façon à souffrir.
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08 octobre 2021
Fin septembre, une délégation d’élus français menée par Jean-Frédéric Poisson, ancien député des Yvelines, s’est rendue au Kosovo-Métochie à la rencontre de ceux que ce dernier appelle "les chrétiens d’Orient d’Europe". Lors de ce séjour, cette délégation a rencontré des responsables religieux, politiques et associatifs des enclaves serbes, dont plusieurs sont par ailleurs des amis de Solidarité Kosovo. À Belgrade, sur le chemin du retour, ils ont échangé longuement avec notre Président Arnaud Gouillon. À son retour, Jean-Frédéric Poisson s’est exprimé à plusieurs reprises dans les médias. Il y a dit à chaque fois avoir été "ébloui par la beauté des monastères (de Gracanica et Decani) et par la foi de leurs moines et moniales", son émotion d’entendre les souffrances des habitants des enclaves de Velika Hoca (photo) et Orahovac, sa honte aussi "de la participation de la France à ce scandale de l’arrachement du Kosovo-Métochie à la Serbie". Ce témoignage nous a beaucoup touchés, nous qui connaissons ces endroits et ces gens de façon très intime, qui avons entendu ces témoignages de multiples fois, qui nous sommes nous aussi recueillis devant la plaque à l’amitié franco-serbe posée dans le monastère de Gracanica et devant le monument à la France de Belgrade, nous ne pouvons nous lasser de la beauté de ces monastères et qui nous réjouissons de l’amitié de ces personnes qui ont témoigné devant nos compatriotes et ont su les toucher. Nous remercions ici Jean-Frédéric Poisson et sa délégation d’avoir fait ce voyage, d’être venus voir par eux-mêmes ce qui se passe au Kosovo et d’avoir eu le courage d’en parler à leur retour en France !
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08 septembre 2021
Le 1er septembre, le Père Milenko a fermé le coffre de sa voiture, où il venait de déposer un dernier carton, a fait un geste de bénédiction aux gens réunis là, puis est monté dans sa voiture et a pris la route qui mène à Orahovac. Après plus de 34 ans au service des habitants de Velika Hoca, le Père Milenko prenait sa retraite et quittait ce village dont il était devenu une des figures marquantes. C’est un souvenir que presque tous nos volontaires partagent, en tout cas tous ceux qui ont déjà fait une distribution sur la place principale de l’enclave de Velika Hoca : alors que l’installation se terminait et que les enfants commençaient à s’aligner pour recevoir leurs cadeaux, il sortait sur le pas de sa porte, s’appuyait sur le chambranle et observait ses ouailles, d’un regard sans cesse pétillant, comme un grand-père observe ses petits-enfants déballer leurs cadeaux au matin de Noël. La distribution finie et les cartons rangés, il nous invitait à entrer dans la pièce principale de son habitation, où attendait un repas généreux. Aidé de sa femme, Rada ,et parfois de son fils (prêtre lui aussi, à Kosovo Polje) et de sa bru, il nous servait, veillant à ne jamais laisser nos assiettes vides. "Je suis allé deux fois au Kosovo-Métochie et le repas à Velika Hoca reste un souvenir marquant de ces deux séjours, raconte Thibaud, ancien volontaire de Solidarité Kosovo. Je me souviens que le Père nous avait longuement parlé du Kosovo et de son importance pour tous les Serbes. Il parlait vite et utilisait des notions compliquées, notre camarade qui traduisait avait parfois du mal à suivre, et le Père semblait s’en amuser. C’était à la fois amusant et touchant." Le sacerdoce du Père Milenko a été marqué par deux grandes tragédies. Quand il est arrivé à Velika Hoca en 1986, les prêtres étaient interdits de prêcher publiquement par le pouvoir communiste. "Les gens se faisaient baptiser, se souvient Milenko , mais avaient peur d’aller à l’église. Et nous n’avions pas le droit d’aller chez eux. Conserver la foi dans le peuple à cette époque était très difficile. Mais j’ai fait mon travail du mieux que je pouvais, et grâce à Dieu les fruits ont été nombreux." L'UCK cible Velika Hoca Hélas, les beaux jours ne seront pas nombreux : Velika Hoca est dès 1998 au cœur des exactions de l’UCK. Les enlèvements sont quasi-quotidiens, en juillet 1998 on compte jusqu’à 100 disparitions dans la même semaine : "Partout où ils trouvaient des gens, ils les prenaient, comme on prend des poulets pour les emmener à l’abattoir…" Milenko voir ses fidèles souffrir l’inimaginable, et souffre avec eux. Aujourd’hui, quand on lui parle de cette époque terrible, il répond : "C’est impossible à raconter parce que c’est bien trop terrible pour être vraiment compris. Il faut l’avoir vécu… et encore, je crois que tous ceux qui l’ont vécu n’ont pas eu d’autre choix que d’oublier beaucoup de choses pour pouvoir continuer à vivre." À son arrivée, sa paroisse comptait neuf villages et un monastère. Aujourd’hui, elle se limite au seul village de Velika Hoca. Toutes les églises qui se trouvaient dans les autres villages ont été détruites, sauf, "par miracle", celle de Brnjača. "Je sais où elles se trouvent, et beaucoup dans le village s’en souviennent aussi. Même détruites, elles restent des sanctuaires vivants pour nous", dit Milenko, qui a consacré ces vingt dernières années à conserver et embellir les treize églises, la plupart vieilles de plusieurs siècles, qui se trouvent dans le village de Velika Hoca. "Nous faisons de notre mieux pour conserver ces églises que nous avons reçues de ceux qui sont venus avant nous et que nous laisserons à ceux qui viendront après. J’espère qu’à ma mort Dieu me dira seulement “Là où je t’avais placé, tu as continué, tu as fait grandir ce que je t’avais confié”, et qu’à cause de ça Il m’accordera la Vie éternelle", sourit Milenko. En attendant la vie éternelle, toute l’équipe de Solidarité Kosovo souhaite au Père Milenko une belle retraite !
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02 juillet 2021
L’attaque le 1er juillet au soir d’un jeune garçon serbe par plusieurs individus qui lui ont arraché sa croix met en lumière l’augmentation des violences antiserbes depuis quelques semaines, et particulièrement au cours du mois de juin. Solidarité Kosovo dénonce ces violences et demande à la communauté internationale de s’engager enfin avec fermeté dans la protection de la minorité serbe du Kosovo-Métochie. Le 1er juillet au soir, Nikola Perić, jeune garçon de 13 ans, a été battu par un groupe d'Albanais dans le village de Gojbulja, près de Mitrovica. Alors qu'il revenait du football, plusieurs jeunes hommes l'ont jeté au sol, l'ont battu et ont arraché la croix qu'il portait autour du cou. Il a été soigné à l'hôpital de Mitrovica. Ces dernières semaines, les attaques, menaces et provocations antiserbes se sont multipliées partout au Kosovo-Métochie. Parmi les plus marquantes, l’arrestation le 28 juin de Risto Jovanović. Risto Jovanović lors de son arrestation le 28 juin, juste devant Gazimestan. Ce jeune homme est venu du Monténégro pour fêter Vidovdan à Gazimestan : ce monument élevé à la mémoire des soldats chrétiens de l’armée du Prince Lazar qui, le 28 juin 1389, se sont sacrifiés pour porter un coup d’arrêt à l’avancée de l’armée ottomane vers l’Europe. La veille, les autorités autoproclamées de Pristina avaient publié un communiqué annonçant qu’elles ne tolèreraient aucune « provocation » en cette fête de Vidovdan et qu’elles arrêteraient tous les fauteurs de trouble. Devant l’absence de troubles, et malgré les tentatives d’humiliations de nombreux jeunes hommes contraints de retirer leurs T-shirts portant un drapeau serbe ou n’importe quel signe religieux (croix, monastère, etc), la police présente sur place a entrepris de fouiller une religieuse orthodoxe. Risto Jovanović, passant devant cette scène choquante, a interpelé les policiers, signalant l’ignominie de ce qu’ils étaient en train de faire. À peine avait-il fini sa phrase que des agents en civil l’embarquaient sans ménagement dans un véhicule de police ; Pristina tenait son « fauteur de trouble »… Le 30 juin, après plus d’une journée de garde à vue, Risto Jovanović a été jugé en première instance et condamné à un mois de détention pour « provocation à la haine raciale ». Une décision injustifiable qui prouve une fois de plus qu’un Serbe n’est jamais en sécurité nulle part au Kosovo, et surtout pas dans un palais de « Justice ». Autre affaire marquante, et tout aussi scandaleuse : Dragica Gašić est revenue vivre depuis début juin dans la ville de Djakovica, qu’elle a dû quitter pendant la guerre. Dragica Gašić avec Petar Petković, directeur du Bureau pour le Kosovo-Métochie, au monastère de Gracanica. La ville de Djakovica se trouve en Métochie, non loin du monastère de Decani. Avant le retour de Dragica Gašić, les seules Serbes qui y vivaient encore étaient trois religieuses qui vivent dans le monastère de la ville. Chaque année ou presque, des pèlerins qui veulent venir fêter Noël ou Pâques dans ce monastère sont refoulés par les Albanais. Depuis son retour, Dragica Gašić vit un calvaire : menaces de mort, caillassages de son appartement, insultes dans la rue, etc. Il y a quelques jours, 11 associations de la ville de Djakovica ont publié une pétition exigeant des autorités qu’ils l’excluent purement et simplement… Elle dit qu’elle savait que ça serait difficile de revenir vivre chez elle, seule Serbe dans une ville entièrement albanaise, mais qu’elle n’imaginait pas que ça serait aussi violent. « Je n’ai pourtant jamais fait de mal à personne, ni avant la guerre, ni pendant. Je veux juste vivre chez moi, en paix avec tout le monde », déclare-t-elle. Les autorités ont laissé faire pendant un mois, avant de passer à leur tour à l’action : alors que le Bureau serbe pour le Kosovo-Métochie avait financé l’achat et l’installation d’une porte blindée pour le logement de Dragica Gašić, pour qu’elle soit au moins en sécurité chez elle, la municipalité de Djakovica a tout simplement interdit que cette porte soit installée… En plus de ces trois affaires particulièrement choquantes, de nombreuses autres provocations ont été enregistrées récemment. Il y a quelques jours, un grand drapeau de l’Église orthodoxe serbe installé sur le monastère de Gracanica pour les célébrations entourant les 700 ans de sa fondation a été volé une nuit, puis une vidéo a circulé montrant ce drapeau piétiné et brûlé par des individus arborant le drapeau albanais ; une large affiche représentant ce même monastère de Gracanica a été taguée des mots « UCK » et « Albanie » ; des bus de pèlerins ont été stoppés à la limite administrative entre la Serbie centrale et le Kosovo, et refoulés ; un autre bus de pèlerins a dû faire demi-tour quelques kilomètres après ce même passage, refoulé par la police ; des graffitis ont été peints sur la porte de la basilique Saint-Sauveur à Pristina après qu’un office y a été célébré pour la première fois depuis la fin de la guerre ; un panneau indiquant le monastère de Draganac a été une nouvelle fois détruit ; etc. Le panneau du monastère de Draganac a été une nouvelle fois détruit. Suite à l’attaque contre Nikola Perić, le Bureau pour le Kosovo-Métochie demande dans un communiqué : « Que doit-il encore arriver avant que la communauté internationale prenne au sérieux les risques que courent quotidiennement les Serbes au Kosovo-Métochie ? Faut-il que d’autres enfants soient encore pris pour cible pour qu’on obtienne enfin une réaction, ou tout le monde va-t-il continuer à prétendre que rien de tout ça n’arrive ? » Le communiqué précise également que cette attaque est survenue le jour où le Secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg était justement au Kosovo pour faire de la préservation de la paix et de la sécurité la mission principale de la Kfor…
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Zvonko Pavlicic : la peinture comme rempart du patrimoine sacré28 mars 2023
Solidarité Kosovo vous invite à découvrir le portrait de cet artiste serbe du Kosovo engagé au service de sa foi et de son patrimoine.
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«Zadušnice» : retour au Kosovo entre larmes et recueillement28 février 2023
Les Serbes dont la tombe des parents et des proches se trouve au Kosovo s’y rendent sous escorte militaire lors des fêtes religieuses commémoratives, comme celle du « samedi des défunts », «Zadušnice», qui a lieu en février.
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ALERTE INFO | Deux enfants serbes blessés dans un attentat pendant le réveillon de Noël07 janvier 2023
Vendredi 6 janvier, au moment où partout en Serbie les fidèles s’apprêtent à fêter Noël selon l’ancien calendrier julien, des coups de feu ont retentis à Gotovuša, une enclave serbe près de Prizren dans le sud du Kosovo. Deux enfants serbes ont été la cible de tirs d’arme automatique alors qu’ils marchaient sur le bord de la route. Ils tenaient dans leur main des rameaux de chêne séchés appelés « badnjak » que les Serbes coupent traditionnellement le jour du réveillon de Noël. Les victimes, Stefan Stojanović et son cousin, Miloš Stojanović, âgées de 11 ans et 21 ans, ont été blessés par balles à l’épaule et à la main. Transportés aux urgences de Gračanica, leur pronostic vital n’est pas engagé mais il est probable qu’ils souffrent d’une infirmité permanente. L’assaillant, après avoir ouvert le feu sur les enfants, a pris la fuite au volant d’une voiture. Arrêté hier, le présumé auteur de l’attentat est un Albanais de 33 ans, bien connu des forces de l’ordre… pour en faire partie. Selon le communiqué des autorités albanaises de Pristina, le suspect est « un membre des Forces de sécurité du Kosovo, chargées des situations d'urgence ». Son père était quant à lui membre de l’UCK, milice terroriste albanaise responsable du nettoyage ethnique de 250 000 Serbes du Kosovo et de la destruction de 150 églises et monastères en 1998-1999. La tentative d’assassinat des deux jeunes enfants le jour du réveillon de Noël témoigne que les persécutions religieuses se poursuivent au Kosovo à travers des actes antichrétiens toujours plus effroyables. Jour après jour, année après année, la menace terroriste plane et se fait plus oppressante. Hier à Gotovuša, elle a été mise à exécution. En tirant sur deux jeunes garçons célébrant les traditions de Noël, c’est toute la communauté chrétienne du Kosovo qui a été visée par le terrorisme. Au lendemain de cet attentat, Solidarité Kosovo tient à exprimer son indignation et sa consternation. Nous prions pour le rétablissement rapide et complet de Stefan et de Miloš et exprimons aux familles et aux proches des jeunes victimes un message de solidarité et de compassion au nom de tous nos donateurs. ja
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Père Ilarion a été ordonné évêque de Novo Berdo23 novembre 2022
Le dimanche 20 novembre fut un grand jour pour le diocèse de Raska Prizren qui a accueilli en son sein un nouvel évêque. Père Ilarion (Lupulović), abbé du monastère de Draganac a été ordonné évêque de Novo Berdo lors d’une cérémonie religieuse célébrée en la cathédrale Saint-Michel-Archange de Belgrade.
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Monseigneur Théodose : figure spirituelle du Kosovo-Métochie30 mai 2022
L'évêque Théodose, de son nom de baptême Živko Šibalić, est né le 29 juin 1963 à Čačak, une petite ville de province située à deux heures de route au sud de Belgrade. Il est le deuxième fils de Milan et de Biljana, qui a rejoint l’abbaye de Gorioc au Kosovo-Métochie.Après des études secondaires à Užice, il étudie à la Faculté de théologie de Belgrade dont il sort diplômé.À dix-sept ans, le jeune Živko visite pour la première fois le monastère de Visoki Decani. C’est un séjour décisif qui lui confirme sa vocation. Avec une foi profonde, une espérance sans limites et un grand amour pour le Christ, il décide de se consacrer à la vie monastique et de s'abandonner au service de Dieu. Le 6 janvier 1987, il prend l'habit religieux pour commencer son noviciat au monastère de Crna Reka près de Novi Pazar. Le 21 novembre 1989, il est ordonné moine, recevant le nom religieux de Théodose. Il devient abbé à 29 ans en pleine guerre En mars 1992, il s'installe avec plusieurs moines de Crnoreka au monastère de Visoki Decani, où l'évêque de Raska et Prizren le nomme gardien du monastère et lui décerne le rang d'abbé le 22 octobre 1992. Jeune abbé de vingt-neuf, Père Théodose entreprend immédiatement le renouveau spirituel et matériel du monastère où trente jeunes moines se réunissent en quelques années. De nombreuses activités se développent dans le monastère: sculpture sur bois, peinture d'icônes, fabrication de bougies, édition, etc. Même le vignoble du monastère de Velika Hoča près d'Orahovac reprend du service. On y produit du vin et du brandy traditionnels qui perpétuent la tradition séculaire des moines de Decani. L’arrivée du Père Théodose à la tête du monastère Visoki Decani ressemble à chemin de croix tant les circonstances sont chaotiques. A cette époque, la guerre gronde en Croatie et Bosnie voisines et finit par se propager du Kosovo-Métochie. En 1998, le jeune abbé et ses frères accueillent les premiers réfugiés serbes. Après le déclenchement du conflit armé et le bombardement de la Serbie par l'OTAN au début de 1999, le monastère de Decani organise une aide humanitaire pour les habitants de la région de Decani. Ils distribuent des colis contenant de la nourriture et du matériel d'hygiène. Ils s’arrêtent à chaque maison qu’elle soit serbe, rom ou albanaise, ne faisant pas de différence entre ceux qui souffrent et qui ont besoin d’aide. « J'ai moi-même été exposé aux bombes de l'OTAN, puis à des attaques armées d'extrémistes albanais suite auxquelles, grâce à la protection du Saint Roi Stefan de Decani, le monastère est resté intacte. » confie-t-il. Guidé un peuple en souffrance En juillet 1999, les armes se taisent au Kosovo et les Serbes deviennent des citoyens de seconde zone sous le regard médusé de la communauté internationale. Au paroxysme de la violence contre les Serbes, les pogroms de mars 2004 meurtrissent le diocèse Raska-Prizren provoquant la destruction de 35 sanctuaires orthodoxes et chassant plus de 5 000 Serbes de leurs foyers. Cette période qu’il qualifie aujourd’hui « des plus sombres et tristes » sera déterminante dans l’itinéraire du Père Théodose. Il ne cessera dès lors de déployer des efforts pour préserver la vie des Serbes au Kosovo et favoriser le retour des refugiés dans leurs foyers d’origine. Afin de renforcer l'activité de l'Église dans ce domaine, le Saint-Synode des évêques de l'Église orthodoxe serbe, lors de sa session ordinaire du 10 au 19 mai 2004, a décidé d'élire l'abbé Théodose évêque de Lipljan, vicaire du diocèse de Raska et Prizren, basé au monastère Visoki Decani. Baptiseur du partenariat avec Solidarité Kosovo En 2011, l’évêque Théodose croise le chemin de l’ONG Solidarité Kosovo. Leurs objectifs humanitaires en faveur des Serbes du Kosovo se confondent et ils décident d’unir leurs efforts dans un partenariat humanitaire exclusif liant l’Église du Kosovo à l’association humanitaire. Onze ans plus tard, plus de vingt projets agricoles, éducatifs, culturels, de rénovation religieuses ont été mise en œuvre grâce à cette alliance. Chaque inauguration, la bénédiction pratiquée par Monsiegneur Théodose est l’occasion de rappeler le lien ténu tissé entre l’^évêque et l’association au profit du peuple serbe.
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"Bienvenue au Kosovo" traduite en serbe et en italien02 novembre 2021
La bande dessinée scénarisée par notre ami Nikola Mirkovic, membre du bureau de Solidarité Kosovo, et par ailleurs également auteur du livre le Martyre du Kosovo, a été éditée en serbe au début de l’automne, après l’avoir été en italien pendant l’été. Elle raconte l’histoire d’un jeune homme serbe vivant en France, Dimitri, qui, retourné au Kosovo pour enterrer son père, se retrouve plongé au milieu des pogroms antiserbes de mars 2004. L’objectif de cette bande dessinée est de permettre à un large public de découvrir ce qui s’est passé au Kosovo entre la fin des années 90 et 2004, loin de la propagande de ces années-là qui a présenté les Serbes comme des monstres coupables des pires atrocités. C’est pourquoi nous nous réjouissons de ces traductions, qui offrent cette possibilité à un public de plus en plus large. Vous pouvez acheter cette bande-dessinée en cliquant ici.
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Nos actualités
La tension monte au Nord du Kosovo16 octobre 2021
La tension est à son comble en ce moment au Kosovo, où le pouvoir de Pristina multiplie les provocations, notamment dans la partie nord, majoritairement serbe. Du côté de Belgrade, le ton commence à se durcir peu à peu. Les Serbes du Kosovo, eux, craignent de se retrouver à nouveau au cœur d’un conflit… Le 20 septembre au matin, plusieurs colonnes de blindés « Humvee », offerts à Pristina par les USA, se sont dirigées vers les postes administratifs du nord du Kosovo. À leurs bords, des membres de la police spéciale du Kosovo, la ROSU, équipés de fusils d’assauts, de gilets pare-balles et de casques lourds. Une véritable expédition militaire prenant pour prétexte une simple opération administrative de contrôle des plaques d’immatriculation des véhicules franchissant les passages administratifs, mais dont le véritable objectif était de tenter d’imposer l’autorité de Pristina dans cette zone nord qui échappe depuis toujours à son contrôle. Cette zone majoritairement serbe, où les communes sont dirigées par des élus serbes et où aucune église et aucun monastère n’a été détruit — une exception au Kosovo —, est une véritable épine dans le pied des autorités autoproclamées du Kosovo, qui cherchent depuis toujours à la réduire au silence. Une accalmie de courte durée La riposte ne s’est pas fait attendre : en quelques heures, des dizaines d’habitants du nord du Kosovo-Métochie étaient sur place aux postes administratifs et bloquaient le passage dans les deux sens pour protester contre cette décision injuste. Ils y resteront jusqu’à la mi-octobre, dormant sous la tente alors que les températures commençaient déjà à baisser, bientôt rejoints par des Serbes venus d’un peu partout ailleurs au Kosovo. On craindra pendant plusieurs jours un pourrissement de la situation, finalement des négociations tenues à Bruxelles viendront faire redescendre la pression, en forçant les unités de la police spéciale du Kosovo à quitter le nord. On a donc pu croire que les choses étaient, sinon rentrées dans l’ordre, au moins apaisées. Hélas, les troupes de la ROSU ne sont pas restées bien longtemps éloignées du nord du Kosovo : le 13 octobre, toujours harnachées et armées comme si elles partaient sur un front particulièrement chaud, elles pénétraient à nouveau la zone serbe, notamment à Mitrovica. Objectif officiel de l’opération cette fois-ci : « lutte contre la contrebande ». Un motif qui ne peut que faire rire jaune quiconque connaît un peu le Kosovo, paradis pour les trafiquants en tout genre. La cible principale de cette opération : les stocks, déjà mal approvisionnés, de plusieurs pharmacies serbes… Un soutien explicite de la Russie Là encore, la réaction des Serbes de Mitrovica a été rapide : en quelques dizaines de minutes, ils étaient des centaines dans les rues pour protéger leurs pharmacies. La ROSU a riposté d’abord en lançant des grenades lacrymogènes — qui ont provoqué la mort d’une femme âgée chez elle —, puis, à Zvecan, en tirant à balles réelles. Plusieurs Serbes ont été blessés, dont un gravement. À l’heure où nous écrivons ces lignes, il est encore à l’hôpital, même si ses jours ne sont plus en danger. En Serbie centrale aussi, la réaction à cette agression a été rapide et claire : Aleksandar Vucic, président de la République de Serbie, s’est rendu en urgence à Raska, au sud de la Serbie, pour rencontrer des représentants des Serbes du Kosovo… et passer des troupes de l’armée serbe en revue. Avec des paroles fortes : « Nous ne laisserons pas un nouveau pogrom comme celui de mars 2004 se produire ». Lors du premier épisode de violences, le même Vucic avait reçu un soutien explicite de l’ambassadeur de Russie, qui s’était personnellement déplacé à l’un des postes administratifs concernés. De quoi rassurer les Serbes du Kosovo ? Pour l’instant, ils craignent plus de se retrouver au cœur d’un conflit dont personne ne peut savoir ce qu’il sortirait… et dont ils auraient de toute façon à souffrir.
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Une délégation d'élus français en visite au Kosovo-Métochie08 octobre 2021
Fin septembre, une délégation d’élus français menée par Jean-Frédéric Poisson, ancien député des Yvelines, s’est rendue au Kosovo-Métochie à la rencontre de ceux que ce dernier appelle "les chrétiens d’Orient d’Europe". Lors de ce séjour, cette délégation a rencontré des responsables religieux, politiques et associatifs des enclaves serbes, dont plusieurs sont par ailleurs des amis de Solidarité Kosovo. À Belgrade, sur le chemin du retour, ils ont échangé longuement avec notre Président Arnaud Gouillon. À son retour, Jean-Frédéric Poisson s’est exprimé à plusieurs reprises dans les médias. Il y a dit à chaque fois avoir été "ébloui par la beauté des monastères (de Gracanica et Decani) et par la foi de leurs moines et moniales", son émotion d’entendre les souffrances des habitants des enclaves de Velika Hoca (photo) et Orahovac, sa honte aussi "de la participation de la France à ce scandale de l’arrachement du Kosovo-Métochie à la Serbie". Ce témoignage nous a beaucoup touchés, nous qui connaissons ces endroits et ces gens de façon très intime, qui avons entendu ces témoignages de multiples fois, qui nous sommes nous aussi recueillis devant la plaque à l’amitié franco-serbe posée dans le monastère de Gracanica et devant le monument à la France de Belgrade, nous ne pouvons nous lasser de la beauté de ces monastères et qui nous réjouissons de l’amitié de ces personnes qui ont témoigné devant nos compatriotes et ont su les toucher. Nous remercions ici Jean-Frédéric Poisson et sa délégation d’avoir fait ce voyage, d’être venus voir par eux-mêmes ce qui se passe au Kosovo et d’avoir eu le courage d’en parler à leur retour en France !
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Père Milenko, mémoire de Velika Hoca08 septembre 2021
Le 1er septembre, le Père Milenko a fermé le coffre de sa voiture, où il venait de déposer un dernier carton, a fait un geste de bénédiction aux gens réunis là, puis est monté dans sa voiture et a pris la route qui mène à Orahovac. Après plus de 34 ans au service des habitants de Velika Hoca, le Père Milenko prenait sa retraite et quittait ce village dont il était devenu une des figures marquantes. C’est un souvenir que presque tous nos volontaires partagent, en tout cas tous ceux qui ont déjà fait une distribution sur la place principale de l’enclave de Velika Hoca : alors que l’installation se terminait et que les enfants commençaient à s’aligner pour recevoir leurs cadeaux, il sortait sur le pas de sa porte, s’appuyait sur le chambranle et observait ses ouailles, d’un regard sans cesse pétillant, comme un grand-père observe ses petits-enfants déballer leurs cadeaux au matin de Noël. La distribution finie et les cartons rangés, il nous invitait à entrer dans la pièce principale de son habitation, où attendait un repas généreux. Aidé de sa femme, Rada ,et parfois de son fils (prêtre lui aussi, à Kosovo Polje) et de sa bru, il nous servait, veillant à ne jamais laisser nos assiettes vides. "Je suis allé deux fois au Kosovo-Métochie et le repas à Velika Hoca reste un souvenir marquant de ces deux séjours, raconte Thibaud, ancien volontaire de Solidarité Kosovo. Je me souviens que le Père nous avait longuement parlé du Kosovo et de son importance pour tous les Serbes. Il parlait vite et utilisait des notions compliquées, notre camarade qui traduisait avait parfois du mal à suivre, et le Père semblait s’en amuser. C’était à la fois amusant et touchant." Le sacerdoce du Père Milenko a été marqué par deux grandes tragédies. Quand il est arrivé à Velika Hoca en 1986, les prêtres étaient interdits de prêcher publiquement par le pouvoir communiste. "Les gens se faisaient baptiser, se souvient Milenko , mais avaient peur d’aller à l’église. Et nous n’avions pas le droit d’aller chez eux. Conserver la foi dans le peuple à cette époque était très difficile. Mais j’ai fait mon travail du mieux que je pouvais, et grâce à Dieu les fruits ont été nombreux." L'UCK cible Velika Hoca Hélas, les beaux jours ne seront pas nombreux : Velika Hoca est dès 1998 au cœur des exactions de l’UCK. Les enlèvements sont quasi-quotidiens, en juillet 1998 on compte jusqu’à 100 disparitions dans la même semaine : "Partout où ils trouvaient des gens, ils les prenaient, comme on prend des poulets pour les emmener à l’abattoir…" Milenko voir ses fidèles souffrir l’inimaginable, et souffre avec eux. Aujourd’hui, quand on lui parle de cette époque terrible, il répond : "C’est impossible à raconter parce que c’est bien trop terrible pour être vraiment compris. Il faut l’avoir vécu… et encore, je crois que tous ceux qui l’ont vécu n’ont pas eu d’autre choix que d’oublier beaucoup de choses pour pouvoir continuer à vivre." À son arrivée, sa paroisse comptait neuf villages et un monastère. Aujourd’hui, elle se limite au seul village de Velika Hoca. Toutes les églises qui se trouvaient dans les autres villages ont été détruites, sauf, "par miracle", celle de Brnjača. "Je sais où elles se trouvent, et beaucoup dans le village s’en souviennent aussi. Même détruites, elles restent des sanctuaires vivants pour nous", dit Milenko, qui a consacré ces vingt dernières années à conserver et embellir les treize églises, la plupart vieilles de plusieurs siècles, qui se trouvent dans le village de Velika Hoca. "Nous faisons de notre mieux pour conserver ces églises que nous avons reçues de ceux qui sont venus avant nous et que nous laisserons à ceux qui viendront après. J’espère qu’à ma mort Dieu me dira seulement “Là où je t’avais placé, tu as continué, tu as fait grandir ce que je t’avais confié”, et qu’à cause de ça Il m’accordera la Vie éternelle", sourit Milenko. En attendant la vie éternelle, toute l’équipe de Solidarité Kosovo souhaite au Père Milenko une belle retraite !
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Nouvelle vague d’attaques antiserbes au Kosovo : « Que doit-il encore arriver !? »02 juillet 2021
L’attaque le 1er juillet au soir d’un jeune garçon serbe par plusieurs individus qui lui ont arraché sa croix met en lumière l’augmentation des violences antiserbes depuis quelques semaines, et particulièrement au cours du mois de juin. Solidarité Kosovo dénonce ces violences et demande à la communauté internationale de s’engager enfin avec fermeté dans la protection de la minorité serbe du Kosovo-Métochie. Le 1er juillet au soir, Nikola Perić, jeune garçon de 13 ans, a été battu par un groupe d'Albanais dans le village de Gojbulja, près de Mitrovica. Alors qu'il revenait du football, plusieurs jeunes hommes l'ont jeté au sol, l'ont battu et ont arraché la croix qu'il portait autour du cou. Il a été soigné à l'hôpital de Mitrovica. Ces dernières semaines, les attaques, menaces et provocations antiserbes se sont multipliées partout au Kosovo-Métochie. Parmi les plus marquantes, l’arrestation le 28 juin de Risto Jovanović. Risto Jovanović lors de son arrestation le 28 juin, juste devant Gazimestan. Ce jeune homme est venu du Monténégro pour fêter Vidovdan à Gazimestan : ce monument élevé à la mémoire des soldats chrétiens de l’armée du Prince Lazar qui, le 28 juin 1389, se sont sacrifiés pour porter un coup d’arrêt à l’avancée de l’armée ottomane vers l’Europe. La veille, les autorités autoproclamées de Pristina avaient publié un communiqué annonçant qu’elles ne tolèreraient aucune « provocation » en cette fête de Vidovdan et qu’elles arrêteraient tous les fauteurs de trouble. Devant l’absence de troubles, et malgré les tentatives d’humiliations de nombreux jeunes hommes contraints de retirer leurs T-shirts portant un drapeau serbe ou n’importe quel signe religieux (croix, monastère, etc), la police présente sur place a entrepris de fouiller une religieuse orthodoxe. Risto Jovanović, passant devant cette scène choquante, a interpelé les policiers, signalant l’ignominie de ce qu’ils étaient en train de faire. À peine avait-il fini sa phrase que des agents en civil l’embarquaient sans ménagement dans un véhicule de police ; Pristina tenait son « fauteur de trouble »… Le 30 juin, après plus d’une journée de garde à vue, Risto Jovanović a été jugé en première instance et condamné à un mois de détention pour « provocation à la haine raciale ». Une décision injustifiable qui prouve une fois de plus qu’un Serbe n’est jamais en sécurité nulle part au Kosovo, et surtout pas dans un palais de « Justice ». Autre affaire marquante, et tout aussi scandaleuse : Dragica Gašić est revenue vivre depuis début juin dans la ville de Djakovica, qu’elle a dû quitter pendant la guerre. Dragica Gašić avec Petar Petković, directeur du Bureau pour le Kosovo-Métochie, au monastère de Gracanica. La ville de Djakovica se trouve en Métochie, non loin du monastère de Decani. Avant le retour de Dragica Gašić, les seules Serbes qui y vivaient encore étaient trois religieuses qui vivent dans le monastère de la ville. Chaque année ou presque, des pèlerins qui veulent venir fêter Noël ou Pâques dans ce monastère sont refoulés par les Albanais. Depuis son retour, Dragica Gašić vit un calvaire : menaces de mort, caillassages de son appartement, insultes dans la rue, etc. Il y a quelques jours, 11 associations de la ville de Djakovica ont publié une pétition exigeant des autorités qu’ils l’excluent purement et simplement… Elle dit qu’elle savait que ça serait difficile de revenir vivre chez elle, seule Serbe dans une ville entièrement albanaise, mais qu’elle n’imaginait pas que ça serait aussi violent. « Je n’ai pourtant jamais fait de mal à personne, ni avant la guerre, ni pendant. Je veux juste vivre chez moi, en paix avec tout le monde », déclare-t-elle. Les autorités ont laissé faire pendant un mois, avant de passer à leur tour à l’action : alors que le Bureau serbe pour le Kosovo-Métochie avait financé l’achat et l’installation d’une porte blindée pour le logement de Dragica Gašić, pour qu’elle soit au moins en sécurité chez elle, la municipalité de Djakovica a tout simplement interdit que cette porte soit installée… En plus de ces trois affaires particulièrement choquantes, de nombreuses autres provocations ont été enregistrées récemment. Il y a quelques jours, un grand drapeau de l’Église orthodoxe serbe installé sur le monastère de Gracanica pour les célébrations entourant les 700 ans de sa fondation a été volé une nuit, puis une vidéo a circulé montrant ce drapeau piétiné et brûlé par des individus arborant le drapeau albanais ; une large affiche représentant ce même monastère de Gracanica a été taguée des mots « UCK » et « Albanie » ; des bus de pèlerins ont été stoppés à la limite administrative entre la Serbie centrale et le Kosovo, et refoulés ; un autre bus de pèlerins a dû faire demi-tour quelques kilomètres après ce même passage, refoulé par la police ; des graffitis ont été peints sur la porte de la basilique Saint-Sauveur à Pristina après qu’un office y a été célébré pour la première fois depuis la fin de la guerre ; un panneau indiquant le monastère de Draganac a été une nouvelle fois détruit ; etc. Le panneau du monastère de Draganac a été une nouvelle fois détruit. Suite à l’attaque contre Nikola Perić, le Bureau pour le Kosovo-Métochie demande dans un communiqué : « Que doit-il encore arriver avant que la communauté internationale prenne au sérieux les risques que courent quotidiennement les Serbes au Kosovo-Métochie ? Faut-il que d’autres enfants soient encore pris pour cible pour qu’on obtienne enfin une réaction, ou tout le monde va-t-il continuer à prétendre que rien de tout ça n’arrive ? » Le communiqué précise également que cette attaque est survenue le jour où le Secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg était justement au Kosovo pour faire de la préservation de la paix et de la sécurité la mission principale de la Kfor…
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